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Les Mexicains, friands de boissons sucrées, frappés par l'obésité



Les Mexicains, friands de boissons sucrées, frappés par l'obésité
MEXICO, 24 mai 2013 (AFP) - Sur un banc de Mexico, Artemio Martinez, un comptable de 42 ans, termine son dernier "taco", la traditionnelle galette garnie, avant de commander sa dernière boisson gazeuse sucrée. Puis il soulève ses 140 kilos pour s'adresser au vendeur du poste de restauration de rue: "Donnez-moi un autre soda pour faire passer le cinquième taco... Et l'addition".

Le coût est relativement léger pour son portefeuille: 40 pesos (2,50 euros) pour cinq tacos à la viande et 18 pesos (1,10 euro) pour deux sodas.

Mais le Mexique paie un prix élevé pour son mode d'alimentation: avec 163 litres de sodas par an, le Mexique est le principal consommateur de boissons sucrées au monde par tête et le second pays touché par l'obésité après les Etats-Unis.

Et aujourd'hui le pays compte 22.000 des 180.000 morts associées dans le monde à la consommation de boissons sucrées, selon une étude de l'université américaine Harvard.

Traditionnellement, le régime alimentaire des Mexicains était constitué de maïs, fruits, légumes et herbes. Mais il suffit de parcourir les rues de Mexico pour constater les modifications intervenues dans les habitudes alimentaires, liées à l'ouverture économique du pays.

Dans les innombrables postes de restauration de rue de la ville, on consomme des "tacos" et des sandwiches de viande de porc ou de boeuf, d'oeufs, de fromage, ainsi qu'une grande variété de fritures, le tout le plus souvent accompagné de sodas.

"Il y a eu un changement d'habitudes alimentaires qui s'est accentué très fortement au cours des vingt dernières années avec une pénétration plus importante des aliments traités industriellement", en particulier les boissons gazeuses, explique à l'AFP Alejandro Calvillo, directeur de l'ONG Pouvoir du consommateur, qui lutte au Mexique pour la réglementation des produits nocifs pour la santé.

Selon lui, le Mexique, en ouvrant son économie aux traités de libre-échange "s'est livré aux valeurs mercantiles d'entreprises qui ont transformé l'alimentation traditionnelle des Mexicains", notamment par une publicité "brutale", sans régulation de l'Etat.

L'obésité est un problème qui peut avoir plusieurs causes, dont l'héritage génétique, mais selon David Garner, fondateur de la clinique spécialisée River Centre de l'Ohio (Etats-Unis) dans les troubles alimentaires, la cause dominante est à trouver dans certaines mauvaises habitudes de la vie moderne.

Selon M. Garner, "les boissons gazeuses, classiques ou de régime, contribuent à l'obésité et aux problèmes cardiaques. Mais on ne fait rien" au niveau législatif souligne-t-il, dénonçant "le lobby extrêmement puissant" de l'industrie des boissons.

70% des Mexicains en surpoids

Au Mexique, l'obésité a connu une véritable explosion en passant de 9,5% de la population en 1988 à 32% en 2012. Et 70% des quelque 115 millions de Mexicains sont en surpoids.

Beaucoup de communautés pauvres ont "un problème d'accès à l'eau" qui pousse à la consommation de sodas, explique à l'AFP Yuritzin Flores, de l'ONG internationale Oxfam.

Au lieu d'acheter de l'eau en bouteille, plate ou gazeuse , "les gens préfèrent la boisson censée leur donner plus d'énergie et de statut".

Près de la moitié de la population vit dans la pauvreté et 7,4 millions dans une pauvreté extrême.

Eulalio, un maçon de 23 ans qui travaille près de 60 heures par semaine dans un immeuble d'appartements de luxe de la capitale mexicaine, explique à l'AFP qu'il boit deux litres de Coca par jour.

Epongeant la sueur de son front, le jeune venu de Catorce, une localité de l'Etat de San Luis Potosi, au nord du Mexique, assure que chez lui, on boit tout le temps du Coca-Cola, surtout si on a des invités.

Fin 2012, une proposition d'impôt sur les boissons sucrées a été déposée devant le Parlement mexicain, mais sans suite pour l'instant.

Le gouvernement mexicain a annoncé récemment des mesures de lutte contre l'obésité, mais sans en donner le détail. En attendant, le surpoids continue de provoquer des maladies chroniques, des problèmes cardiovasculaires et certains types de cancer.

Les coûts directs ou indirects des problèmes de poids ont été estimés à près de 10 milliards d'euros pour le système de santé publique mexicain.

Les raisons les plus fréquentes d'hospitalisation au Mexique sont le traitement non chirurgical de l'infarctus, de l'hypertension et du diabète. Cette dernière maladie touche 14% de la population et cause 80.000 morts par an.

Plusieurs établissements commencent à proposer -gratuitement ou à coût réduit- des interventions de chirurgie bariatrique, une technique lourde consistant à réduire la capacité d'absorption des aliments.

"Cela ne résout pas le véritable problème. C'est comme mettre un simple pansement sur une plaie profonde", selon M. Garner.

Toutefois, Leticia Bautista, psychologue spécialisée dans les problèmes liés à l'obésité à l'Université nationale autonome du Mexique (Unam), assure que cette intervention "est une chance de vie" pour les cas d'obésité "morbide".

Ofelia Montiel, 52 ans, buvait jusqu'à trois litres de Coca-Cola par jour, et avait atteint les 100 kg pour 1,50 m.

Il y a un an et demi, elle a subi une opération de chirurgie bariatrique et ne le regrette pas. Elle ne peut plus avaler aujourd'hui que quelques bouchées de nourriture par jour.

"Par contre, je continue de boire mon Coca. Ca me fait roter et ça me donne un peu plus de place pour la nourriture", explique cette retraitée qui ne pèse plus aujourd'hui que 50 kilos.

Rédigé par Par Yemeli ORTEGA LUYANDO le Jeudi 23 Mai 2013 à 19:02 | Lu 876 fois




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