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Moruroa e tatou réclame l'ouverture des archives


Moruroa e tatou réclame l'ouverture des archives
Dans un communiqué transmis à la presse, l'association de défense des victimes des essais nucléaires, Moruroa e tatou réagit à une citation de la ministre de la culture, Mme Aurélie Filippetti et réclame l'ouverture des archives jugées "incommunicables";.

Communiqué de Moruroa e tatou:

L’ouverture des archives des essais : c’est pour bientôt ?

Dans un entretien avec le quotidien Le Monde du 10 septembre, la ministre de la culture Aurélie Filippetti est intervenue sur un point qui intéresse depuis des années les défenseurs des victimes des essais nucléaires et les historiens. Voici sa déclaration : « Le précédent gouvernement avait créé une catégorie d'archives incommunicables, concernant notamment les armes nucléaires, bactériologiques... C'est contraire à la notion même d'archives. Certains délais nécessaires avant consultation avaient été étendus. Il faudra revoir ça. Nicolas Sarkozy voulait instrumentaliser l'histoire. François Hollande veut rendre aux historiens les outils de leur indépendance. » Moruroa e tatou se réjouit de cette annonce de la ministre de la culture en souhaitant que le ministère de la défense sera attentif à une promesse qui vient de plus « haut », c’est à dire du Président de la République.
Depuis sa création en 2001, Moruroa e tatou se bat pour l’ouverture des archives des essais nucléaires. Par la suite, avec le « taui roa », l’Assemblée de la Polynésie, en 2006, a demandé à l’Etat la communication de tous les rapports concernant les essais. Dans le cadre de la préparation du vote de la loi du 15 juillet 2008 qui déclarait « incommunicables » les documents concernant notamment les essais nucléaires et aujourd’hui contestée par Mme Filippetti, l’Assemblée de la Polynésie avait voté à l’unanimité, le 24 juin 2008, une résolution où elle déclarait s’opposer « vivement à ce que certains documents d’archives publiques soient exclus à jamais de toute consultation ». De leur côté, les avocats des victimes des essais nucléaires ont engagé des procédures interminables – et pour l’instant inabouties – pour obtenir la communication de documents classés « secret défense » et pourtant nécessaires pour apporter les preuves de la contamination des personnels civils et militaires employés sur les sites d’essais de Moruroa, de Fangataufa et de Hao. Sans parler des démarches des historiens pour avoir enfin accès aux archives de l’inique procès contre Pouvanaa Oopa.
En Polynésie, il y a donc une telle unanimité sur l’ouverture des archives des essais nucléaires qu’on se prend à espérer après ce « Il faudra revoir ça » de Mme Filippetti. Moruroa e tatou fait une suggestion au gouvernement central, espérant que les autorités et élus polynésiens pourront l’appuyer par leurs propres moyens. Et si la France prenait modèle sur la pratique de transparence du gouvernement américain mise en place par le gouvernement Clinton depuis le 7 décembre 1993 ?

En effet, aux Etats-Unis, les opérations de déclassification des documents secrets sur les expériences nucléaires américaines ont commencé en 1994 et elles se poursuivent encore aujourd’hui. Une commission composée de membres du Sénat, de la Chambre des Représentants et de la Présidence retire les documents qu’elle estime devoir garder «secrets » en raison des risques de prolifération. Tous les autres documents sont versés au domaine public. L’ampleur de ce processus de transparence est étonnant. Ainsi, en 2007, sur 690 780 pages examinées, 590 ont été reclassées secrètes ! Aucun des documents reclassés secrets ne concerne les données de santé et environnementales puisque l’un des objectifs de la « transparence » est « d’assister les recherches sur les migrations de la radioactivité » provoquées par les expériences nucléaires. De plus, une grande partie des documents déclassifiés se trouve sur le site internet www.osti.govopennet accessible à tout public, même français : un wikileaks officiel !
Allez, Mme Filippetti ! Nous savons que quelques–unes de vos décisions d’annuler des projets du gouvernement Sarkozy vont fâcher certains. Soyez sûre que si vous « revoyez ça » pour les archives des essais nucléaires, non seulement Moruroa e tatou mais toutes les victimes des essais nucléaires français en seront ravis et la transparence qui nous a tant manquée y gagnera.

Moruroa e tatou

Rédigé par Moruroa e tatou le Jeudi 13 Septembre 2012 à 05:30 | Lu 1012 fois
           



Commentaires

1.Posté par tupai le 13/09/2012 09:37 | Alerter
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bravo la gauche et le PS enfin des gens honnêtes à la tête de l'état

2.Posté par iranium le 13/09/2012 13:20 | Alerter
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le lien www.osti.govopennet n'existe pas

3.Posté par Tamanu le 13/09/2012 13:21 | Alerter
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Sur le sujet, Flamby fera comme le précédent = "Désolé, Secret-défense !".

4.Posté par rorodumatin le 13/09/2012 20:16 | Alerter
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Simple effet d'annonce de la part d'une politique élue de Moselle plus souvent à Paris que dans son département d'origine. Passons la dessus ce n'est pas le plus important.
Comment un ministre de la culture peut il traiter de ce sujet qui lui échappe complétement ?
C'est comme si le ministre du transport s'occupait de l'agriculture en donnant des directives concernant la qualité des tomates.

5.Posté par Marhic le 13/09/2012 20:37 | Alerter
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Il est nécessaire de déclassifier sans attendre, certaines informations concernant la position des bâtiments de la Marine au moment des essais, afin que les intéressés puissent entrer dans le cadre étroit de la loi Morin. Actuellement les personnels embarqués (force alfa par exemple) ne peuvent pas apporter la preuve de leur présence dans une zone réputée contaminée. Le cas du PA Clemenceau en 1968 est exemplaire; personne ne sait où se situait cette grosse unité. Le PA aurait-il joué au sous-marin et disparu de la surface des mers?
Plus généralement, il est urgent de modifier l'article 4 de la loi pour supprimer la notion de "risque négligeable" et introduire le renversement de la charge de la preuve. C'est l'objectif prioritaire à atteindre avant Noël pour que tous ceux qui réunissent les 3 conditions restrictives de la loi soient enfin indemnisés.
Ensuite, il sera temps d'engager une réforme plus ambitieuse de la loi qui demandera 2 ou 3 ans.
P Marhic
président de l'ANVVEN