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Les aides à l'emploi, chères et peu efficaces


Tahiti le 1er novembre 2022 – Dans un rapport sur les mesures d'aide à l'emploi ces quatre dernières années, le ministère du Travail fait le constat du coût des contrats aidés et de leurs effets parfois trop éloignés de l'objectif initial d'insertion professionnelle.
 

Le ministère du Travail et des Solidarités a dressé récemment un bilan des mesures d'aide à l'emploi sur la période 2018 à 2022, particulièrement marquée par la crise Covid. Dans ce document que Tahiti Infos a pu consulter, les différents dispositifs coordonnés par le Sefi sont énumérés et leurs poids financiers mesurés. On y retrouve dans le détail les stages pour favoriser l’insertion à l’emploi tels que la convention d’accès à l’emploi (CAE) dédiée aux personnes sans emploi, les corps des volontaires au développement pour des jeunes diplômés de niveau III (CVD) sans emploi, le stage d’insertion pour les travailleurs handicapés (SITH) et enfin la convention d’insertion sociale (CIS) mise en place pour venir en aide aux foyers en difficultés en échange d’un travail d’intérêt général.
 

Premier constat global, de 2018 à 2021, les dépenses annuelles des dispositifs d’aide à l’emploi type CAE, CVD, CSE, mais aussi ACT (aide au contrat de travail) et Insertion par la création ou la reprise d'activité (Icra) ont doublé, passant de 3,5 à plus de 7 milliards de Fcfp. C’est surtout la convention d’accès à l’emploi (CAE) qui a englouti le financement de 2,3 milliards de Fcfp entre 2018 et 2020, pour doubler et atteindre 4,5 milliards de Fcfp en 2021. Au total, ce dispositif aura été financé à hauteur de 11,5 milliards de Fcfp en quatre ans pour bénéficier à 21 000 personnes. Sur cette somme globale, 8 milliards de Fcfp ont été financés par la contribution de solidarité territoriale.


Mal ciblées

Problème, le bilan dresse un constat très partagé sur l'opportunité de ces mesures d'aide à l'emploi. Parmi les points noirs, entre 2019 et 2021, la totalité des mesures d’aide à l’emploi a augmenté de 86% et représenté 15,1 milliards de Fcfp “au détriment de la formation professionnelle” qui n'a bénéficié finalement que de 2,9 milliards de Fcfp sur la même période. Le budget consacré à la CAE est “cinq fois supérieur à celui consacré au budget alloué à l’apprentissage”, constate le rapport.
 

Plus généralement, si les CAE permettent “d'apporter une indemnité à un public généralement très éloigné de l'emploi”, ainsi qu'un “pécule et une expérience professionnelle”, le rapport regrette que le dispositif soit une “mesure à faible taux d’insertion” pour laquelle il subsiste également “des difficultés à mesurer les réels effets de ces mesures”. Les CAE sont encore “portés sur des activités non qualifiantes” et génèrent une gestion “conséquente” pour le Sefi avec 21 000 dossiers acceptés pour quatre fois plus de candidatures, des “mécontentements” et des “demandes sensibles” (sic) à gérer par le service… Au titre des menaces sur ces dispositifs, le rapport pointe également un “effet d'aubaine” pour les employeurs qui utilisent une mesure d'aide au lieu d'embaucher et un “effet de détournement” pour le bénéficiaire qui est “dissuadé d'opter pour un emploi ordinaire”.


Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 1 Novembre 2022 à 19:35 | Lu 2278 fois