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Les notes du bac, de Raapoto à Tarahoi


Tahiti, le 1er septembre 2022 – En réponse à une question écrite de l'élue Tavini Minarii Galenon au sujet de la baisse des notes du bac d'élèves du lycée Samuel Raapoto, Édouard Fritch a rappelé le contexte de cette harmonisation appliquée à toutes les académies. S'il se dit "très attentif" à la situation et aux recours déposés, le président s'applique à dépolitiser le débat, affirmant notamment qu'il ne serait pas très sain que le politique puisse ingérer dans ces procédures de notation…
 
Alors que l'affaire des notes harmonisées à la baisse de deux classes de 1ère du lycée Raapoto a refait parler d'elle mercredi, Tahiti Infos a appris que le dossier s'était retrouvé ces derniers jours au cœur d'un échange entre l'opposition et le gouvernement à l'assemblée.  Dans une question écrite adressée le 13 juillet à la ministre de l'Éducation, la représentante à l'assemblée Minarii Chantal Galenon demandait des explications concernant ces notes, comptant pour le baccalauréat, revues à la baisse. La représentante souligne "les limites de notre statut d'autonomie en termes de partage de compétences État/Pays", regrettant qu'il ne laisse que "très peu de marge de manœuvre" au gouvernement local. Elle demande à la ministre d'apporter des réponses "face à la désillusion de nos élèves et parents polynésiens qui se retrouvent à faire face à une réussite à mi-mesure teintée de déception et de colère". 
 
Explications
 
Et c'est le président du Pays, Edouard Fritch, qui a répondu le 26 août, se disant "très attentif à cette situation", tout en précisant les contours de cette procédure d'harmonisation et en rappelant les compétences de chacun. En préambule, le chef de la majorité indique que pour garantir la reconnaissance des examens que passent les jeunes polynésiens aux niveaux national et international "ils sont organisés par la direction générale de l’éducation et des enseignements sous l’autorité du ministère de l’Éducation local mais sont validés par le vice-recteur."
 
Il souligne que le processus d’harmonisation, instauré depuis la session de juin 2022, "est appliqué en Polynésie française comme sur l’ensemble des académies pour garantir la reconnaissance des diplômes de nos jeunes". Il rappelle qu'il est encadré par le décret n°2021-983 du 27 juillet 2021 qui "précise bien qu’en cas de discordances manifestes constatées entre établissements pour l’évaluation d’un même enseignement, les commissions d’harmonisation composées d’inspecteurs et de professeurs peuvent, dans le cadre d’un travail collectif sur des données anonymisées, baisser ou augmenter les notes provisoires de contrôle continu obtenues dans l’année."
 
Si le président concède que la ministre de l’Éducation "est garante avec le vice-recteur du respect réglementaire des procédures liées aux opérations du baccalauréat" il s'étonne que la représentante puisse déplorer "une marge de manœuvre limitée", s'interrogeant sur ce "que diraient les élus, la communauté éducative, les parents et l’opinion publique si le pouvoir politique s’ingérait dans ces procédures !"  
 

Rédigé par Julie Barnac le Jeudi 1 Septembre 2022 à 20:22 | Lu 1733 fois