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Le sport au cœur des journées du handicap


Les journées polynésiennes du handicap ont réuni toutes les associations de Tahiti et Moorea.
Les journées polynésiennes du handicap ont réuni toutes les associations de Tahiti et Moorea.

Tahiti, le 24 avril 2026 - Pendant quatre jours, le parc Aorai Tini Hau de Pirae a vibré au rythme des Journées polynésiennes du handicap. Informations, découvertes, rencontres et partages étaient au rendez-vous grâce à des animations, des stands et des échanges avec les acteurs du monde du handicap au Fenua. Le sport était bien sûr l’invité principal de cette édition, avec la présence du COJ Tahiti 2027 et l’organisation d’une course de mobilité. Élément central de l’inclusion, le sport a trouvé toute sa place durant cet événement. 

 

Entre mardi 21 et vendredi 24 avril se tenaient les Journées polynésiennes du handicap. Organisées par la fédération Te Nui o te Huma, présidée par Henriette Kamia, qui regroupe de nombreuses associations œuvrant dans le domaine du handicap sur l’ensemble du territoire de la Polynésie, ces journées ont été l’occasion de mettre en avant les différents handicaps et surtout de montrer les nombreuses aides et solutions disponibles pour les personnes en difficulté motrice ou mentale. “Ces journées sont un grand moment de rencontres et de partage. Nous sommes très heureux de voir tout ce monde venu à notre rencontre pour échanger, s’informer, apprendre et surtout informer, car beaucoup de personnes ne connaissent pas le handicap et surtout les associations qui s’en occupent”, confiait Henriette Kamia. 

 

Également présidente de la Fédération des sports adaptés et handisport, cette dernière tenait à ce que cette édition soit rattachée aux Jeux du Pacifique. “On a choisi les Jeux car le sport est un outil essentiel pour l’insertion sociale et professionnelle. Aux Jeux, il y aura du handisport avec le tennis de table, le va’a et l’athlétisme. Nous serons donc bien représentés. Nous avons en plus beaucoup de chances de médailles, donc il fallait mettre le sport en avant lors de cet événement et, à un an des Jeux, c’était le moment.” 

 

Et qui de mieux que le COJ, le comité organisateur des Jeux du Pacifique Tahiti 2027, pour venir mettre toute son énergie et ses compétences au service du handicap ? Tout au long de ces quatre jours, les membres du COJ se sont employés à mettre en place des jeux et des animations autour du sport et des prochains Jeux afin de sensibiliser au handisport. “Avec le comité organisateur des Jeux du Pacifique Tahiti 2027, il était important que nous soyons présents sur cet événement, car le sport est un véritable acteur de l’inclusion et nous souhaitons que ces Jeux laissent un impact positif pour le territoire et pour la population. Le thème étant les Jeux du Pacifique, notre présence coulait de source. Nous avons mis en place un stand pour faire découvrir ce que seront les Jeux, les sports qui seront présents et plus particulièrement le handisport, comme le va’a où nous avons pu organiser une course en V1 et en V6. Nous avons aussi organisé des animations autour du handicap, comme un jeu de cartes en braille pour découvrir les drapeaux des différentes nations qui seront présentes aux Jeux, ou encore des lunettes permettant de simuler différents troubles de la vision. Le but était que ces activités soient accessibles à tous et à toutes, du valide au déficient cognitif : tout le monde pouvait participer”, expliquait Marie-Pierre Camillo, responsable adjointe du département Impact et héritage.  

 

Mais leur présence avait aussi pour objectif de sensibiliser la population à l’importance d’un encadrement adapté au handisport. “C’est une problématique sur le territoire. Nous n’avons pas assez de structures sportives pour accueillir des personnes en situation de handicap. Pour y remédier, nous aimerions développer un concept de clubs inclusifs sur le territoire. Mais pour cela, il faut former des encadrants. Nous avons donc mis en place, avec la MATJS (mission d’appui technique jeunesse et sport, NDLR), la fédération Te Nui o te Huma et la FPSAH (Fédération polynésienne des sports adaptés et handisport, NDLR), des modules de sensibilisation qui permettront aux personnes souhaitant s’impliquer dans le handisport de le faire.” 

 

Une course de mobilité pour conclure 

 

Pour certaines associations œuvrant pour le handicap, le sport est déjà bien ancré. C’est le cas de la Fraternité chrétienne des handicapés (Frat), qui fait du sport un élément essentiel au bien-être de ses membres. “Le programme était bien rempli, avec beaucoup d’activités adaptées à toutes sortes de handicaps. Par exemple, pour nos polyhandicapés, ils ont pu participer à une sortie en pirogue à voile. Il y avait aussi la boccia, qui est une forme de pétanque adaptée. C’est bien, car tout le monde a pu participer. Et pour finir, la course de mobilité a permis de réunir tout le monde : encadrants, personnes en situation de handicap… C’est l’intérêt de ce genre de course inclusive, même si certains l’ont aussi faite pour la gagner”, sourit Romain Pinel, attaché de direction à la Frat.  

 

Une envie de performer que Noatera Salmon confirme : “Moi, je suis là pour participer mais aussi pour gagner. Ça fait cinq fois que je la fais et, à chaque fois, je viens pour la gagner. Après, c’est difficile car j’ai des problèmes à la jambe, mais moi, je suis un compétiteur et je ne lâche jamais rien. J’ai toujours envie de me surpasser. J’ai eu la chance de participer aux Jeux nationaux de l’avenir handisport en France en 2019 et, même si je n’ai pas réussi à ramener une médaille, j’ai tout donné. J’aimerais, pourquoi pas, un jour participer aux Jeux du Pacifique, mais il faudrait qu’il y ait plus de disciplines handisports représentées.” 

 

Une idée que les instances du sport océanien pourraient prendre en compte à l’avenir. 



Rédigé par Manu Rodor le Vendredi 24 Avril 2026 à 19:29 | Lu 258 fois