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Les Américains débarquent à vélo


Après 8 ans d’une existence mémorable, la neuvième édition de la Ronde tahitienne n’a jamais vu le jour. Archive Tahiti Infos
Après 8 ans d’une existence mémorable, la neuvième édition de la Ronde tahitienne n’a jamais vu le jour. Archive Tahiti Infos
Tahiti, le 15 mai 2024 - Une croisière cycliste sillonnera le Fenua, du 20 au 27 mai. Organisée par un tour opérateur américain en partenariat avec le Véloclub tahitien, et inspirée de l’inégalée compétition de cyclisme La Ronde tahitienne, cette cinquième édition de la croisière a pour but d’allier sport et tourisme vert. Une chance pour 300 mordus de la pédale, mais aussi pour le tourisme local.
 
Le 20 mai, le Star Breeze, cet immense bateau de croisière, quittera Papeete pour découvrir plusieurs îles polynésiennes. À son bord, 300 touristes, américains pour la grande majorité, et autant de vélos mettront le cap vers Raiatea, Tahaa, Bora Bora, Huahine, Moorea puis la Presqu’île de Tahiti. 300 touristes, férus ou non de cyclisme, venus profiter de la douceur du climat polynésien à vélo. “Des Messieurs Tout-le-Monde, avec une moyenne d’âge élevée, 60 ans et plus. Certains ont un passé de cycliste, ou ont juste été séduits par l’idée de découvrir le Fenua à deux-roues”, explique Benoit Rivals du Véloclub de Tahiti.
 
Le tracé, élaboré par cette association cycliste, Tahiti Tourisme et les comités de tourisme des îles concernées, prévoit de traverser six îles. “Tous les matins, on fera un briefing où on expliquera les intérêts de l’île et le circuit qu’on propose. On donnera une puce GPS sur laquelle on a enregistré le circuit et les stops touristiques. Les touristes l’insèrent sur leur vélo et ça leur donnera l’itinéraire de la journée”, détaille Benoit. Et cette année, pour la 5e édition de cette croisière, la deuxième édition sans le support médiatique qu’apportait la célèbre Ronde tahitienne, les organisateurs ajoutent un stop. Un stop olympique qui plus est. Lors de la dernière étape de cette croisière, les cyclistes découvriront la Presqu’île, les infrastructures et la fameuse vague olympique.

Jackpot pour le tourisme local

Cette vague de croisiéristes à deux roues est en général composée de gens plutôt aisés. Et lorsqu’ils débarquent sur une île, l’impact que génère la croisière sur son économie “est énorme”. Selon Benoit, c’est un peu le cliché du touriste américain qui dévalise les boutiques, mais version sport. Rien de moqueur. “C’est même super fun, ajoute-t-il. Les touristes se baladent à vélo et puis ils s’arrêtent, ils achètent un truc et derrière il y a une voiture suiveuse qui récupère les emplettes pour que les touristes continuent la balade à vélo.” Les différents commerces qui ponctuent le tracé devraient donc faire de bons chiffres d’affaires, lorsque ces centaines de vélos passeront par là. “Chaque île met en valeur son patrimoine identitaire et ses spécialités”, continue Benoit. Des artisans de Vairao à la rhumerie de Tahaa, nombreux sont les acteurs du Fenua qui devraient en profiter.
 
Au-delà de la croisière en elle-même, faire venir ces centaines de touristes est un stimulus pour l’économie locale. Quand Benoit regarde sa base de données, il observe 152 voyages pris pour l’événement avec la compagnie aérienne Air Tahiti Nui. “C’est 54% des voyageurs de la croisière”, analyse-t-il. D’autant plus que beaucoup de ces touristes viennent soit plus tôt ou alors partent plus tard, afin de découvrir la Polynésie de leur propre chef. “Soit un séjour moyen de 14 jours”, où ces visiteurs continueront de participer aux revenus touristiques de Polynésie française.

Héritage de la Ronde tahitienne

Aujourd’hui, Benoit se dit fier d’avoir, grâce à cet événement, “fait voyager plus de 1000 cyclistes en cinq croisières depuis sa création.” Une croisière qui n’aurait sûrement jamais vu le jour sans l’événement sportif la Ronde tahitienne, compétition qui figure dans le top 50 des plus belles épreuves cyclistes internationales. L’événement attirait alors les yeux du monde entier pendant son déroulement, et c’est dans ces conditions qu’est née l’idée de faire cette croisière à vélo afin d’offrir aux non-athlètes, leur Ronde tahitienne à eux.
 
Mais l’événement star du cyclisme tahitien s’est fait engloutir par la pandémie de Covid, et l’absence de subventions octroyées par le ministère des Sports suite à cette période. “Ça avait débuté par le biais de la Ronde tahitienne qu’on organisait avant le Covid. Et quand elle s’est arrêtée après le Covid, le tour opérateur nous a demandé si on voulait continuer à encadrer les croisiéristes. Cette année, c’est la deuxième édition de cette croisière hors Ronde tahitienne”, explique Benoit qui, malgré la déception d’avoir vu sa chère compétition disparaître, a réussi à sauver cette croisière à deux-roues. Un bilan positif pour le tourisme, peut-être moins pour le sport tahitien.

Rédigé par Tom Larcher le Mercredi 15 Mai 2024 à 17:40 | Lu 1147 fois