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Moetai Brotherson, le député décontracté à Paris


Short, chemise courte et sandales : le député indépendantiste Moetai Brotherson a fait une entrée remarquée au Palais-Bourbon, mardi.
Short, chemise courte et sandales : le député indépendantiste Moetai Brotherson a fait une entrée remarquée au Palais-Bourbon, mardi.
PARIS, 20 juin 2017 - Le nouveau député Tavini a fait ses premiers pas à l’Assemblée nationale, ce mardi. Il a rencontré Jean-Luc Mélenchon, qui lui a proposé de rejoindre son groupe de la France Insoumise.

Il en faut peu pour se faire remarquer, à Paris. Il suffit de choisir un vêtement un peu plus coloré que le noir ou le gris. Moetai Brotherson n’est qu’un député parmi les 576 autres. Ce mardi, les nouveaux députés En Marche ! découvrent les lieux tandis que les huissiers essayent de mettre un nom sur tous ces nouveaux visages encore inconnus. Jean-Luc Mélenchon et ses députés Insoumis attirent la curiosité des journalistes. Mais lorsqu’il monte les marches du jardin de l’Assemblée nationale, le député polynésien parvient à faire braquer toutes les caméras sur lui.

En terme de visibilité, on doit avouer que c'est bien joué de la part de l'élu indépendantiste polynésien. Il se distingue d'emblée dans la masse des 577 députés de l'Assemblée nationale. Mardi, le Huffington Post remarque son arrivée dans "une tenue étonnante, tranchant avec le costume-cravate, traditionnellement porté par les élus à l'Assemblée nationale. Reste à savoir si Moetai Brotherson se pliera ou non aux règles et usages du Palais Bourbon, qui obligent les députés à porter une cravate", s'interroge le journal en ligne.

Moetai Brotherson n’est pas un grand fan du costume-cravate. Il a choisi une tenue plus en adéquation avec la chaleur étouffante de ce début d’été : sandales aux pieds, short et chemise bleue aux motifs polynésiens. "Excusez-moi, c’est qui ?", demande une journaliste en interrompant une conversation au téléphone. "Je trouve ça génial !", s’esclaffe un journaliste de M6, qui n’en revient pas. "A la base, je ne suis pas quelqu’un de conventionnel, donc je vais venir comme je suis, si le règlement me le permet", sourit Moetai Brotherson.

Pour l'élu du Tavini Huiraatira au Palais Bourbon, la mission de député consistera à "faire respecter le peuple polynésien". En clair, "faire en sorte que l’autonomie qui nous est accordée ne recule pas, et si possible faire en sorte qu’elle avance".

Passage par la salle des Quatre colonnes pour une première déclaration à la presse, formalités administratives et photo-souvenir dans l’hémicycle. Les députés ont désormais une semaine pour choisir dans quel groupe politique ils souhaitent siéger pour les cinq années à venir. Le nouveau député de la Guadeloupe, Olivier Serva, est à la manœuvre pour tenter de constituer un groupe formé de députés ultramarins afin de donner plus de poids aux interventions concernant les Outre-mer. Ce serait la solution idéale pour Moetai Brotherson. Mais il attend de connaitre la position de ses trois collègues corses, députés nationalistes. En attendant, Jean-Luc Mélenchon, croisé pendant la séance-photos, l’a incité à rejoindre son groupe de La France Insoumise. "C’est un groupe avec lequel j’ai beaucoup d’affinités, reconnait Moetai Brotherson. On a quelques points sur lesquels il faut qu’on mette les choses au clair. On verra à l’issue de cette semaine où je siégerai".

Officiellement, Moetai Brotherson n’est pas très impressionné par les décors fastueux du Palais-Bourbon. Il y est déjà allé plusieurs fois, lorsque le Tavini était allié au Parti socialiste. Mais il attend ses premières interventions en séance pour vraiment entrer dans le costume du député. Aux yeux des Tahitiens, il espère apporter "un nouveau regard sur le mouvement indépendantiste". Auprès de ses collègues parlementaires, il souhaite "faire entendre une voix plus complète de la Polynésie".

Réussira-t-il à travailler avec ses deux collègues députées, Maina Sage et Nicole Sanquer, ou sera-t-il un député isolé à Paris ? Le président du Pays, Edouard Fritch, doit être reçu mercredi par la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, puis par le Premier ministre Edouard Philippe, le lendemain. Il sera accompagné par ses deux députées autonomistes. Moetai Brotherson a proposé de se joindre à eux. Il attend leur réponse : "C’est à eux de me dire s’ils veulent bien que je les accompagne ou pas. De mon côté, je suis ouvert".

Moetai Brotherson, le député décontracté à Paris

Rédigé par Notre correspondant à Paris le Mardi 20 Juin 2017 à 09:18 | Lu 22443 fois