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Motocross freestyle: le show le plus risqué au monde



Tours, France | AFP | jeudi 19/04/2018 - Ils jouent leur vie à chaque sortie: les riders de motocross freestyle ne sont qu'une poignée dans le monde à plaquer des figures hallucinantes dans les airs en lâchant leur moto. Du sport-spectacle à hauts risques, entre passion et déraison.

"A chaque fois que je vais aux X Games ou à Madrid je me dis: 'mais qu'est-ce que je fais là ? Pourquoi je suis revenu ?' Je me dis que ce sera la dernière fois, c'est trop dur à vivre, la boule au ventre, l'envie de vomir, tu veux pas y aller, tu tournes, c'est super dur", raconte à l'AFP le maître de la discipline, le Français Tom Pagès, qui ne vit que pour ça parce qu'il aime le show et le public qui vibre pour ses performances.
Un samedi soir dans une salle comble à Tours. Des jeux de lumières, une bande son entraînante, des pom-pom girls et des milliers de personnes. Tom Pagès est la superstar du Mondial de motofreestyle avec 5 autres grosses pointures de la discipline.
L'un après l'autre, ils vont s'élancer, prendre la rampe, trouver le meilleur angle pour s'envoyer en l'air et réaliser un +tricks+ (figure) qui fera se lever le public dans une déferlante de 'Waouh!'. A plus de 10 mètres au dessus du sol, ils vont lâcher les mains, lâcher les pieds, se retrouver la tête en bas et la moto au dessus. Ils vont courir à coté de la moto, se retrouver complètement allongé au dessus de la machine ou se retourner à 180 degrés.
Dans le jargon, les figures ont des appellations qui se passent de commentaire: Tsunami, Kiss of Death (baiser de la mort), Cliffhanger (moment d'angoisse). Mais aussi Shaolin ou Superman !
 

- 'De vrais trashers !' -

 
Le motocross freestyle (FMX) est un spectacle mais aussi un sport, avec un circuit mondial (Nights of jump), sous l'égide de la Fédération internationale de moto, et deux événements majeurs: le RedBull X Fighters, qui ne se joue plus qu'à Madrid mais devant 25.000 personnes, et les X Games, les jeux Olympiques des sports alternatifs. En parallèle se tiennent des compétitions qui attirent le grand public comme à Mexico avec 45.000 spectateurs, et qui leur permettent de vivre de leur sport.
Le FMX n'a que 20 ans d'existence. Tout est parti des Etats-Unis en 1997 quand des riders de motocross et supercross ont voulu sortir du cadre. Ils sont allés dans le désert pour sauter des dunes dans un esprit très festif et leurs images ont fait le tour du monde.
"C'était des vrais freestylers, des tatoués, des vrais trashers ! Des gens qui avaient un gros niveau en course moto mais qui préféraient faire la fête et faire n'importe quoi dans les dunes, des gens qui jouaient leur vie", explique Charles Pagès, frère de Tom, ancien rider devenu juge après un grave accident.
Aujourd'hui, le niveau est sérieusement monté et les riders se sont assagis pour pouvoir maîtriser ce sport si dangereux. Car dans cette pratique réservée à peu d'élus, quelques uns ont payé le prix fort.  
En 2009, Jérémy Lutz, un Californien de 24 ans médaillé d'or aux X Games l'année d'avant, est mort après une chute sur la tête en compétition. En 2013, le Japonais Eigo Sato s'est tué lors d'un entraînement.
Cette même année, le Français David Rinaldo s'est broyé la main sur sa dernière figure en championnat du monde avant d'être sacré. 
"C'est un sport mental à 80%. Ce qui est difficile est de garder cette peur et de la maîtriser. Le mental prend une place énorme et ce n'est pas facile parfois de jouer avec", relève le Narbonnais de 28 ans.
 

- Adrénaline -

 
"C'est fou ce qu'on fait, c'est sans limite. Si tu fais une erreur, tu peux mourir", dit le Japonais Taka Higashino, qui avait pensé à tout arrêter après la mort de Sato. "Mais dès que je me remets sur la moto, je me sens bien. Je n'ai que ce sport qui me donne autant le sourire".
Charles Pagès a encore du mal à faire le deuil de ce qui a animé toute sa vie. En novembre 2010, en compétition à Bercy, il chute lourdement. Traumatisme crânien et un coma de plusieurs jours. Accro à son sport, il décide de remonter sur la machine et fait son premier show 3 ans après l'accident, au péril de sa vie. En 2015, il se blesse à nouveau, mais à la cheville. Il ne pourra plus jamais piloter une moto.
"J'ai déprimé comme jamais, je ne voyais pas l'intérêt de me lever le matin, de bouffer, de respirer, de vivre. Tout ce que j'ai fait dans ma vie c'était par rapport à ce sport. Aujourd'hui, ça va mieux mais l'adrénaline que j'avais quand je roulais, je sais que jamais je ne la retrouverai", confie l'ex-champion de 37 ans avant de conclure.
"Il faut qu'il y ait une prise de risque parce que c'est là qu'est l'adrénaline".

le Jeudi 19 Avril 2018 à 05:19 | Lu 189 fois





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