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Les extractions de la discorde à Faaone



Tahiti, le 18 avril 2021 - L'association environnementale “A paruru e a faahotu ia Mapuaura” a décidé de dire stop aux “extractions sauvages” et “au pillage” dans la vallée de Mapuaura à Faaone. Elle accuse les entreprises privées de dépasser le quota d'extractions autorisées et de ne pas respecter les horaires qui encadrent les extractions. Sur place, le gérant de l'entreprise RBK affirme être dans la légalité et droit dans ses bottes quant à l'arrêté d'autorisation d'extraction qu'il a obtenu.
 
L'association “A paruru e a faahotu ia Mapuaura”, officielle depuis quelques jours, dit stop aux “extractions sauvages” ainsi qu'à la “destruction abusive et massive de la faune et de la flore" dans la vallée Mapuarura à Faaone. Cette association est principalement composée de propriétaires terriens ou encore d'ayant droits. “Cela dure depuis plus de dix ans et cela s'est accéléré depuis la fin de l'année dernière (Ndlr les extractions)”, regrette le président de l'association Anthony Tihoni.
 
“20 000 mètres cubes au lieu des 9 000 autorisés”
 
Anthony Tihoni pointe du doigt deux entreprises privées. La première est selon lui “hors la loi” car elle n'a aucune autorisation d'extraction et la seconde, RBK dirigée par Rainui Dudes, extrait toujours selon lui au-delà de son quota autorisé de 9 000 mètres cubes par un an. “Aujourd'hui, il est à plus de 20 000 mètres cubes au lieu des 9 000 autorisés (...). Depuis l'an dernier nous constatons qu'il y a un débordement. Nos rivières sont touchées, les roches, les agrégats et le tout-venant sont ramassés tous les jours”, s'insurge le président de l'association “A paruru e a faahotu ia Mapuaura”.
 
Toujours selon Anthony Tihoni, l'entreprise RBK a déjà été rappelée à l'ordre par la direction de l'Équipement avec trois procès-verbaux pour des amendes de 3 à 6 millions de Fcfp. Ces dernières ont été payées, indique le président de l'association, mais “ils continuent les travaux et c'est normal car le mètre cube coûte 6 000 Fcfp. Son autorisation est de 9 000 mètres cubes, ce qui fait 54 millions de Fcfp par an”.
 
Dénégations
 
De son côté, le gérant de l'entreprise RBK Rainui Dudes regrette que les membres de l'association “A paruru e a faahotu ia Mapuaura” ne soient pas venus le voir “j'ai toujours appelé à la communication, je suis là tous les jours”. Il assure être dans ses droits, puisque les extractions sont réalisées sur un terrain privé –celui de sa grand-mère– et qu'il a en sa possession toutes les autorisations adéquates. “Il y a eu un partage des terres à l'amiable entre les frères et sœurs (...) et cette terre-là a été attribuée à ma grand-mère en attendant le partage judiciaire (...). Si on était dans l'illégalité, je ne pense pas qu'on aurait eu les autorisations”.
 
Il réfute également les allégations de l'association ayant trait au dépassement de son quota d'extraction. “C'est complètement faux. On a un an pour extraire ces 9 000 mètres cubes (...). Dans les autorisations légales, tu as le droit de reconduire, c'est-à-dire de faire un dépassement, et ensuite tu régularises car cela prend du temps administrativement mais je ne suis pas dans l'illégalité”, explique le gérant de la société.
 
Enfin concernant les procès-verbaux, Rainui Dudes répond simplement : “Il y a un PV en cours, mais une régularisation est aussi en cours pour savoir qui a sorti ces cubages (...). Mais moi je suis dans les règles”.
 
Le non-respect des horaires
 
L'association reproche aussi à l'entreprise RBK de ne pas respecter les horaires fixés par l'arrêté d'autorisation d'extraction. Il y est précisé que “l'extraction et l'enlèvement des matériaux ne peuvent s'effectuer que pendant le jour, de 7 heures à 15 heures et uniquement les jours non fériés et non chômés, du lundi au vendredi inclus”. Or selon les membres de l'association : “les camions commencent à circuler dès 4 heures du matin et jusque tard dans la nuit, il n'a pas le droit. En plus on habite dans la vallée et cela devient insupportable”.
 
Là encore, le gérant de la société privée se défend : “On ne fait pas d'extraction en dehors des horaires définis par l'arrêté d'autorisation d'extraction (...). J'ai le droit quand même de rouler et de travailler, c'est mon choix. Les camions quittent à 4 heures du matin le bord de la route et viennent ensuite ici pour qu'on les charge (...). Et ici tout le monde commence à travailler à 5h30”. Concernant les nuisances sonores, Rainui Dudes précise que les habitations sont éloignées du lieu où il effectue les extractions, ainsi que de celui où il effectue ses chargements.
 
“Je ne sais pas quelles sont les motivations de cette association, car je ne suis pas étranger ici, je suis comme eux propriétaire de ces terres”, finit par lâcher Rainui Dudes. Une situation qui ne semble pas prêt de se résoudre à court terme, puisque l'association “A paruru e a faahotu ia Mapuaura” annonce avoir déposé une plainte auprès du procureur de la République.
 


Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Dimanche 18 Avril 2021 à 14:11 | Lu 1958 fois





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