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Les cas de cancer augmentent en Polynésie


Crédit photo : Stéphanie Delorme.
Crédit photo : Stéphanie Delorme.
Tahiti, le 1er décembre 2023 – En pleine assemblée plénière au Cesec ce vendredi, l'Institut du cancer de Polynésie française (ICPF) a présenté ses données relatives au cancer sur le territoire. Des chiffres qui montrent notamment une augmentation du nombre de cas détectés. L'Institut a aussi fait le point sur ses projets en cours, à l’instar de l’ouverture d'un laboratoire d'anatomopathologie, l'année prochaine.
 
Des membres de l'Institut du cancer de Polynésie française (ICPF), dont sa présidente Teanini Tematahotoa, se sont rendus aux Cesec, lors de l'assemblée plénière de ce vendredi, afin de présenter les données relatives au cancer sur le territoire. Et si la Polynésie, n'explose pas les compteurs du nombre de cas par habitants –comparaison faite avec d'autres territoires ultramarins comme la Guadeloupe ou la Martinique – les chiffres ne cessent d'augmenter chaque année, selon l'Institut. Une conclusion qui, d'après Teanini Tematahotoa, s'explique difficilement, si ce n'est par le vieillissement de la population et par les mauvaises habitudes alimentaires et le manque d'activité physique.
 
D'après les derniers chiffres de l'ICPF, entre 2015 et 2019, 865 nouveaux cas de cancer étaient déclarés chaque année. Dont 49% chez les femmes et 51% chez les hommes. En détail, les cancers les plus fréquents pour les femmes sont les cancers du sein et du poumon (43% et 11%). Du côté des hommes, c'est sans surprise le cancer de la prostate qui arrive en tête avec 31%. Avec 128 nouveaux cas par an, cette maladie est la seconde cause de décès liés au cancer, et ce malgré un très fort taux de guérison. “Les hommes ont tendance à moins consulter”, constate d'ailleurs à ce sujet l'ICPF, ce qui entraine fatalement des retards de soins et de prise en charge et une perte de chances de guérison.
 
Beaucoup de projets pour l'ICPF
 
Créé en 2021, l’ICPF a de nombreux projets pour les années à venir. L’institut les a d'ailleurs détaillés devant l'assemblée plénière du Cesec ce vendredi. Cette année déjà, les équipes de Teanini Tematahotoa ont mis en place des cellules d'accompagnements pour les patients evasanés et ont augmenté le taux de dépistages et de vaccination le papillomavirus. Pour 2024, c'est un laboratoire d'anatomopathologie qui est prévu. Cette structure est essentielle, car c'est là que sont étudiés et analysés les prélèvements biologiques permettant de poser un diagnostic, notamment dans le cadre des cancers. “Actuellement, un seul laboratoire de ce genre existe en Polynésie et il se trouve à l'hôpital. Il est surchargé. 70% des échantillons sont d'ailleurs envoyés en France. Les patients peuvent atteindre 6 à 8 semaines pour avoir les résultats, ce qui provoque du stress en plus pour eux et des potentiels retards de soins. L'idée serait donc de ne plus rien envoyer et de tout traiter sur place”, déclare la directrice de l'institut.
 
L'ouverture de ce laboratoire sera suivie l'année d'après par l'inauguration d'un centre de médecine nucléaire, doté de TEP Scan et d'un cyclotron. “Avec le TEP scan on va éviter des évasans”, annonce Teanini Tematahotoa.  Enfin, en 2027, l’institut prévoit de s’installer dans les locaux qui lui sont réservés à côté du Taaone. La structure de l'ICPF, déjà envié, présentera alors un dispositif inédit pour ce qui est des territoires ultramarins français et de premier plan dans le Pacifique.

Cependant, avec toutes ses projets de développement, vient inexorablement la question du financement. C'est d'ailleurs l'une des remarques qu'a formulée un membre du Cesec. “La CPS, le CHPF et même les cliniques sont en difficultés. Alors on voudrait être assuré que l'ICPF ne sera pas en difficultés non-plus. Il faudra s'assurer des financements, car ça serait une grosse déception pour nous.” À noter que l'État participe au financement de ses projets.
 

Avis favorable du Cesec pour l'accélération des travaux en vue des Jeux Olympiques

Toujours lors de l'assemblée plénière, le Cesec a voté favorablement, non sans débat (33 votes pour et 5 abstentions), au projet de loi du Pays, portant sur diverses adaptations et dérogations en matière de commande publique, afin d'accélérer les constructions et aménagements indispensables en vue de l'organisation des épreuves olympiques de surf à Teahupo'o en juillet prochain. Dans son projet d'avis, le Cesec souligne d'entrée “l'opportunité exceptionnelle” que représentent les JO pour la Polynésie. “Compte tenu du caractère urgent de cette dérogation à certains fondamentaux du Code polynésien des marchés publics, la mesure proposée agrée au Cesec”, rapporte le Conseil dans son rapport. Sur la polémique autour de la tour des juges, l'Institution appelle “de ses vœux une implication plus fortes des parties prenantes et une concertation plus large à l'avenir”.

Rédigé par Thibault Segalard le Vendredi 1 Décembre 2023 à 17:23 | Lu 3139 fois