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N-Calédonie: le chef de l'exécutif prône la "cohésion sociale" avant un référendum tendu


Theo Rouby / AFP
Theo Rouby / AFP
Nouméa, France | AFP | jeudi 24/11/2021 - Le président indépendantiste du gouvernement collégial de la Nouvelle-Calédonie a axé jeudi sa déclaration de politique générale sur la "cohésion sociale" et "la communauté de destin", dans un contexte tendu lié au  référendum sur l'indépendance, prévu le 12 décembre.

"Nous proposons d’organiser les actions du gouvernement autour de la seule colonne vertébrale qui s’impose : le lien d’appartenance à cette terre, dans un pays où l’objectif de communauté de destin attend encore", a déclaré Louis Mapou, qui en juillet est devenu le premier indépendantiste à présider le gouvernement depuis l'accord de Nouméa (1998).         

Membre de l'Union nationale pour l'indépendance (UNI-FLNKS), il a fait l'apologie de "l'identité, du partage et du vivre-ensemble".        

Sa déclaration devant les élus du Congrès est intervenue alors que le climat est tendu en Nouvelle-Calédonie où le troisième et dernier référendum sur l'indépendance, sans la participation des indépendantistes.   

Ces derniers avaient souhaité en vain que l'Etat reporte le vote, en raison de l'épidémie de Covid-19 dans l'île qui "empêche une campagne équitable". Ils ont prévenu qu'ils ne reconnaitraient pas le résultat et le contesteraient devant les Nations-unies.        

Face aux craintes de tensions, M. Mapou a déclaré "qu'il y a une place pour chacun en Nouvelle-Calédonie".

Le processus de décolonisation de l'accord de Nouméa prévoit la tenue de trois référendums. Deux ont eu lieu en 2018 et 2020, avec pour résultat un rejet de l'indépendance à une majorité de 56,7% puis 53,3%.        

En outre, M. Mapou a déclaré que pour "répondre aux urgences" des déficits des comptes sociaux et de la crise des finances publiques, l'Etat, qui a subventionné les dépenses liées au Covid-19, avait donné son accord pour la garantie d'un nouvel emprunt de 25 milliards CFP (220 millions euros) dont le remboursement entraînera des mesures fiscales. 

Il a également décrété la lutte contre les inégalités sociales "grande cause du gouvernement", y associant la lutte contre l'échec scolaire, les violences faites aux femmes.     

Enfin, se projetant au-delà de l'échéance du 12 décembre, Louis Mapou a déclaré qu'il "fallait (...) envisager, avec détermination et dialogue, les modalités d'un avenir serein entre nous, peuple de la Nouvelle-Calédonie, mais aussi dans notre relation statutaire avec l’Etat".       

Les différents partis loyalistes ont déploré que le chef de l'exécutif, "contrairement aux usages du gouvernement, n'ait pas soumis le texte de sa déclaration à la collégialité". 

Présidente du groupe Avenir en Confiance (AEC), Virginie Ruffenach a en outre dénoncé "une déclaration hors sol qui s'apparente à celle d'un porte-parole du FLNKS".

En revanche, son homologue de Calédonie ensemble (centre droit), Philippe Michel s'est félicité de propos "placés sous l'égide de la cohésion sociale et de l'ouverture au dialogue".

le Jeudi 25 Novembre 2021 à 05:21 | Lu 365 fois