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Nouvelle version du drapeau fidjien : près de 1.500 soumissions



SUVA, dimanche 3 mai 2015 (Flash d’Océanie) – Le concours national visant à mettre en place avant le 45ème anniversaire de l’indépendance de Fidji, en octobre 2015, une nouvelle version du drapeau national, expurgée de l’Union Jack britannique, s’est officiellement achevé le vendredi 1er mai 2015, avec, selon les organisateurs, près de 1.500 projets soumis.

Début février 2015, le Premier ministre fidjien, Franck Bainimarama, annonçait que l’emblématique « Union Jack » britannique, qui, depuis l’accession de cet archipel à l’indépendance, en octobre 1970, figure en médaillon de son drapeau national, était appelé à disparaître.
Dans la foulée, il lançait un concours national, invitant la population à soumettre des projets.
Selon le gouvernement fidjien, à la date de fermeture de cet appel à projets, le 1er mai 2015, quelque 1.430 dessins ont été envoyés et devraient être examinés au cours des cinq mois à venir.
« Certes, on s’attendait à un pic à l’approche de l’échéance, mais là c’est assez incroyable (…) Vendredi, toute la journée, on a eu un flux constant de soumissions, de la part de personnes qui sont venues nous remettre leurs projets ou bien nous les envoyer par courriel », a précisé vendredi Iliesa Delana, Président du comité national de sélection du nouveau drapeau.
« Clairement, ce concours à capturé l’imagination de nombreux citoyens et il a aussi montré un vrai soutien à ce changement de drapeau (…) Chacun a sa propre idée au sujet des symboles qui devraient vraiment exprimer l’esprit fidjien », a-t-il ajouté.

Mieux symboliser les îles Fidji

Dans son discours annonçant ce changement de drapeau, M. Bainimarama avait, en février 2015, estimé que ce nouveau signe identitaire était censé mieux symboliser les îles Fidji, sans référence à son ancienne puissance coloniale (de 1874 à 1970).
Dans son discours, le chef de l’exécutif avait expliqué ce choix par le fait que Fidji, après près de 45 années d’indépendance du Royaume-Uni, se devait de choisir un drapeau tourné non pas vers son passé colonial, mais vers son avenir pour donner l’image d’un État « moderne et véritablement indépendant ».
Depuis l’indépendance de Fidji, en octobre 1970, le drapeau fait figurer l’Union Jack britannique, entre autres symboles, dans le coin supérieur gauche, le tout sur un fond bleu ciel.
D’autres symboles, tels que la Croix de Saint Georges et un lion, là aussi des références directes à l’empire britannique, devraient eux aussi disparaître du drapeau qui, dans sa forme actuelle, contient par ailleurs les images de cannes à sucre, de bananes, de palmiers et une colombe de la paix.
« Il nous faut remplacer les symboles de notre drapeau actuel, qui sont dépassés et inadaptés (…) L’Union Jack appartient aux Britanniques, pas à nous. Qu’est-ce que ces symboles ont encore à voir avec le Fidji moderne d’aujourd’hui ? Ce sont les symboles du colonisateur - la Grande-Bretagne -, un pays avec lequel nous sommes et continuerons d’être amis. Mais ce ne sont pas des symboles pertinents pour le Fidjien du 21ème siècle. Ils doivent donc disparaître. Ce sont des symboles qui honorent notre passé, mais pas notre avenir », avait alors lancé M. Bainimarama.

Le concours national devrait déboucher sur le choix d’un nouveau drapeau, avec pour objectif de le faire adopter par un « groupe national de citoyens » avant de le hisser à l’occasion du 45ème anniversaire de l’indépendance, le 10 octobre 2015.

***Document-ressource (en anglais) : le discours prononcé par Franck Bainimarama, Premier ministre des îles Fidji, mardi 3 février 2015.

http://www.fiji.gov.fj/Media-Center/Speeches/HON--PM-BAINIMARAMA-SPEECH-AT-THE-OFFICIAL-OPENING.aspx


Nostalgie-fascination pour la Couronne britannique


Depuis son indépendance le 10 octobre 1970, Fidji fait toujours officiellement partie du Commonwealth, mais cet archipel a une nouvelle fois été suspendu de son statut de membre plein en septembre 2009, à la suite du putsch du 5 décembre 2013 et pour cause de non retour rapide à la démocratie.
Après la tenue des élections législative qui, le 17 septembre 2014 ont vu la large victoire (par près de soixante pour cent des suffrages) de M. Bainimarama, Fidji a été réintégré au sein de cette organisation internationale, qui rassemble la plupart des anciennes colonies de l’empire britannique.

Au plan des symboles persistants d’une certaine nostalgie-fascination de Fidji pour son ancienne puissance de tutelle, dans le centre-ville de la capitale Suva, faisant face aux immeubles du gouvernement, une horloge, souvent baptisée « Little Big Ben », rappelle aussi sa grande sœur londonienne.
Au centre de l’île principale, un petit village isolé a même toujours pour nom « Lodoni » (Londres en Fidjien).

La Reine disparaît des billets et pièces de Fidji

Toutefois, déjà, mi-décembre 2012, la Banque de Réserve des îles Fidji a dévoilé la nouvelle série de billets de banque et de pièces de monnaie pour remplacer progressivement les précédentes versions, encore frappées de l’effigie de la Reine Elizabeth II d’Angleterre.
Dans cette nouvelle série, le portrait de la reine d’Angleterre est désormais remplacé, après 78 ans d’usage pré et postcolonial, par des représentations de spécimens « emblématiques de la flore et de la faune fidjienne ».
En clair : des plantes, mais aussi des animaux endémiques à Fidji (comme l’iguane à crête, le perroquet huppé, le faucon pèlerin, le pétrel de Fidji, des poissons, des insectes, des roussettes [chauve-souris frugivore]), ou encore des objets forts en symboles identitaires nationaux, comme le Tanoa (plat à kava, symbolisant la culture et la transmission de la parole) et le Tabua (dent de cachalot, présent coutumier aux dignitaires de haut rang).
« Chacun doit apprécier notre environnement, tout ce qui contribue à la beauté de la nature de Fidji, notre patrimoine national qui peut être si facilement perdu si nous ne le protégeons pas assez (…) Plus les dessins de notre monnaie sont attractifs et pertinents pour notre patrimoine national, plus notre monnaie reflète notre nation », avait alors souligné le Président fidjien Ratu Epeli Nailatikau.
Dès fin novembre 2012, en annonçant l’arrivée de cette nouvelle série, le Gouverneur de la Banque de Réserve (centrale) fidjienne, Barry Whiteside, expliquait la logique de cette démarche.
« Les membres de la famille royale britannique figuraient sur la monnaie fidjienne depuis 1934 et nous sommes reconnaissants d’avoir ainsi eu le privilège de cette association au cours des 78 dernières années. Même s’il est triste de voir cette transition se produire, il est maintenant temps d’aller de l’avant et de promouvoir nos propres et uniques trésors nationaux, ainsi que la biodiversité qui nous entoure », avait-il déclaré.
La première annonce concernant cette « transition » avait été faite début mars 2011, rompant ainsi avec une tradition qui avait allègrement survécu à l’indépendance fidjienne du Royaume-Uni en 1970, au nom de l’appartenance au Commonwealth.
Lors d’une précédente rénovation de la monnaie fidjienne (une nouvelle série de billets de 2, 5, 10, 20 et 50 dollars qui avait aussi vu la création d’un billet de cent dollars), entrée en circulation en mars 2007, et bien que l’éventualité du retrait du portrait royal ait alors déjà été évoquée, la Reine Elizabeth II d'Angleterre avait finalement conservé son rôle central sur tous les billets et pièces.

Fidji ne fête plus l’anniversaire de Sa Majesté

Autre revers pour la couronne britannique : début août 2012, le gouvernement fidjien annonçait que désormais, le jour consacré à l’anniversaire de la Reine d’Angleterre, traditionnellement mi-juin, ne figurerait plus au calendrier des jours fériés.
En annonçant la liste des jours fériés pour l’année 2013, l’exécutif de Suva précisait que la raison principale de cet allègement de la liste des jours fériés (pas plus de neuf pour 2013, contre treize auparavant) avait pour but de privilégier la productivité et la croissance économique nationales.
« Chaque jour férié coûte au pays environ vingt millions de dollars (fidjiens, environ neuf millions d’euros) en perte de productivité », avait alors expliqué Jone Usamate, ministre du travail et de l’emploi.
Il avait aussi rappelé que Fidji, depuis 1987 (date du premier coup d’État, dix sept ans après son accession à l’indépendance en 1970,) possède son propre chef de l’État en la personne du Président de la République.
« Même si nous attachons de la valeur à notre appartenance au Commonwealth, et à notre passé commun avec la Grande-Bretagne, Fidji est maintenant une république et possède son propre chef de l’État ».
Dans la liste des jours fériés, d’autres ont aussi été abandonnés : il s’agit du jour marquant l’anniversaire du Prince Charles, mais aussi la journée nationale de la jeunesse et la journée dédiée à l’une des premières figures pré-indépendance de Fidji, Ratu Sir Lala Sukuna.
Dans la plupart des pays membres du Commonwealth, comme ce fut le cas pour Fidji jusqu’en 1987, la Reine Elizabeth II d’Angleterre occupe la fonction de Chef de l’État.
Cet archipel s’est officiellement proclamé république à la suite du premier coup d’État de son histoire, en 1987.


pad

Rédigé par PAD le Lundi 4 Mai 2015 à 06:20 | Lu 378 fois




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