
Ce dispositif cible les porteurs de projets sans emploi, âgés de 18 à 55 ans (Crédit : archive Tahiti Infos).
Tahiti, le 28 janvier 2025 – Créée il y a bientôt vingt ans, l’Insertion par la création ou la reprise d’activité (Icra) est un outil bien connu des petits entrepreneurs. Après une première réforme en 2017, une nouvelle mise à jour se profile. Selon un projet de loi porté par le service de l’Emploi, certaines lourdeurs administratives seront notamment supprimées, tandis que l’accompagnement technique et financier sera renforcé en faveur de la “construction d’un nouveau parcours professionnel”.
C’est un outil bien connu des petits entrepreneurs. L’Insertion par la création ou la reprise d’activité (Icra) a été créée en 2006 pour “favoriser l’insertion professionnelle en soutenant la création ou la reprise d’activité par un accompagnement du bénéficiaire et le versement d’une aide financière”. Inscrit dans le code du travail, ce dispositif cible les personnes âgées de 18 à 55 ans en recherche d’emploi. Initialement, après examen de la viabilité du projet, il comprenait une aide financière mensuelle de 90.000 francs pendant un an, associée à une prime de transition de 200.000 francs au terme de la première année, si l’entreprise était encore en activité.
C’est un outil bien connu des petits entrepreneurs. L’Insertion par la création ou la reprise d’activité (Icra) a été créée en 2006 pour “favoriser l’insertion professionnelle en soutenant la création ou la reprise d’activité par un accompagnement du bénéficiaire et le versement d’une aide financière”. Inscrit dans le code du travail, ce dispositif cible les personnes âgées de 18 à 55 ans en recherche d’emploi. Initialement, après examen de la viabilité du projet, il comprenait une aide financière mensuelle de 90.000 francs pendant un an, associée à une prime de transition de 200.000 francs au terme de la première année, si l’entreprise était encore en activité.
Des améliorations à poursuivre
En 2016, un rapport du Cesec a mis en évidence que les demandes et aides octroyées étaient en chute libre, passant de plus de 350 en 2007 à une poignée de dossiers en 2014, avant d’amorcer une reprise confortée par une première réforme de l’Icra en 2017. L’objectif était déjà de rendre le dispositif “plus attractif” et d’encourager le développement de structures “plus solides”. Parmi les changements notables, la durée de l’aide financière mensuelle de 90.000 francs avait été étendue à deux ans. La prime de transition avait été remplacée par une prime de démarrage, augmentée à 450.000 francs pour l’achat de matériel neuf. La liste des organismes territoriaux de suivi avait été étendue pour faciliter les démarches dans les archipels.
Ces améliorations se sont soldées par une remontée en flèche : entre 2017 et 2018, le nombre d’Icra a triplé pour atteindre 275 bénéficiaires en moyenne chaque année. “L’amélioration du taux d’aides octroyées sur ces dernières années est liée à une augmentation des réunions d’information au sein du Sefi, une hausse de l’offre de formation, un meilleur suivi par l’agent en charge de la mise en œuvre de la mesure, un meilleur accompagnement des postulants à l’aide et une meilleure communication sur le dispositif”, analyse le service de l’Emploi.
Vers plus d’efficacité et d’équité
Dans le cadre de la réforme des dispositifs d’aide à l’emploi, le ministère de la Fonction publique et de l’Emploi souhaite “orienter” l’Icra vers les secteurs prioritaires, mais aussi “prendre en compte les contraintes structurelles afin que les moyens alloués soient parfaitement adaptés aux besoins des porteurs de projets”. Ce projet de réforme en faveur de la “construction d’un nouveau parcours professionnel” prévoit notamment de renforcer le suivi et le contrôle, tant pour interrompre l’aide si elle s’avère inadaptée que pour la prolonger pour une deuxième, voire une troisième année pour faciliter la pérennisation de l’activité. Il s’agira aussi de renforcer l’accompagnement préalable, via plusieurs “aspects-clés”, tels que la gestion, la comptabilité, la promotion commerciale ou encore les obligations administratives, fiscales et sociales. Il sera également possible d’obtenir une aide financière supplémentaire en cas de difficultés détectées lors du suivi, afin de suivre une formation complémentaire ou de bénéficier d’une assistance comptable. La “multi-activité”, fréquente dans les îles éloignées, sera également prise en compte. Ces assouplissements s’accompagnent aussi de sanctions : en cas d’abus, il s’agira de rembourser les sommes perçues.
Exit les “démarches opportunistes” : la réforme de l’Icra vise à “améliorer son efficacité et son équité en renforçant l’accompagnement des bénéficiaires, en optimisant la répartition géographique des aides et en maximisant l’impact de ce dispositif sur l’insertion professionnelle et la création d’activités économiques durables en Polynésie française”. Malgré une baisse notable depuis 2016, les radiations sont encore trop nombreuses : en 2021, elles représentaient plus de 22% des aides octroyées.
L’Icra en quelques chiffres
- S’il y a pratiquement autant d’hommes que de femmes, en revanche, 70% des demandeurs ont plus de 30 ans. Cette tendance se confirme dans les cinq archipels.
- Tous les niveaux d’études sont concernés : entre 2021 et 2023, si une majorité de demandeurs sont bacheliers (86 dossiers) ou titulaires d’un CAP/BEP (67), les personnes sans diplôme jusqu’au DNB (97) et les détenteurs d’un BAC+2 à BAC+5 (62) ne sont pas en reste.
- Une quinzaine de secteurs d’activité sont représentés : l’industrie manufacturière domine le classement, suivie des activités de service, de l’agriculture, du commerce et réparations, et de l’hébergement et restauration.
- En 2023, 66% des 352 dossiers déposés ont reçu un avis favorable, 26% ont reçu un avis défavorable et 8% se sont soldés par un report ou un classement sans suite.
- Cette même année totalise un budget de 608 millions de francs pour la durée de versement de l’Icra.
- En 2021, sur 241 aides octroyées, 186 activités ont été maintenues, tandis que 55 ont été radiées.