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Les centre de vaccination arrivent dans les collèges et lycées


Tahiti, le 12 août 2021 – Alors que le maintien de la rentrée suscite de nombreuses réactions en ces temps de crise sanitaire aiguë, les représentants de l'éducation ont affirmé jeudi que la situation était sous-contrôle. Les élèves et professeurs seraient pour l'heure très peu touchés par le Covid alors que des centres de vaccination devraient être mis en place dans les établissements scolaires dès la semaine prochaine.

Le personnel scolaire et les élèves sont fortement invités à aller se faire vacciner” a réaffirmé jeudi midi la ministre de l'Éducation, Christelle Lehartel. Accompagnée du vice-recteur de la Polynésie française, Philippe Lacombe et du directeur général de l'éducation et des enseignements (DGEE), Éric Tournier, la ministre a présenté les bases de son fameux vade-mecum préparé pour la rentrée scolaire qui, comme l'année dernière, débute en pleine crise sanitaire. Évoqués depuis plusieurs jours, des centres de vaccination seront mis en place dans les établissements scolaires “dès la semaine prochaine”, précise Éric Tournier. Pour rappel, en l'absence des parents lors de l'injection, la vaccination des mineurs ne peut avoir lieu sans accord parental.
 
Une rentrée “à la carte
 
Concernant les premiers jours de rentrée dans les collèges, lycées et écoles primaires, “nous avons favorisé un accueil échelonné des élèves”, explique le DGEE. “Nous observons très peu de retours de cas positifs chez les élèves. Certains n'ont pas encore intégré leur établissement, c'est sûrement dû aux craintes des parents. Nous tenons à leur dire qu'ils doivent être rassurés car nous avons un très haut niveau d'exigence de sécurité sanitaire dans l'ensemble des établissements scolaires. Nous sommes mobilisés et transparents”.
Pour le vice-recteur de Polynésie française, Philippe Lacombe, “il n'était pas question d'annuler la rentrée. C'est à la carte en partenariat avec les tāvana. Classe par classe, école par école”. Les responsables veulent s'appuyer sur l'expérience acquise l'année passée dans des conditions similaires pour maîtriser la situation. “On sait quoi faire lorsqu'il s'agit d'isoler un élève et on saura quoi faire si la situation exige de fermer une classe, voire un établissement”, assure Éric Tournier.
 
Fermetures aux Tuamotu et aux Raromatai
 
Selon les informations de la direction de l'Éducation, sur les 200 sites scolaires du fenua, “seuls cinq seraient actuellement fermés” par décision des tāvana pour un manque de personnel. Un manque qui ne permettrait pas aux écoles de Kaukura, Tatakoto et Fangatau dans les Tuamotu de prendre en charge correctement les élèves. Alors qu'Éric Tournier annonçait que le CJA de Huahine et une école de Maupiti étaient les seuls établissements scolaires dans les Roramatai, le maire de Maupiti, Woullingson Raufauore, a pris un arrêté municipal dans la même journée de jeudi afin de fermer temporairement les écoles de l'île.

Éric Tournier se prépare à tous les scénarios et n'hésitera pas à fermer les écoles si la situation sanitaire l'impose.
Éric Tournier se prépare à tous les scénarios et n'hésitera pas à fermer les écoles si la situation sanitaire l'impose.
Encore assez de profs
 
Dans les écoles, nous avions mercredi 45 classes dans lesquelles les enseignants étaient absents”, déclare Éric Tournier. Les élèves de ces classes seraient tout de même accueillis grâce à des remplaçants. “Comme la formation des enseignants n'a pas encore commencé, nous avons aussi les brigades de formation. Par ailleurs, les directeurs d'écoles donnent un coup de main et peuvent temporairement prendre la place d'un enseignant absent”. Si dans l'enseignement du premier degré, les remplacements peuvent se faire facilement, ce n'est pas le cas dans les collèges et les lycées.
 
Je ne peux pas remplacer un professeur d'anglais par un professeur de mathématiques”, convient la ministre de l'Éduaction. “Je n'ai malheureusement pas de brigades de remplacement pour le second degré mais c'est dans les collèges et les lycées que nous avons le moins d'absence des enseignants actuellement”.
 
Une continuité en cas de fermeture
 
Interrogé sur la possibilité que cette rentrée “à la carte” ne se transforme en fermeture de l'ensemble des établissements scolaires du fenua si l'épidémie venait à flamber dans les écoles, le DGEE répond se préparer “à tous les scénarios”. Si le nombre de professeurs malades venait à augmenter, Éric Tournier confirme qu'“une continuité scolaire” à distance ou en classe sera mise en place. “Au-delà de la situation, il ne faut surtout pas que les élèves décrochent les apprentissages. Mais s'il faut fermer les écoles pour les protéger, alors on fermera”.

L'Unsa demande un renfort enseignant

Nous vivons une rentrée avec un taux de contamination inédit en Polynésie et la ministre de l’Éducation maintient la rentrée”. L'union nationale des syndicats autonomes (Unsa) de Polynésie française a tenu a rappelé que “si les personnels présents, se montrent solidaires de leurs collègues, ils ne peuvent être sollicités durablement”. Pour l'Unsa, les autorités doivent constituer une réserve opérationnelle pour pallier les absences ou procéder à la fermeture, au cas par cas, des classes ou des établissements lorsque la tension sera trop forte, précisant que la brigade de remplacement du 1er degré serait “déjà épuisée”.

Concernant l’enseignement à distance, l'Unsa considère que l'expérience de l'année passée a démontré les limites de ce dispositif. “Un grand nombre d’élèves ont été laissés sur le bord du chemin. Nous soulignons qu’un enseignement simultané à distance et en présentiel n’est pas envisageable”. Pour l'organisation syndicale, il est donc “urgent de constituer, pour tout corps de métiers, une réserve de remplaçants mobilisables”.

Rédigé par Etienne Dorin le Jeudi 12 Août 2021 à 20:38 | Lu 2408 fois