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Liquidation judiciaire : La Dépêche fixée le 28 avril


Tahiti, le 10 mars 2022 – La liquidation judiciaire de La Dépêche de Tahiti est suspendue jusqu’au 28 avril, date du délibéré de la cour d’appel de Papeete. À l’audience jeudi, l’avocat de la société éditrice du quotidien historique de Tahiti a une nouvelle fois plaidé en faveur d’une cessation d’activité.

"C’est une disposition d’ordre public. En principe, je n’ai pas à demander. C’est à la cour de constater la situation économique de la société au jour où elle statue", a expliqué jeudi Me Jean-Michel Vergier, l’avocat de la société éditrice du quotidien La Dépêche de Tahiti. Quelques instants plus tôt, c’est par "pure forme" qu’il venait de plaider en faveur de la liquidation judiciaire de la société. La Dépêche est incapable d’honorer deux des trois dernières échéances du plan de continuation de son activité établi en avril 2019 et se trouve dorénavant en retard de 110 millions de Fcfp sur cet échéancier décennal. Il s’en est remis à "la sagesse" de la cour.

Continuation requise

C’est pourtant bien à l’initiative du groupe de presse, en octobre 2020, que cette procédure d’appel est en cours. Aujourd’hui, c’est de l’autre côté de la barre que l’on plaide en faveur d’un sursis à statuer. Me Emmanuel Mitaranga, avocat d’un ancien salarié non payé à l’origine de la procédure de liquidation, s’en explique : "La Dépêche nous dit que sa situation économique est catastrophique. Or, aujourd’hui, dans le dossier qui est présenté à la cour, nous n’avons aucun élément : pas de bilan comptable pour 2019, pour 2020, ni pour 2021 ; une liste du personnel datant de 2020… Et on omet de préciser que certaines subventions ont été perçues entre-temps par La Dépêche. La cour ne peut se prononcer en l’état. D’autant qu’une autre procédure est en instance devant la cour d’appel, pour une créance de 60 millions. Il est important d’attendre l’issue de ce litige avant de se prononcer sur la liquidation de La Dépêche."

Constant depuis le début de la procédure, le ministère public a une nouvelle fois requis en faveur d’une continuation d’activité, jeudi, au nom du "pluralisme des médias". La cour d’appel a mis sa décision en délibéré jusqu’au 28 avril. Depuis plusieurs mois, la direction de la société de presse, détenue depuis 2014 par l’homme d’affaires Dominique Auroy, laisse entendre aux salariés du groupe qu’en cas de liquidation un projet de reprise de l’activité serait à l'étude.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Jeudi 10 Mars 2022 à 11:12 | Lu 1242 fois