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"Liberté de manifester" ou "liberté d'étudier"? A Nanterre, les étudiants reconduisent le blocage



Nanterre, France | AFP | mardi 17/04/2018 - "On est contre cette loi et on se battra jusqu'au bout": les étudiants de Nanterre ont massivement voté mardi la reconduction du blocage pour s'opposer à la réforme de l'université, malgré l'avis d'étudiants qui réclamaient la "liberté d'étudier" en pleine semaine de partiels.

L'amphithéâtre initialement prévu n'a pas suffi: sous le soleil printanier, près de 1.700 étudiants remplissent mardi matin l'une des plus grandes salles de la faculté de Nanterre, 24 heures après le début du blocage qui a entraîné le report des partiels lundi et mardi.
"Un blocage total de la fac, ce n'est pas arrivé depuis 2009, je pense qu'on peut s'applaudir", lance en préambule Hugo, accueilli par un mélange d'applaudissements et de huées donnant le ton des débats.
A la tribune, les grévistes brocardent le projet de loi porté par le gouvernement, dénonçant un texte "qui transforme un principe d'exception en principe général", avec une sélection faite de "plein de critères très discriminants". 
Jeudi, ils n'étaient que quelques centaines à voter le blocage de cette université emblématique de région parisienne d'où était partie la contestation en mai 68.
L'afflux de nouvelles têtes depuis la dernière AG, salué par un étudiant gréviste comme "la fin d'un certain entre-soi", change cependant la donne: une pétition contre l'occupation a recueilli plus de 3.000 signatures.
"Votre liberté de manifester s'arrête là où commence notre liberté de passer nos examens", lance au micro Benoît, étudiant en droit. "Qui a la légitimité de décider d'un coup que 30.000 étudiants n'auraient pas le droit de passer leur partiels ?", interroge-t-il.
"Vous muselez des centaines d'étudiants", assène Charlotte, étudiante en droit, "vous vous mettez à dos des personnes qui partagent votre opinion", renchérit une autre, suscitant des applaudissements nourris.
"Je suis contre la sélection mais votre mouvement je ne le comprends pas", se désole aussi Thomas, alors qu'un étudiant l'interpelle dans la foule: "Et tu fais quoi, toi ?"
 

- "Résistance en chocolat" -

 
Dans les rangs, une caisse de grève pour les postiers des Hauts-de-Seine circule, alors que deux cheminots, un enseignant en lycée pro et des membres de la CGT énergie interviennent au micro, appelant à manifester.
Une invitation qui agace certains: "Solidarité cheminots, solidarité Syrie (...). Ca fait un peu cour des miracles, on est là pour parler du blocage", lance ainsi un étudiant, salué par des applaudissements.
"Tyrannie, anarchie, anti-démocratique... comme vous y allez ! Vous avez oublié bolchévique", ironise un autre, pour qui la grève "est le seul moyen de faire entendre notre voix".
"On l'affirme haut et fort: on est contre cette loi, on est contre l'avenir que le gouvernement nous prépare, de précarité, d'oppression, et c'est pour ça qu'on se battra jusqu'au bout", lance Victor, militant à l'Unef et au NPA. "Est-ce qu'on va se poser à réviser ou est-ce qu'on va construire un mouvement de grève qui fasse reculer le gouvernement ?", interroge-t-il.
"Cette loi est extrêmement pernicieuse et il faut s'y opposer maintenant", réplique un professeur au micro, suscitant une longue salve d'applaudissements avec une partie de la foule debout. "La fac elle est à nous !", "Balaudé démission", du nom du président de l'établissement, résonnent parfois dans l'amphithéâtre.
Selon Serkan, étudiant en Histoire de l'art, "l'annulation des partiels" a permis de "gagner du temps collectivement" pour s'organiser.
"Malheureusement, on ne fera pas reculer le gouvernement en faisant signer des pétitions", estime Lucas étudiant en psychologie, qui ironise: "Il n'y aura pas de résistance en chocolat" en référence à la formule d'Emmanuel Macron sur le refus d'"examens en chocolat dans la République".
A l'issue de trois heures de débats, une poignée d'étudiants "compteurs" montent sur les tables en différents points de l'amphi, dénombrent les bras levés: 1.272 voix pour, 336 contre et 40 abstentions. Blocage reconduit jusqu'à jeudi avec, selon l'université, un probable report des partiels organisés sur ces dates.

le Mardi 17 Avril 2018 à 04:12 | Lu 101 fois





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