Tahiti Infos

Les députés de Taïwan s'écharpent au lendemain de l'investiture du président


Crédit Handout / TAIWAN PRESIDENTIAL OFFICE / AFP
Crédit Handout / TAIWAN PRESIDENTIAL OFFICE / AFP
Taipei, Taïwan | AFP | mardi 20/05/2024 - Les députés taïwanais se sont à nouveau écharpés mardi pendant une session parlementaire agitée, laissant augurer des difficultés pour le nouveau président Lai Ching-te.

Au lendemain de son investiture, les députés de la coalition au pouvoir et de l'opposition ont mené des débats houleux en brandissant des pancartes en signe de protestation.

"C'est aujourd'hui le deuxième jour de mandat du président Lai. Comment pouvons-nous expliquer qu'il y a un autre conflit au Parlement?", s'est interrogé Han Kuo-yu, président du Parlement et membre du parti d'opposition Kuomintang (KMT). 

"Taisez-vous", ont répliqué des députés du Parti démocrate progressiste (PDP) de M. Lai, qui a remporté les élections législatives de janvier sans obtenir de majorité absolue.

Le nouveau président fait face à une coalition hostile composée du Kuomintang - parti historique considéré comme plus favorable à Pékin - et du Parti populaire taïwanais (PPT), une nouvelle formation en plein essor.

L'opposition a déposé des projets de loi visant à étendre les pouvoirs du Parlement, que le PDP conteste et juge imposés sans consultation adéquate.

Vendredi dernier, les débats entre députés avaient dégénéré en disputes, et la session a repris mardi avec une bannière contre "l'extension des pouvoirs" du Parlement déployée par le parti au pouvoir.

Parmi les cinq projets de loi proposés par l'opposition, le plus controversé est un délit d'"outrage au Parlement", qui sanctionnerait les responsables refusant de participer à des enquêtes parlementaires.

Devant le Parlement, des centaines de personnes ont protesté contre le texte.

"Il a fallu les efforts de tant de personnes pour sortir le pays de 38 ans de loi martiale et en faire le pays le plus démocratique d'Asie. Mais aujourd'hui, notre Parlement fait marche arrière sur la démocratie", observe Cheng Li-lin, un retraité. 

"Les amendements pourraient transformer le Parlement en une entité dictatoriale", estime-t-il.

Vendredi, après des échauffourées entre parlementaires,  les partisans du PDP s'étaient rassemblés devant le Parlement pour protester contre les projets de loi controversés et des violences qui, selon les médias locaux, ont causé des blessés parmi les députés du PDP et du KMT.

L'île de 23 millions d'habitants est gouvernée de manière autonome depuis 1949, mais la Chine la considère comme une partie de son territoire et a affirmé vouloir la ramener sous son contrôle, par la force si nécessaire.

le Mardi 21 Mai 2024 à 07:07 | Lu 378 fois