Tahiti, le 1er février 2026 - Les brancardiers du CHPF n’en pleuvent plus. Entre surcharge de travail, manque de personnel ou encore fatigue, ils disent “ça suffit” et appellent “à l’aide”. De son côté, la direction rappelle qu’elle a renforcé leurs équipes avec notamment deux nouveaux personnels en janvier dernier et se dit soucieuse de leurs “conditions de travail”. Selon le syndicat CSIP, la création de sept postes va “résoudre 95% du problème”. Ce dernier n’exclut pas le dépôt d’un préavis de grève.
Les brancardiers du Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) n’en peuvent plus, ils sont épuisés à cause de la surcharge de travail. Depuis des années, ils alertent sur leur situation mais personne ne les entend. Raison pour laquelle ces derniers ont décidé de se lever et de dénoncer leur ras-le-bol.
Lionel Reva et ses collègues ont donc décidé de “tirer la sonnette d’alarme”. “Il y a beaucoup de difficultés en ce moment dans notre service. Je suis au bloc opératoire, les agents sont trop fatigués (…). Ils ont mal aux jambes, ils se plaignent”, dit cet agent dépité.
En plus d’assurer leur travail, on leur ajoute de nouvelles missions qui ne font pas du tout partie de leur fiche de poste, dénonce Lionel Reva. “Ce n'est pas juste, il y a plein de choses qu’on aimerait finir et les infirmiers viennent nous voir pour des choses à faire, alors que ce n'est pas sur notre fiche de poste. Il y a trop d'abus.”
Ces brancardiers expliquent que ce surplus de travail a des conséquences sur leur travail, notamment du retard pour récupérer les patients. Ils subissent donc des “pressions” alors que “ce n'est pas notre faute”.
Selon ces personnels mécontents, leur hiérarchie est au courant et des courriers ont même été envoyés qui sont restés lettres mortes. “Il n'y a jamais eu de réponse. Et du coup, maintenant, ça suffit, on va arrêter ce cinéma-là, il faudrait que ça bouge."
Les brancardiers du Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) n’en peuvent plus, ils sont épuisés à cause de la surcharge de travail. Depuis des années, ils alertent sur leur situation mais personne ne les entend. Raison pour laquelle ces derniers ont décidé de se lever et de dénoncer leur ras-le-bol.
Lionel Reva et ses collègues ont donc décidé de “tirer la sonnette d’alarme”. “Il y a beaucoup de difficultés en ce moment dans notre service. Je suis au bloc opératoire, les agents sont trop fatigués (…). Ils ont mal aux jambes, ils se plaignent”, dit cet agent dépité.
En plus d’assurer leur travail, on leur ajoute de nouvelles missions qui ne font pas du tout partie de leur fiche de poste, dénonce Lionel Reva. “Ce n'est pas juste, il y a plein de choses qu’on aimerait finir et les infirmiers viennent nous voir pour des choses à faire, alors que ce n'est pas sur notre fiche de poste. Il y a trop d'abus.”
Ces brancardiers expliquent que ce surplus de travail a des conséquences sur leur travail, notamment du retard pour récupérer les patients. Ils subissent donc des “pressions” alors que “ce n'est pas notre faute”.
Selon ces personnels mécontents, leur hiérarchie est au courant et des courriers ont même été envoyés qui sont restés lettres mortes. “Il n'y a jamais eu de réponse. Et du coup, maintenant, ça suffit, on va arrêter ce cinéma-là, il faudrait que ça bouge."
“Il y a beaucoup de détresse”
Timi est brancardier dans les étages. “Nous tournons dans l'hôpital (…). Dès fois, on travaille seulement qu'à deux et t'as plus de force (…). Ça fait cinq ans maintenant qu’on fait comme ça tous les jours, cinq ans et là, on a marre.”
Le délégué de O oe to oe rima Frogier assure qu’“il y a une détresse qui est là tous les jours. Après, tout ça, ils (la direction, NDLR) sont au courant. On commence à avancer et voilà que ça change au niveau de la direction. Il faut tout reprendre. À chaque fois, il faut se battre.”
Il regrette que les recrutements soient “précaires (…) il faudrait qu'on arrête tout ça (…). La directrice, elle a, je ne sais pas, neuf directeurs adjoints. Les adjoints, ils ont leurs adjoints avec leurs secrétaires. Par contre, ceux qui sont sur le terrain, ils n'ont pas de cadre d'emploi.”
La représentante de la CSIP au CHPF, Vaitea Le Gayic, regrette que les patients soient impactés par ce problème de “sous-effectif” des brancardiers au travers notamment des délais d’attente. “Lorsqu'ils arrivent à un sous-effectif de deux en une journée, de 7 à 19 heures, ils font 50 kilomètres dans l’hôpital (…) cela équivaut d’aller de Papeete jusqu'à Mataiea”, surtout ceux qui sont dans le service de transport interne des étages.
Selon elle, il y a un réel risque sur leur santé. “Ils pourraient faire un AVC pour fatigue (…) on ne peut plus tolérer ce genre de fonctionnement”. La syndicaliste insiste sur le fait que tous sont au courant de cette situation, de la direction de l’hôpital de Taaone jusqu’au ministère. “Je ne sais pas combien de courriers on a envoyé pour dénoncer les dysfonctionnements qu'il y a dans cet hôpital”
Le délégué de O oe to oe rima Frogier assure qu’“il y a une détresse qui est là tous les jours. Après, tout ça, ils (la direction, NDLR) sont au courant. On commence à avancer et voilà que ça change au niveau de la direction. Il faut tout reprendre. À chaque fois, il faut se battre.”
Il regrette que les recrutements soient “précaires (…) il faudrait qu'on arrête tout ça (…). La directrice, elle a, je ne sais pas, neuf directeurs adjoints. Les adjoints, ils ont leurs adjoints avec leurs secrétaires. Par contre, ceux qui sont sur le terrain, ils n'ont pas de cadre d'emploi.”
La représentante de la CSIP au CHPF, Vaitea Le Gayic, regrette que les patients soient impactés par ce problème de “sous-effectif” des brancardiers au travers notamment des délais d’attente. “Lorsqu'ils arrivent à un sous-effectif de deux en une journée, de 7 à 19 heures, ils font 50 kilomètres dans l’hôpital (…) cela équivaut d’aller de Papeete jusqu'à Mataiea”, surtout ceux qui sont dans le service de transport interne des étages.
Selon elle, il y a un réel risque sur leur santé. “Ils pourraient faire un AVC pour fatigue (…) on ne peut plus tolérer ce genre de fonctionnement”. La syndicaliste insiste sur le fait que tous sont au courant de cette situation, de la direction de l’hôpital de Taaone jusqu’au ministère. “Je ne sais pas combien de courriers on a envoyé pour dénoncer les dysfonctionnements qu'il y a dans cet hôpital”
“Pourquoi pas des grèves générales ?”
Vaitea Le Gayic considère qu’il manque sept postes, selon elle, “ça va résoudre 95 % du problème”. Lors d’un entretien avec le ministre de la Santé Cédric Mercadal, celui-ci a confirmé qu’il y avait deux postes vacants, des postes qu’il avait promis aux brancardiers de combler. “Qu'il tienne sa parole. Il y a un dicton qui dit : soit on s'engage, soit on dégage (…) il faut arrêter (…). Là, c'est le ras-le-bol”.
“Aujourd'hui, ça suffit (…) ils sont en souffrance”, ajoute Vaitea Le Gayic. Elle rappelle que deux de leurs collègues, dont le contrat ne va pas être renouvelé, ne seront sans doute pas remplacés puisqu’ils ont pour seule réponse de la hiérarchie : “Nous n'avons pas de postes vacants”, alors même qu’ils ont été “formés depuis un an et demi”.
“C’est un dédain total” et un manque total de “considération (…) surtout pour les catégories D”, avance la syndicaliste qui espère que ce problème sera réglé dans la semaine, sans quoi un préavis de grève sera déposé. “C'est vraiment l'extrême, je vous assure, je dépose le préavis de grève. Nous avons les élections qui arrivent (…) pourquoi pas des grèves générales ? C'est le ras-le-bol. La fatigue, c’est un appel à l'aide.”
Tous invitent les membres du gouvernement ainsi que la direction du centre hospitalier à suivre pendant une journée les brancardiers. “Venez courir et pousser les patients”, insiste Vaitea Le Gayic. Mais pour la syndicaliste, les problèmes ne se limitent pas aux brancardiers. Il en existe également dans d’autres services comme à la cuisine, au service de la sécurité, à la morgue et au département psychiatrique.
“Aujourd'hui, ça suffit (…) ils sont en souffrance”, ajoute Vaitea Le Gayic. Elle rappelle que deux de leurs collègues, dont le contrat ne va pas être renouvelé, ne seront sans doute pas remplacés puisqu’ils ont pour seule réponse de la hiérarchie : “Nous n'avons pas de postes vacants”, alors même qu’ils ont été “formés depuis un an et demi”.
“C’est un dédain total” et un manque total de “considération (…) surtout pour les catégories D”, avance la syndicaliste qui espère que ce problème sera réglé dans la semaine, sans quoi un préavis de grève sera déposé. “C'est vraiment l'extrême, je vous assure, je dépose le préavis de grève. Nous avons les élections qui arrivent (…) pourquoi pas des grèves générales ? C'est le ras-le-bol. La fatigue, c’est un appel à l'aide.”
Tous invitent les membres du gouvernement ainsi que la direction du centre hospitalier à suivre pendant une journée les brancardiers. “Venez courir et pousser les patients”, insiste Vaitea Le Gayic. Mais pour la syndicaliste, les problèmes ne se limitent pas aux brancardiers. Il en existe également dans d’autres services comme à la cuisine, au service de la sécurité, à la morgue et au département psychiatrique.
“Un maillon essentiel de la chaîne de soins”
La directrice du CHPF, Hani Teriipaia Ott, a, au travers d’un communiqué, apporté des éléments de “clarification”.
Elle souligne d’abord l’importance du service brancardage qu’elle considère comme étant “un maillon essentiel de la chaîne de soins”. Elle rappelle que des mesures ont été prises pour palier “un absentéisme régulier” et faire en sorte que les patients ne soient “jamais impactés”.
La direction rappelle qu’il y a eu “un renforcement des effectifs” et que les brancardiers sont 45 répartis sur trois services dont seize aux urgences, 21 à l’hospitalisation avec l’arrivée de deux nouveaux agents en janvier dernier, “soit au-delà des 17 postes budgétaires initiaux”, et huit au bloc opératoire.
Ce renforcement, indique le communiqué, est pour “compenser intégralement les absences pour maladie, favoriser la prise de congés et alléger la charge de travail des agents présents”.
La directrice rappelle par ailleurs l’existence d’un “dialogue engagé et poursuivi” avec les syndicats
“dans un esprit de transparence et de recherche de solutions partagées”.
Elle appelle à “l’apaisement et au dialogue constructif” et “salue” au passage “le professionnalisme et l’engagement des brancardiers qui, au quotidien, assurent leurs missions avec dévouement”.
Pour conclure, Hani Teriipaia rappelle enfin que sa “priorité est aussi de protéger nos agents et de leur offrir des conditions de travail stables”.
Elle souligne d’abord l’importance du service brancardage qu’elle considère comme étant “un maillon essentiel de la chaîne de soins”. Elle rappelle que des mesures ont été prises pour palier “un absentéisme régulier” et faire en sorte que les patients ne soient “jamais impactés”.
La direction rappelle qu’il y a eu “un renforcement des effectifs” et que les brancardiers sont 45 répartis sur trois services dont seize aux urgences, 21 à l’hospitalisation avec l’arrivée de deux nouveaux agents en janvier dernier, “soit au-delà des 17 postes budgétaires initiaux”, et huit au bloc opératoire.
Ce renforcement, indique le communiqué, est pour “compenser intégralement les absences pour maladie, favoriser la prise de congés et alléger la charge de travail des agents présents”.
La directrice rappelle par ailleurs l’existence d’un “dialogue engagé et poursuivi” avec les syndicats
“dans un esprit de transparence et de recherche de solutions partagées”.
Elle appelle à “l’apaisement et au dialogue constructif” et “salue” au passage “le professionnalisme et l’engagement des brancardiers qui, au quotidien, assurent leurs missions avec dévouement”.
Pour conclure, Hani Teriipaia rappelle enfin que sa “priorité est aussi de protéger nos agents et de leur offrir des conditions de travail stables”.
Tama Laugan, brancardier depuis 22 ans “On n'en peut plus”
“On n'en peut plus, ça fait un bon moment qu'on travaille avec le manque d'effectifs, et du coup, il y a beaucoup de pression (…). Notre cadre supérieur est au courant du problème, mais à chaque fois qu'on demande du renfort, spécialement pour mon équipe, il nous dit ‘je regarde le planning, je reviens vers vous’. Et on attend 12 heures, pour quoi faire ? Ne pas avoir de réponse. Le lendemain, tu reviens, c’est la même chose et toujours pas de réponse. Et on continue à travailler à deux, à trois…”
Cela fait un bon moment qu'on est comme ça (…). Ils ont eu 97 postes en plus pour l'hôpital
(…). Sur les 97 postes, on nous en avait promis trois depuis trois ans (…) finalement zéro poste nous a été attribué. On a deux personnes pour le surcroît d'activité et elles arrêtent en février et en avril (…). Du coup, on va se retrouver encore avec moins d'effectifs comme avant alors que la charge de travail ne s'allège pas du tout (…). On ne sait plus comment il faut faire. Nous, on a demandé à nous ramener les agents des postes qu'ils nous ont enlevés car ils nous ont enlevé cinq postes. À la base, on était 22 dont 20 brancardiers et deux régulateurs en catégorie C. On aime travailler pour les patients (…). Aujourd'hui, si je suis là devant vous tous, c’est qu’il y a un ras-le-bol (…). On fait minimum 17 kilomètres par jour pour transporter tous les patients et des fois, il y a des patients qui se plaignent car c’est long (…). On voit des salariés fatigués, on n'en peut plus, comme je dis, ils ont tiré la sonnette d’alarme, ils ont même alerté le ministre de la Santé."
Cela fait un bon moment qu'on est comme ça (…). Ils ont eu 97 postes en plus pour l'hôpital
(…). Sur les 97 postes, on nous en avait promis trois depuis trois ans (…) finalement zéro poste nous a été attribué. On a deux personnes pour le surcroît d'activité et elles arrêtent en février et en avril (…). Du coup, on va se retrouver encore avec moins d'effectifs comme avant alors que la charge de travail ne s'allège pas du tout (…). On ne sait plus comment il faut faire. Nous, on a demandé à nous ramener les agents des postes qu'ils nous ont enlevés car ils nous ont enlevé cinq postes. À la base, on était 22 dont 20 brancardiers et deux régulateurs en catégorie C. On aime travailler pour les patients (…). Aujourd'hui, si je suis là devant vous tous, c’est qu’il y a un ras-le-bol (…). On fait minimum 17 kilomètres par jour pour transporter tous les patients et des fois, il y a des patients qui se plaignent car c’est long (…). On voit des salariés fatigués, on n'en peut plus, comme je dis, ils ont tiré la sonnette d’alarme, ils ont même alerté le ministre de la Santé."



























