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Mondial-2018: l'Espagne fait sa révolution, Hierro remplace Lopetegui



Krasnodar, Russie | AFP | mercredi 13/06/2018 - Révolution russe pour l'Espagne! Le sélectionneur Julen Lopetegui, fragilisé par sa future nomination au Real Madrid, a été démis mercredi et remplacé par le directeur sportif Fernando Hierro, un cataclysme qui ébranle un favori du Mondial-2018 deux jours avant de débuter face au Portugal.

L'effet domino de la démission de Zinédine Zidane au Real a été dévastateur pour le football espagnol: deux semaines plus tard, le club merengue a scellé le recrutement pour juillet de Lopetegui, qui venait pourtant de prolonger jusqu'en 2020 avec l'Espagne, provoquant une crise de confiance autour du technicien basque.
Le nouveau président de la fédération espagnole (RFEF) Luis Rubiales, élu pour faire le ménage après les scandales de l'ère Angel Maria Villar (1988-2017), a été contraint de limoger le Basque, qui aurait pu être accusé de manque d'implication ou de favoritisme pro-Real. Un coup de tonnerre.
Et la place de sélectionneur a échu en urgence au directeur sportif de la sélection, Fernando Hierro, dont l'expérience d'entraîneur principal se limite à une saison sur le banc d'Oviedo en deuxième division espagnole. Impensable avant de défier le Portugal vendredi soir (21h00 locales/18h00 GMT) dans le groupe B de la Coupe du monde !
"Ce n'est pas une situation idéale", a réagi le président de la FIFA Gianni Infantino, maniant l'art de l'euphémisme et du langage diplomatique. 
A Krasnodar, camp de base de l'Espagne, une conférence de presse était attendue mercredi à 18h30 locales (15h30 GMT) pour présenter Hierro, âgé de 50 ans et appelé à diriger son premier entraînement dans la foulée.
C'est dire la tâche qui attend cet ancien défenseur du Real Madrid et de l'équipe d'Espagne, réputé proche de Lopetegui et qui aurait, selon la presse, plaidé pour le maintien du technicien basque.
 

- Krasnodar après Knysna -

 
Après une belle carrière de joueur (89 sélections, trois Ligues des champions), Hierro a été l'un des artisans de l'âge d'or de la sélection espagnole au poste de directeur sportif entre 2007 et 2011. Sur cette période, la "Roja" a remporté l'Euro-2008 puis la Coupe du monde 2010, avant de décrocher sur sa lancée l'Euro-2012.
Ensuite, Hierro est devenu manager de Malaga (2011-2012) puis entraîneur-adjoint de Carlo Ancelotti au Real Madrid (2014-2015). En 2016-2017, il était l'entraîneur principal d'Oviedo, 8e de la deuxième division espagnole, avant de revenir en novembre dernier au poste de directeur sportif de la Roja.
Face à ce criant manque de références comme technicien, Hierro a pour lui la connaissance du vestiaire et ressemble à une solution de continuité pour l'équipe espagnole, forcément ébranlée par cette révolution de palais. 
Décision d'une gravité rare, ce remplacement du sélectionneur à la veille d'une compétition majeure précipite l'Espagne dans la tourmente, un peu comme la grève des joueurs français à Knysna en 2010.
"La sélection appartient à tous les Espagnols. C'est une décision que nous avons dû prendre en fonction d'une certaine manière de faire et en fonction de certaines valeurs", a souligné Rubiales.
Voilà la "Roja" plongée dans le doute alors qu'elle était invaincue en 20 rencontres sous Lopetegui et qu'elle s'avançait forte de son jeu léché et de ses stars planétaires, les Iniesta, Isco, Ramos ou Piqué.
 

- Forces centrifuges -

 
Mais il est dans la nature même de cette sélection d'être travaillée par des forces centrifuges, à l'image même de l'Espagne, régulièrement secouée par les revendications catalanes ou basques. En football, ces déchirements s'incarnent avec la rivalité entre les deux grands clubs du pays, FC Barcelone et Real Madrid.
Lopetegui, âgé de 51 ans, avait jusque-là réussi à naviguer entre ces deux pôles. Mais sa nomination à Madrid est venue rompre cet équilibre.
Même s'il a assuré ne pas se sentir "trahi" par Lopetegui, Rubiales a refusé d'être mis devant le fait accompli. "La RFEF ne peut pas rester en marge d'une négociation avec un de ses employés et découvrir un accord 5 minutes avant un communiqué officiel (du Real)", a accusé le dirigeant.
Il faudra voir si la "Roja" parvient à conserver son cap sans le technicien basque. Et le temps presse pour le nouveau sélectionneur, qui n'aura a priori que deux séances d'entraînement, mercredi et jeudi, pour faire passer ses idées.
Les joueurs, eux, se retrouvent ballottés entre leur fidélité à Lopetegui et la décision de principe de Rubiales, ancien président du syndicat espagnol des footballeurs.
"Nous sommes la sélection, nous représentons un blason, une couleur, un public, un pays", a écrit le capitaine Sergio Ramos sur Twitter. "Notre responsabilité et notre engagement, c'est de jouer avec vous et pour vous. Hier, aujourd'hui, demain, tous ensemble", a-t-il écrit. 
Cela suffira-t-il à remettre l'équipe d'Espagne à l'endroit ?

le Mercredi 13 Juin 2018 à 05:01 | Lu 173 fois




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