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“Litanie de violences” à la barre


Tahiti, le 19 octobre 2023 – Un homme de 43 ans a été condamné jeudi en correctionnelle à 18 mois de prison dont six avec sursis pour des violences commises sur sa compagne qui avait tenté de se suicider après avoir été battue une énième fois. 
 
Le tribunal correctionnel s'est penché jeudi sur le cas d'un agriculteur de 43 ans poursuivi pour des violences habituelles commises sur sa compagne dans le cadre d'un contexte de vie du couple extrêmement précaire. Le 7 octobre dernier à Hitiaa o te ra, les pompiers avaient été appelés à intervenir sur le terrain où vivent l'homme et la femme car cette dernière venait de se taillader les veines avec un ouvre boite. Hospitalisée, la victime avait relaté un quotidien fait de coups de poing ou de bâton, le tout commis avec, en toile de fond, l'extrême jalousie de son concubin. Selon l'expert psychiatre qui l'avait examinée, elle a été victime de graves violences depuis son enfance et se trouve dans une “emprise totale” vis-à-vis de son conjoint. 
 
Lors de l'audience en correctionnelle jeudi, la présidente du tribunal a rappelé que l'homme et la femme vivaient dans “une situation très difficile” et qu'ils dormaient dans des tentes installées sur un terrain familial où il n'y a ni eau ni électricité. N'ayant pas de compte en banque ou de moyens de paiement, le couple tire ses ressources de la vente des quelques légumes qu'il cultive. Interrogé sur les faits, le prévenu a reconnu qu'il battait régulièrement sa compagne pour passer ses nerfs mais aussi, et surtout, car il est extrêmement jaloux. L'homme a ensuite expliqué qu'il comptait épouser la victime devant des magistrats plus que perplexes.
 
Séparation physique 
 
Revenant sur la grande emprise exercée par le prévenu sur la jeune femme, le procureur de la République a affirmé lors de ses réquisitions qu'il était important que l'homme et la femme soient “séparés physiquement” et que l'homme soit éloigné de leur domicile car sa conjointe n'a pas d’autre endroit où aller. Pour cette “litanie de violences habituelles” qui s'est terminée par une “dramatique tentative de suicide”, le représentant du ministère public a requis “15 à 18 mois de prison dont six avec sursis” assortis du maintien en détention. 
 
Pour l'avocate du prévenu, Me Vivianne Genot, ces réquisitions visant à séparer le couple auraient un effet délétère pour la victime qui se retrouverait “à la rue” sans source de revenus alors que c'est le prévenu qui a une “activité régulière” de vente de légumes. Lors de sa plaidoirie, l'avocate est également revenue sur la grande “indigence essentiellement matérielle” dans laquelle vivent l'homme et la femme. Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le quadragénaire à 18 mois de prison dont six avec sursis. Il était, jusque-là, connu de la justice uniquement pour un vol commis en 2003. 

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 19 Octobre 2023 à 20:19 | Lu 1651 fois