Santiago du Chili, Chili | AFP | mercredi 20/11/2024 - Emmanuel Macron doit rencontrer mercredi à Santiago le président du Chili Gabriel Boric pour la dernière étape de sa tournée en Amérique latine, où il entend vanter la relation avec ce pays à l'heure où la France pourfend l'accord commercial avec les voisins du Mercosur.
Le chef de l'Etat français est arrivé dans la nuit en provenance de Rio de Janeiro, où il avait participé au sommet du G20, après une première escale dans l'Argentine de l'ultralibéral Javier Milei, admirateur de Donald Trump et tenté comme le président élu des Etats-Unis de tourner le dos à plusieurs engagements multilatéraux.
Alors que le président argentin n'a pas bloqué le communiqué final du G20, Emmanuel Macron s'est réjoui mardi que Buenos Aires soit "restée dans le consensus" -- l'objectif qu'il s'était assigné en allant à la rencontre de ce dirigeant controversé.
Avec Gabriel Boric, c'est un peu l'inverse. "Les deux présidents partagent une même vision de l'importance du multilatéralisme", fait valoir l'Elysée.
Ils doivent s'exprimer ensemble devant la presse à la mi-journée et les deux pays doivent notamment signer un accord en vue de la création d'un centre franco-chilien dédié à l'intelligence artificielle.
Emmanuel Macron s'entretiendra aussi avec le cardinal Fernando Chomali, archevêque de Santiago, "pour ne pas oublier le rôle de l'Eglise chilienne dans la protection des opposants à l'époque de la dictature" militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990), selon l'Elysée.
Jeudi, avant de regagner Paris, il se rendra à Valparaiso, pour prononcer un discours sur la relation avec l'Amérique latine devant le Congrès chilien qui siège dans cette ville sur l'océan Pacifique.
Une séance de rattrapage: le président français s'est peu rendu en Amérique du Sud depuis sa première élection il y a sept ans. S'il multiplie les échanges avec le Brésil depuis que le président Lula a repris le pouvoir, il n'avait pas encore détaillé sa vision des rapports entre la France et cette région du monde.
Au G20, il a d'ailleurs eu des contacts avec la nouvelle présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, ou avec le Colombien Gustavo Petro.
Paradoxalement, Emmanuel Macron va s'exprimer au Chili, qui n'est pas membre du Mercosur, contrairement à l'Argentine et au Brésil, alors même que le nom de ce bloc régional résonne avec insistance dans l'actualité française.
En France, les agriculteurs ont relancé leur mobilisation, moins d'un an après une fronde historique, pour protester notamment contre l'accord de libre-échange avec le Mercosur que la Commission européenne, poussée par des pays comme l'Allemagne ou l'Espagne, semblait déterminée à signer avant la fin de l'année.
A leurs yeux, ce texte entraînerait une concurrence déloyale, avec une déferlante de viande argentine ou brésilienne non soumise aux strictes normes sanitaires et environnementales de l'Union européenne.
La classe politique française, dans une rare unanimité, soutient cette opposition, et Emmanuel Macron n'a eu de cesse de marteler, tout au long de sa tournée, qu'il refusait l'accord "en l'état". Il pense d'ailleurs avoir trouvé un allié à ce sujet en la personne de Javier Milei.
Le président français a aussi salué le renfort de "plusieurs pays" européens, le ministre italien de l'Agriculture ayant manifesté son refus du traité en l'état. Aujourd'hui, "il n'y a clairement pas d'accord", a assuré Emmanuel Macron mardi en quittant Rio, dans l'espoir de rassurer les agriculteurs.
Or à Santiago puis Valparaiso, il entend mettre en avant l'accord commercial qui existe entre l'UE et le Chili, un modèle selon lui de traité qui intègre le respect des normes européennes. "C'est pour ça d'ailleurs aussi qu'il s'exprimera au Chili, parce que c'est avec ce pays qu'on a été en mesure d'aller le plus loin possible dans la convergence sur les questions environnementales" ou "commerciale", avance-t-on dans son entourage.
Emnanuel Macron et Gabriel Boric doivent par ailleurs se rendre jeudi sur le brise-glace "Almirante Viel" de la Marine chilienne, mis en service cet été, en amont de la Conférence des Nations unies sur l'Océan prévue en juin à Nice, en France.
"Ce bâtiment représente l'engagement du Chili envers la sécurité maritime et la recherche scientifique pour les études d'océanographie, d'hydrographie, de biomasse et de faune marine", a écrit la présidence chilienne dans un communiqué.
Le chef de l'Etat français est arrivé dans la nuit en provenance de Rio de Janeiro, où il avait participé au sommet du G20, après une première escale dans l'Argentine de l'ultralibéral Javier Milei, admirateur de Donald Trump et tenté comme le président élu des Etats-Unis de tourner le dos à plusieurs engagements multilatéraux.
Alors que le président argentin n'a pas bloqué le communiqué final du G20, Emmanuel Macron s'est réjoui mardi que Buenos Aires soit "restée dans le consensus" -- l'objectif qu'il s'était assigné en allant à la rencontre de ce dirigeant controversé.
Avec Gabriel Boric, c'est un peu l'inverse. "Les deux présidents partagent une même vision de l'importance du multilatéralisme", fait valoir l'Elysée.
Ils doivent s'exprimer ensemble devant la presse à la mi-journée et les deux pays doivent notamment signer un accord en vue de la création d'un centre franco-chilien dédié à l'intelligence artificielle.
Emmanuel Macron s'entretiendra aussi avec le cardinal Fernando Chomali, archevêque de Santiago, "pour ne pas oublier le rôle de l'Eglise chilienne dans la protection des opposants à l'époque de la dictature" militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990), selon l'Elysée.
Jeudi, avant de regagner Paris, il se rendra à Valparaiso, pour prononcer un discours sur la relation avec l'Amérique latine devant le Congrès chilien qui siège dans cette ville sur l'océan Pacifique.
Une séance de rattrapage: le président français s'est peu rendu en Amérique du Sud depuis sa première élection il y a sept ans. S'il multiplie les échanges avec le Brésil depuis que le président Lula a repris le pouvoir, il n'avait pas encore détaillé sa vision des rapports entre la France et cette région du monde.
Au G20, il a d'ailleurs eu des contacts avec la nouvelle présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, ou avec le Colombien Gustavo Petro.
Paradoxalement, Emmanuel Macron va s'exprimer au Chili, qui n'est pas membre du Mercosur, contrairement à l'Argentine et au Brésil, alors même que le nom de ce bloc régional résonne avec insistance dans l'actualité française.
En France, les agriculteurs ont relancé leur mobilisation, moins d'un an après une fronde historique, pour protester notamment contre l'accord de libre-échange avec le Mercosur que la Commission européenne, poussée par des pays comme l'Allemagne ou l'Espagne, semblait déterminée à signer avant la fin de l'année.
A leurs yeux, ce texte entraînerait une concurrence déloyale, avec une déferlante de viande argentine ou brésilienne non soumise aux strictes normes sanitaires et environnementales de l'Union européenne.
La classe politique française, dans une rare unanimité, soutient cette opposition, et Emmanuel Macron n'a eu de cesse de marteler, tout au long de sa tournée, qu'il refusait l'accord "en l'état". Il pense d'ailleurs avoir trouvé un allié à ce sujet en la personne de Javier Milei.
Le président français a aussi salué le renfort de "plusieurs pays" européens, le ministre italien de l'Agriculture ayant manifesté son refus du traité en l'état. Aujourd'hui, "il n'y a clairement pas d'accord", a assuré Emmanuel Macron mardi en quittant Rio, dans l'espoir de rassurer les agriculteurs.
Or à Santiago puis Valparaiso, il entend mettre en avant l'accord commercial qui existe entre l'UE et le Chili, un modèle selon lui de traité qui intègre le respect des normes européennes. "C'est pour ça d'ailleurs aussi qu'il s'exprimera au Chili, parce que c'est avec ce pays qu'on a été en mesure d'aller le plus loin possible dans la convergence sur les questions environnementales" ou "commerciale", avance-t-on dans son entourage.
Emnanuel Macron et Gabriel Boric doivent par ailleurs se rendre jeudi sur le brise-glace "Almirante Viel" de la Marine chilienne, mis en service cet été, en amont de la Conférence des Nations unies sur l'Océan prévue en juin à Nice, en France.
"Ce bâtiment représente l'engagement du Chili envers la sécurité maritime et la recherche scientifique pour les études d'océanographie, d'hydrographie, de biomasse et de faune marine", a écrit la présidence chilienne dans un communiqué.