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“On ne veut pas rouvrir dans ces conditions"


“On ne veut pas rouvrir dans ces conditions"
Tahiti, le 5 juillet 2021 – En métropole, les boîtes de nuit pourront de nouveau accueillir des clients à partir du 9 juillet prochain, mais en respectant un protocole sanitaire strict. Des contraintes qui risquent de limiter la fréquentation des établissements, qui ne prendront pas le risque de rouvrir à perte. Stéphane Gay, le président du syndicat des bars et dancing de Polynésie française, ne voit pas cette ouverture sous conditions d'un bon œil.

Un arrêté du haut-commissaire publié le 1er juillet a levé les restrictions d'accueil dans les bars et les restaurants. Le nombre de personnes par table n'est plus limité et l'espacement d'au moins un mètre entre les tables n'est plus obligatoire. Mais aucune annonce concernant une possible réouverture des boîtes de nuit n'a été faite. Les discothèques demeurent donc fermées au fenua, et ce depuis mars 2020.

Un protocole sanitaire contraignant

En métropole, les boîtes de nuit vont pouvoir rouvrir à partir du 9 juillet sans l'obligation du port du masque, mais sous certaines conditions : Une jauge de 75% de capacité d'accueil sera imposée, sauf pour les établissements extérieurs qui pourront ouvrir à 100%. Surtout, un pass sanitaire sera demandé à l'entrée, c’est-à-dire un certificat de vaccination complet ou un test PCR négatif de moins de 72 heures. Un protocole sanitaire et des capacités d'accueil que de nombreux propriétaires d'établissements estiment trop contraignants. Selon le Figaro, “trois discothèques sur quatre pourraient ne pas rouvrir cet été”.

Stéphane Gay, le président du syndicat des bars et dancing de Polynésie française, n'est pas convaincu par cette réouverture sous conditions. “Ils sont en train de proposer une réouverture avec de telles contraintes pour les boîtes de nuits et les clients, que ça va être à nous de refuser d'ouvrir. Avec autant de cases à cocher, les clients ne viendront pas. Rouvrir des boîtes de nuits pour enregistrer des chiffres dérisoires, ça coûterait encore plus cher que de rester fermé”. Le président du syndicat rappelle que les soirées test organisées dans deux discothèques parisiennes le 26 juin dernier ont été annulées, faute de volontaires. “Les frais que les boîtes de nuits supportent sont lourds, alors si les clients ne viennent pas… On ne veut pas rouvrir dans ces conditions”.

La concurrence déloyale

Les bars qui n'ont pas d’activités de restauration ont été autorisés à rouvrir le 16 mars 2021 à travers un décret publié le 12 mars. Mais pour Stéphane Gay, de nombreuses vidéos démontrent que les clients dans les bars dansent sans masques et sans respecter les gestes barrières. D'un point de vue sanitaire, le président du syndicat ne voit aucune différence avec les boîtes de nuit et demande des explications du haut-commissariat. “Pourquoi doit-on regarder des établissements faire le même métier que nous sans pouvoir ouvrir ? Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on laisse les bars accueillir des clients qui peuvent danser de 16 heures à 23 heures alors que les boîtes de nuits ne sont pas autorisées à le faire plus tard. En plus de ça, ces établissements n'ont pas à supporter les patentes que nous payons. C'est de la concurrence déloyale”. Stéphane Gay regrette également que les restrictions mises en place ne fassent pas l'objet de contrôles. “Ils ne font pas le nécessaire. Ils ne savent pas tenir les restrictions qu'ils mettent en place”.

Sans nouvelle concernant une possible réouverture des discothèques en Polynésie française, Stéphane Gay va suivre l'évolution de la situation en métropole, même si la perceptive d'une ouverture sur fond de protocole sanitaire ne l'enchante guère. “On ne s'y retrouve pas. Ouvrir une boîte de nuit pour accueillir très peu de clients à cause des restrictions, ça ne vaudra pas la peine”.

Rédigé par Etienne Dorin le Lundi 5 Juillet 2021 à 19:22 | Lu 1953 fois