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Nouvelle-Calédonie: victoire des non-indépendantistes dans le Grand Nouméa


Tahiti le 22 mars 2026. Les formations non-indépendantistes les plus radicales ont largement consolidé leur emprise sur le Grand Nouméa dimanche au second tour des élections municipales.
 
La maire sortante Sonia Lagarde, alliée aux Loyalistes, a été largement réélue à Nouméa avec 61,99% des voix et 43 sièges, confirmant l'ancrage des non-indépendantistes dans la capitale, à l'issue d'un second tour marqué par une participation de 47,53%.

Dans le Grand Nouméa, les formations non-indépendantistes confirment leur domination en remportant l'ensemble des communes de l'agglomération: Nouméa, Dumbéa, Le Mont-Dore et Païta, qui regroupent à elles seules 64% des habitants de Nouvelle-Calédonie. Ce sont les zones les plus touchées par les émeutes de mai 2024.

À Dumbéa, Cynthia Jan s'impose avec 45,33% des suffrages tandis qu'au Mont-Dore, Nina Julié l'emporte avec 47,46% et à Païta, Antoine Romain recueille 43,17%. La participation y oscille entre 55% et 60%, nettement supérieure à celle de Nouméa, mais néanmoins inférieure à celle observée dans de nombreuses communes du reste de l'archipel.

Les non-indépendantistes enregistrent en revanche plusieurs revers en brousse.

À Kouaoua, le président du gouvernement local Alcide Ponga est battu d'une courte tête (43,16% contre 44,18%), malgré une alliance avec le Palika.

À La Foa, Florence Rolland est nettement défaite par le modéré Stevens Kaouda (56,82% contre 43,18 %).

Côté indépendantiste, le scrutin confirme des recompositions internes liées aux divisions autour de l'accord de Bougival sur l'avenir institutionnel du territoire, soutenu majoritairement par l'Union nationale pour l'indépendance (UNI) mais rejeté par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).

Dans certaines communes, des listes UNI opposées à l'accord faisaient face à d'autres listes UNI y étant favorables et au FLNKS. A Poindimié, Paul Néaoutyine, président de la province Nord et figure historique de l'UNI opposée à Bougival, l'a emporté.

À Canala, le maire sortant de l'Union calédonienne (UC-FLNKS), Gilbert Tyuiénon, s'est incliné de justesse face à une coalition soutenue par l'UNI.

Le maire sortant Thierry Gowecee et l'ancien maire (2001-2020) Joseph Goromido sont par ailleurs battus à Koné par Mike Samadi, à la tête d'une liste sans étiquette, mettant fin à près de soixante ans de gestion indépendantiste dans la capitale de la province Nord.

Les dissensions autour de l'accord ont constitué un enjeu central de ces élections, en particulier pour le FLNKS, qui cherchait à mesurer son poids électoral pour peser sur les débats.

Sur le plateau de NC la 1ère, l'indépendantiste Romuald Pidjot (UC-FLNKS) a estimé que "trois électeurs indépendantistes sur quatre au premier tour" s'étaient portés sur des listes clairement opposées à ce texte.

À l'inverse, le député Nicolas Metzdorf affirme, dans un communiqué, que "plus de deux électeurs sur trois" ont soutenu des listes favorables à l'accord de Bougival à travers la Nouvelle-Calédonie.

Les Loyalistes font la même analyse, estimant que ces municipales "marquent l'effondrement du logiciel radical de l'Union calédonienne et du FLNKS/CCAT".

L'examen du projet de loi sur la réforme constitutionnelle nécessaire à la mise en œuvre de l'accord de Bougival s'ouvre la semaine prochaine à l'Assemblée nationale.

Rédigé par AFP le Dimanche 22 Mars 2026 à 18:03 | Lu 314 fois