Tahiti Infos

Nouvelle-Calédonie: le Congrès modifie son code minier pour favoriser la reprise d'une usine


Delphine Mayeur / Delphine Mayeur / AFP / AFP
Delphine Mayeur / Delphine Mayeur / AFP / AFP
Nouméa, France | AFP | mardi 03/03/2026 - Le Congrès de Nouvelle-Calédonie a adopté mardi une modification du code minier autorisant à titre dérogatoire les usines de nickel à exporter le minerai qu'elles ne sont pas en mesure d'exploiter, une mesure présentée comme l'une des conditions-clés de la reprise de l'usine du sud du territoire, Prony Resources (PRNC).

La réforme, adoptée par 28 voix pour contre 23 (celles des indépendantistes), vise à permettre l'exportation de "minerai fatal", un minerai de nickel extrait en même temps que celui destiné aux usines de Nouvelle-Calédonie mais dont les caractéristiques empêchent la transformation localement.

Le texte permet au gouvernement de Nouvelle-Calédonie de délivrer des autorisations temporaires d'export, sous conditions d'engagements sur la viabilité économique et de compensations financières.

"Le vote de ce texte est un signal important (...) sur notre volonté collective de sauver nos usines", a déclaré Sonia Backès, présidente de la province Sud de Nouvelle-Calédonie et figure des Loyalistes. Il doit aussi permettre "que la reprise de PRNC puisse se faire", a-t-elle ajouté.

Les groupes indépendantistes, opposés au projet, ont annoncé le dépôt d'une demande de deuxième lecture et envisagent un recours devant le Conseil constitutionnel.

La Nouvelle-Calédonie est le cinquième producteur mondial de nickel et les indépendantistes calédoniens sont traditionnellement attachés à la "doctrine nickel", consistant à favoriser la transformation du minerai sur place et en limiter l'exportation.

"Lorsqu'un minerai quitte le territoire à l'état brut ou semi-brut, la valeur ajoutée, l'impôt, l'emploi indirect, la technologie et la capacité de négociation partent avec lui", a souligné Pierre-Chanel Tutugoro (UC-FLNKS) qui redoute la remise en cause du modèle de transformation locale.

L'adoption de ce texte est liée à la reprise de Prony Ressources, l'une des trois usines métallurgistes du territoire, en grande difficulté. 

Selon les responsables coutumiers de l'aire où est implantée l'usine, qui soutiennent le texte, un repreneur potentiel conditionne en effet son offre à la possibilité d'exporter du minerai pour générer du "cash-flow" et rééquilibrer le modèle économique de l'usine.

Les négociations avec ce repreneur, le groupe émirati-qatari New Battery Metals (NBM), doivent s'achever le 31 mars, a-t-il été précisé lors des débats.

le Mardi 3 Mars 2026 à 05:22 | Lu 159 fois