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Les détenus se donnent à fond pour le 1er anniversaire de la prison de Papeari



Le haka des détenus.
Le haka des détenus.
Papeete, le 14 juin 2018 - Pour fêter le premier anniversaire du centre de détention Tatutu de Papeari, environ 70 détenus ont donné un grand spectacle de danses et de chants mercredi 13 juin. Pendant deux heures, les prisonniers ont enchaîné dans la cour de l'établissement ute, orero, haka et autres danses, sous les regards admiratifs des autres détenus, mais également de nombreux officiels.

Le centre de détention de Papeari avait des faux airs du grand heiva de la place To'ata mercredi après-midi. Et pour cause, pendant deux heures, environ 70 détenus, sur les 320 que compte l'établissement, ont fait vibrer les murs de la prison aux sons des to'ere, des ukulele, des danses et des chants polynésiens. Organisé par les détenus pour célébrer le premier anniversaire de la prison de Papeari, ce spectacle a impressionné par le professionnalisme et le sérieux des musiciens, chanteurs et danseurs. "Cela fait environ deux mois que nous répétons une à deux fois par semaine. Le spectacle rassemble 26 musiciens, 30 danseurs et des choristes, tous sont volontaires. J'ai composé tous les chants, même les orero, les ute, tous parlent de Papeari. C'est un produit pur jus Tatutu !", souligne avec bonne humeur, Max, le coordinateur de cet évènement festif, qui célèbre également sa libération, puisqu'il devait sortir le lendemain !

ESSOUFFLE, MAIS FIER D'AVOIR DANSE LE HAKA

Les détenus calédoniens ont procédé à la tradition de la coutume.
Les détenus calédoniens ont procédé à la tradition de la coutume.
Intégralement orchestré et mis en scène par les détenus eux-mêmes, ce spectacle leur a permis de se sentir valorisés et de se motiver mutuellement : "C'est beaucoup de boulot, je n'avais jamais fait ça avant. Ça crée des liens entre nous de s'entraîner ensemble. C'est une super expérience, je le referai !", sourit tout content un détenu, un peu essoufflé par le haka qu'il vient de faire.
Et la fierté, lui comme ses copains de la troupe, il peut en avoir, car c'est sous les applaudissements du maire de Papeari et également ministre, Teari Alpha, du directeur de la prison, Gilbert Marceau ou encore du procureur général, Thomas Pison, qu'ils ont dansé, joué, et chanté pendant deux heures.
"J'ai applaudi avec sincérité. Cette prison pourrait servir d'exemple en métropole. Il y a une très bonne ambiance, due non seulement à l'investissement des équipes, mais également des détenus. Il y a une vraie volonté d'avancer tous ensemble. Il y a beaucoup de respect, c'est très important", souligne le procureur général, Thomas Pison.

UNE VRAIE POLITIQUE DE REINSERTION

Les murs de la prison ont vibré aux sons des torere et des ukulele.
Les murs de la prison ont vibré aux sons des torere et des ukulele.
Et effectivement, le centre de détention de Papeari, avec ses bâtiments ultra-modernes, mise depuis un an sur une vraie politique de réinsertion, qui débute au sein même de ses murs.
Cela passe notamment par le respect et la mise en place de nombreux ateliers. "Il règne un très bon état d'esprit dans cet établissement, on a réussi à mettre en place tous les projets dont nous avions parlé il y a un an. Il y a un atelier pirogue, un atelier, musique, couture, électrique... On a encore d'autres projets. Ces ateliers permettent de redonner confiance, de donner le goût du travail, ils sont rémunérés. C'est très positif", détaille le directeur de l'établissement, Gilbert Marceau, qui doit quitter ses fonctions d'ici peu de temps pour officier en métropole.
Ainsi tout au long de leur incarcération, les détenus ont la possibilité de participer à de nombreux ateliers, moyennant rémunération. Cet argent leur permet notamment de rembourser le cas échéant les parties civiles, de contribuer aux besoins de leurs familles et de leur servir de pécule au moment de la sortie.
La commune de Paeari tient également à apporter sa participation à la réinsertion des détenus. "Ce sont nos frères, ces 'accidents de la vie' peuvent toucher de nombreuses familles polynésiennes. Il faut savoir donner une deuxième chance à ceux qui ont été condamnés, nous sommes dans cet état d'esprit au conseil municipal. Nous avons signé une convention de partenariat avec la prison. Il y a aujourd'hui huit détenus qui travaillent en extérieur dans nos services communaux (réparations de tuyaux, déchets…), cela se passe très bien. C'est un premier pas vers la réinsertion, on a d'autres projets encore où on pourra travailler avec le centre de détention", explique Teari Alpha, le maire de la commune.


"NE PERDEZ PAS VOTRE TEMPS, VOUS EN AVEZ ICI, SERVEZ-VOUS EN"

L'une des trois pirogues réalisées par les détenus.
L'une des trois pirogues réalisées par les détenus.
Et effectivement, à travers un tel spectacle où la confiance, le travail et le respect mutuel sont mis en exergue, c'est l'avenir des détenus qui s'ouvre vers de nouveaux horizons. "C'est vous qui avez fait ce spectacle, qui donnez ce bon état d'esprit et cela est tout à votre honneur. On vous souhaite de grandir, de bien grandir. Ne perdez pas votre temps, vous en avez ici, servez-vous en. N'oubliez pas tout le monde a vocation à sortir d'ici", souligne le procureur général avant que les sons des ukulele et des to'ere ne résonnent de plus belle dans l'enceinte du centre pénitentiaire.




Rédigé par Pauline Stasi le Jeudi 14 Juin 2018 à 15:51 | Lu 7669 fois





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