Tahiti, le 27 janvier 2025 – Si les principales organisations syndicales étaient présentes ce lundi matin pour entendre les vœux du président du Pays, près de la moitié des chaises étaient vides. La Fraap de Jean-Paul Urima qui menace toujours de repartir en grève s'était excusée. Quant à l'autre grand absent, Christophe Plée, de la CPME, il a préféré parler code des assurances à la DGAE. Pour 2025, Moetai Brotherson entend poursuivre la réforme de la PSG, le toilettage du code du travail, et s'engager dans la lutte contre le travail déguisé.
Après les vœux aux chefs de services la semaine dernière, c'était au tour des organisations syndicales d'être conviées à la présidence ce lundi en fin de matinée pour écouter le président du Pays se livrer à cet exercice incontournable. Des vœux un peu décousus face à un auditoire un peu clairsemé. Moetai Brotherson a en effet réitéré l'expérience de l'an dernier en invitant les syndicats de salariés et du patronat en même temps. Mais avec nettement moins de succès puisque sur les 48 syndicats invités, 26 seulement ont répondu présent. De nombreuses chaises étaient vides même si les principales centrales syndicales étaient représentées. Du côté des salariés, on notera la présence de la CSTP-FO, A ti'a i mua, ou encore Otahi et du côté des patrons, le Medef et le Sipof.
Deux grands absents en revanche. La Fraap de Jean-Paul Urima qui menace toujours de repartir en grève, et Christophe Plée pour la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Si la Fraap s'est préalablement “excusée” pour cette absence à l'instar de quatre autres syndicats (celui des producteurs de perles, l'Union des importateurs de Polynésie française, l'Union patronale de Polynésie française et le conseil des professionnels de l'hôtellerie), le président du Pays n'a “pas eu plus d'explications” concernant la chaise vide laissée par le patron de la CPME.
Le président invité à revoir ses “éléments de langage”
La “grève des Porsche” évoquée par Moetai Brotherson dans une interview accordée à Tahiti Infos lui est-elle restée en travers de la gorge ? “Je ne suis pas en guerre”, nous a répondu Christophe Plée joint ensuite par téléphone. Il n'en demeure pas moins qu'il a préféré honorer son rendez-vous à la DGAE avec un spécialiste du code des assurances venu de Métropole plutôt que d'assister aux vœux présidentiels.
Faisant référence à cet épisode des Porsche, le président du Medef qui était bien présent en a profité pour demander au président du Pays de revoir ses “éléments de langage” et de “soutenir” les patrons. “La baisse de l'inflation, c'est surtout nous les entrepreneurs qui avons fait l'effort [...]. Je souhaiterais que l'entrepreneuriat et la prise de risque soient félicités plutôt que sanctionnés en 2025”, a ainsi déclaré Steeve Hamblin qui a par ailleurs fait part de “l'inquiétude” des entrepreneurs face aux réformes en cours, tout en s'interrogeant sur “le modèle économique que devrait adopter le Pays”.
“Si ma boutade a blessé des entrepreneurs, je présente mes plus plates excuses. C'était une réponse ciblée à un individu mais il n'y a aucune déconsidération de ma part du monde de l'entreprise”, lui a répondu Moetai Brotherson qui “comprend” ses inquiétudes.
Des réformes qui inquiètent
Dans son discours improvisé comme il aime à le faire, le président du Pays a d'abord rappelé “l'enjeu commun” que représente la poursuite de la réforme de la PSG en 2025, tant du côté des salariés que des employeurs, et même si certaines dispositions “font grincer des dents”. On pense notamment au projet de loi du Pays du ministre de la Santé, Cédric Mercadal, visant à faire rentrer dans l'assiette des cotisations sociales les rendements locatifs dès lors qu'ils dépassent le seuil des 250.000 francs par mois. “Ça commence quand même à faire beaucoup”, estime le président du Pays qui laisse néanmoins encore la porte ouverte aux discussions. “Il y a des équilibres à maintenir ou à trouver, ce n'est jamais forcément évident”, a-t-il ajouté. Moetai Brotherson a ensuite rapidement évoqué le “toilettage du code du travail” qui a été engagé et qui doit se poursuivre en 2025, ainsi que “la lutte contre le salariat déguisé” qui va passer par un arrêté pris en conseil des ministres plutôt que par une loi de Pays “qui manquerait de souplesse”.
Contexte politique mondial et enjeu climatique
“Homme de gauche”, “fan de syndicalisme” parce que “ce ne sont pas que des gens qui râlent”, Moetai Brotherson a assuré qu'il fallait “avoir l'humilité et la disponibilité” d'accueillir les propositions portées par les syndicats. Voilà qui fera plaisir à la Fraap...
Enfin, le président du Pays a souligné l'attention qu'il fallait porter “aux grands équilibres mondiaux et régionaux aujourd'hui plus fragiles qu'hier”. “C'est dur d'avoir une lecture cohérente de ce que fait le président des États-Unis, et on a à ses côtés l'homme le plus riche du monde [Elon Musk, NDLR] qui a décidé de privatiser la démocratie ce qui n'est jamais bon signe.” Pour conclure, si “tout n'est pas parfait” et que “certains secteurs tirent un peu la langue”, “on a réussi collectivement à faire de 2024 une belle année", s'est réjoui Moetai Brotherson avant de former le vœu que 2025 s'interroge aussi sur “une redéfinition de notre modèle social” pour faire face à “l'enjeu climatique”.
Après les vœux aux chefs de services la semaine dernière, c'était au tour des organisations syndicales d'être conviées à la présidence ce lundi en fin de matinée pour écouter le président du Pays se livrer à cet exercice incontournable. Des vœux un peu décousus face à un auditoire un peu clairsemé. Moetai Brotherson a en effet réitéré l'expérience de l'an dernier en invitant les syndicats de salariés et du patronat en même temps. Mais avec nettement moins de succès puisque sur les 48 syndicats invités, 26 seulement ont répondu présent. De nombreuses chaises étaient vides même si les principales centrales syndicales étaient représentées. Du côté des salariés, on notera la présence de la CSTP-FO, A ti'a i mua, ou encore Otahi et du côté des patrons, le Medef et le Sipof.
Deux grands absents en revanche. La Fraap de Jean-Paul Urima qui menace toujours de repartir en grève, et Christophe Plée pour la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Si la Fraap s'est préalablement “excusée” pour cette absence à l'instar de quatre autres syndicats (celui des producteurs de perles, l'Union des importateurs de Polynésie française, l'Union patronale de Polynésie française et le conseil des professionnels de l'hôtellerie), le président du Pays n'a “pas eu plus d'explications” concernant la chaise vide laissée par le patron de la CPME.
Le président invité à revoir ses “éléments de langage”
La “grève des Porsche” évoquée par Moetai Brotherson dans une interview accordée à Tahiti Infos lui est-elle restée en travers de la gorge ? “Je ne suis pas en guerre”, nous a répondu Christophe Plée joint ensuite par téléphone. Il n'en demeure pas moins qu'il a préféré honorer son rendez-vous à la DGAE avec un spécialiste du code des assurances venu de Métropole plutôt que d'assister aux vœux présidentiels.
Faisant référence à cet épisode des Porsche, le président du Medef qui était bien présent en a profité pour demander au président du Pays de revoir ses “éléments de langage” et de “soutenir” les patrons. “La baisse de l'inflation, c'est surtout nous les entrepreneurs qui avons fait l'effort [...]. Je souhaiterais que l'entrepreneuriat et la prise de risque soient félicités plutôt que sanctionnés en 2025”, a ainsi déclaré Steeve Hamblin qui a par ailleurs fait part de “l'inquiétude” des entrepreneurs face aux réformes en cours, tout en s'interrogeant sur “le modèle économique que devrait adopter le Pays”.
“Si ma boutade a blessé des entrepreneurs, je présente mes plus plates excuses. C'était une réponse ciblée à un individu mais il n'y a aucune déconsidération de ma part du monde de l'entreprise”, lui a répondu Moetai Brotherson qui “comprend” ses inquiétudes.
Des réformes qui inquiètent
Dans son discours improvisé comme il aime à le faire, le président du Pays a d'abord rappelé “l'enjeu commun” que représente la poursuite de la réforme de la PSG en 2025, tant du côté des salariés que des employeurs, et même si certaines dispositions “font grincer des dents”. On pense notamment au projet de loi du Pays du ministre de la Santé, Cédric Mercadal, visant à faire rentrer dans l'assiette des cotisations sociales les rendements locatifs dès lors qu'ils dépassent le seuil des 250.000 francs par mois. “Ça commence quand même à faire beaucoup”, estime le président du Pays qui laisse néanmoins encore la porte ouverte aux discussions. “Il y a des équilibres à maintenir ou à trouver, ce n'est jamais forcément évident”, a-t-il ajouté. Moetai Brotherson a ensuite rapidement évoqué le “toilettage du code du travail” qui a été engagé et qui doit se poursuivre en 2025, ainsi que “la lutte contre le salariat déguisé” qui va passer par un arrêté pris en conseil des ministres plutôt que par une loi de Pays “qui manquerait de souplesse”.
Contexte politique mondial et enjeu climatique
“Homme de gauche”, “fan de syndicalisme” parce que “ce ne sont pas que des gens qui râlent”, Moetai Brotherson a assuré qu'il fallait “avoir l'humilité et la disponibilité” d'accueillir les propositions portées par les syndicats. Voilà qui fera plaisir à la Fraap...
Enfin, le président du Pays a souligné l'attention qu'il fallait porter “aux grands équilibres mondiaux et régionaux aujourd'hui plus fragiles qu'hier”. “C'est dur d'avoir une lecture cohérente de ce que fait le président des États-Unis, et on a à ses côtés l'homme le plus riche du monde [Elon Musk, NDLR] qui a décidé de privatiser la démocratie ce qui n'est jamais bon signe.” Pour conclure, si “tout n'est pas parfait” et que “certains secteurs tirent un peu la langue”, “on a réussi collectivement à faire de 2024 une belle année", s'est réjoui Moetai Brotherson avant de former le vœu que 2025 s'interroge aussi sur “une redéfinition de notre modèle social” pour faire face à “l'enjeu climatique”.