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Ludovic Bardoux, la nature pour sacerdoce



TAHITI, le 22 avril 2021 - Il a créé les Brigades vertes, mène des opérations de préservation des espaces naturels avec les Clean Up Day et les Éco warriors, il a lancé les Heipuni Days, Aux arbres citoyens !… Depuis plus de 20 ans, Ludovic Bardoux œuvre sur son temps libre à la protection de l’environnement. Il constate que les choses changent, doucement. Sans doute trop doucement.

"La nature humaine cherche trop souvent sa propre zone de confort alors qu’il est urgent de penser le monde autrement. Cette période de pandémie mondiale devrait être un révélateur pour chacun d’entre nous où prendre soin de la nature, c’est garantir un avenir à l’humanité. Ma mission est un véritable sacerdoce." La mission que Ludovic Bardoux s'est donnée est de protéger la planète. Il a lancé, en 20 ans, de nombreuses opérations qu’il continue à porter. Il a sensibilisé des milliers de résidents. Il a, dans ce contexte, lancé un certain nombre d’opérations et mouvements ces 20 dernières années : les Brigades vertes, Heipuni Days, Défi pour la Terre, Planète éco tour, Clean Up Days, Aux arbres citoyens !, Eco warrior.

Mais il n’en a pas terminé. "J’ai envie de croire que les choses changent", confie-t-il. Tout cela est plus fort que lui, "comme si j’étais appelé pour cet engagement". En permanence, il se focalise sur tous les changements qu’il faudrait effectuer, à tous niveaux et dans tous domaines. "Cela me triture." À force de battre le pavé et de répéter, les choses changent, il y a une prise de conscience, mais tout cela se fait si lentement.

"On est dans le rouge dans pas mal de domaines sur la planète." Il rappelle par exemple, qu’à la naissance de sa grand-mère, la Terre portait 2 milliards d‘individus, elle en supporte une génération plus tard 8 milliards. Et le chiffre ne cesse de croître. "Cela devrait nous interpeller." Sachant surtout qu’une partie de cette population surconsomme les ressources disponibles. Son objectif ? "Faire que les catastrophes arrivent le moins rapidement possible. Et pour ça, il faut occuper le terrain non-stop."


Enfant déjà, il voulait changer les choses

Issu d’une famille recomposée, Ludovic Bardoux a effectué, enfant, de très nombreux voyages en voiture pour rejoindre l’un ou l’autre de ses parents. Il traversait des villes, des banlieues qu’il voulait transformer, modifier, végétaliser. Il avait déjà une fibre environnementale prégnante.

Il aurait pu s’orienter dans l’horticulture par exemple, mais une opportunité s’est présentée. "J’avais envie de gagner ma vie." Il s’en est emparé. D’autant que son père lui répétait qu’il fallait toujours saisir les occasions pour ne pas avoir à regretter un jour.

Il est entré, pour quelques mois pensait-il, dans une entreprise filiale du groupe Hachette. "Je devais commercialiser des encyclopédies et livres de collection pour les privés et collectivités, les établissements scolaires." Il était le plus jeune de l’entreprise. "Partout autour de moi évoluaient des gens d’une quarantaine d’années avec une certaine stature. Et tous m’avaient dit : 'Tu ne tiendras pas !'" Toutefois, il réussi à se faire une place, à gagner sa vie très correctement, à voyager partout dans le monde, à rencontrer des gens de tous horizons. "J’ai pu faire la connaissance de gens très cultivés qui m’ont donné des poussières de leur richesse intellectuelle."

L’environnement et le bien-être de la planète continuaient à le "tarauder". Alors que tout allait bien pour lui, à 23 ans, soit trois ans plus tard, Ludovic Bardoux a changé de cap. "J’étais parti pour faire carrière, j’ai saisi une autre opportunité à savoir entrer travailler chez un éditeur de tissu. Ce qui me permettait de commencer à changer les choses, je les embellissais."

Se recentrer sur l'essentiel


Il a vécu une nouvelle aventure professionnelle et humaine. Il était chargé de réaliser des brochures, mais aussi des vitrines types. "Une époque incroyable." Elle a duré quelques années. Jusqu’à ce qu’il change à nouveau de cap. Pour des raisons personnelles, en 1999, il a eu besoin de prendre du recul de se "recentrer sur l’essentiel". Il a choisi par hasard la Polynésie française qu’il a rallié avec un aller simple.

En arrivant, "il a bien fallu que je trouve un boulot". Il a assuré différents jobs avant de créer une agence de publicité avec deux associés. Il a depuis racheté les parts de ses associés. Sur son temps libre depuis le début des années 2000, il mène des opérations en faveur de l’environnement. Il est sur le terrain avec des équipes mobilisées pour nettoyer les espaces naturels par exemple, pour planter, mais aussi pour sensibiliser les résidents par divers biais.

À Tahiti, il a pu rencontrer le milieu associatif local. "J’ai adoré toutes ces personnes engagées, j’ai eu envie de m’impliquer moi aussi." Pourquoi ne pas mettre en place des animations dans les écoles ? "En Europe existaient le concept des Clean Up Days que j’ai adapté localement." En semaine, Ludovic Bardoux menait des opérations en nettoyage avec les élèves d’établissements scolaires, le week-end, avec les particuliers.

Il a ensuite contacté Nicolas Hulot pour "tropicaliser" son concept du Défi pour la Terre. Une personne en Polynésie avait déjà fait la démarche, il s’est rapproché d’elle puis a fini par reprendre l’initiative.

20 tonnes de déchets par an ramassées

Ses actions ont suscité l'intérêt du Pays qui l’a accompagné dans ses démarches. Des opérations de nettoyage de plus grandes envergures avec les communes ont pu être organisées. Depuis, près de 20 tonnes de déchets sont ramassées chaque année. Les tāvana, les services techniques, les établissements scolaires, les associations de quartiers se mobilisent à chaque fois. "Les grosses opérations Clean Up Day effectuées avec les communes clôturent les petites opérations ponctuelles menées tout au long de l’année."

Puis, les Eco warrior et la Brigade verte ont vu le jour, des projections en plein air ont été mises sur pied.


Depuis 15 ans, Ludovic Bardoux organise des actions de sensibilisations qui ont porté différents noms : Les Heipuni Days au milieu des années 2000, puis le Planète Eco Tour et aujourd’hui, la Brigade verte. Toutes ces initiatives ont pu se structurer grâce au Pays et aux partenaires, "car elles ont un coût", rappelle Ludovic Bardoux. "Il faut par exemple équiper les volontaires, transporter les déchets, avoir des supports de communication… "

En priorité, il s’agit d’une sensibilisation à l’écocitoyenneté en milieu scolaire avec des animations nature. En plus de ramasser les déchets, le cadre de vie est amélioré avec des campagnes de plantations (plus de 500 arbres plantés à ce jour), des jardins partagés dans les quartiers prioritaires voient le jour.

Les Brigades vertes portent un nom "volontairement un peu provocateur", décrit Ludovic Bardoux. "Lorsqu’on était sur le terrain au début, des gens nous donnaient le nom de certains pollueurs, regrettant qu’il n’y ait pas de verbalisation. Nous avons rédigé une blacklist des pollueurs, renvoyé certains déchets à ces pollueurs et avons pris ce nom pour inciter les communes à faire la police." Depuis six communes ont leur propre Brigade verte autorisée à verbaliser. Quant aux projections en plein air, elles ont déjà séduit près de 120 000 spectateurs, des enfants et leur famille. Ce sont autant de citoyens sensibilisés.

Les préoccupations liées à l'environnement et à sa préservation font aujourd'hui partie de notre quotidien. Du moins doivent-elles de toute évidence en faire partie. "Chacun prend petit à petit conscience de la nécessité de trier ses déchets, d'économiser l'énergie, de consommer local…" Un chemin est tracé, il faut s’y engouffrer.

Tous les bénévoles sont les bienvenus. "Nous recherchons en permanence de nouveaux talents : amoureux de la biodiversité, spécialistes du développement durable, du monde marin, des nouvelles énergies… mais aussi, cette jeune génération des quartiers prioritaires que nous formons à la préservation de leur fenua et de sa biodiversité. Parce que comprendre, c’est protéger."

Contacts

FB : Brigade Verte Tahiti – Planète Éco Tour
[email protected]
Tél. : 87 78 84 91

Rédigé par Delphine Barrais le Jeudi 22 Avril 2021 à 09:15 | Lu 1033 fois






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