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Le rhinocéros du cocotier : ennemi numéro 1



Le crabe du cocotier se nourrit de choux de cocotiers ou de palmiers, dans lesquels il creuse des galeries. Sa durée de vie est de 2 à 5 mois.
Le crabe du cocotier se nourrit de choux de cocotiers ou de palmiers, dans lesquels il creuse des galeries. Sa durée de vie est de 2 à 5 mois.
PAPEETE, le 26 février 2018. Les autorités du Pays sont en ordre de bataille pour que le rhinocéros du cocotier ne débarque pas au fenua. Cet insecte, qui creuse la couronne des cocotiers pour se nourrir de son jus, serait une grande menace pour nos cocotiers et les cophraculteurs.


Au début du mois, un navire japonais censé livrer une cargaison de véhicules en Nouvelle-Zélande a dû repartir sans avoir pu décharger : des punaises diaboliques, une espèce de ravageurs de cultures agricoles, ont été trouvées à bord. Pour ne pas mettre en péril l'agriculture du pays du Long nuage blanc, les autorités néozélandaises ont préféré renvoyer l'embarcation qui abritait ces redoutables nuisibles pour les cultures comme le blé mais aussi les pommes, les tomates et les kiwis. En Polynésie française, les autorités sont aussi attentives aux hôtes des bateaux mais aussi des avions. Navires et aéronefs doivent montrer patte blanche. Cette punaise n'existe pas encore au fenua. Les autorités du Pays surveillent donc qu'elle n'arrive pas.

Mais l'animal qui est redouté est celui qu'on appelle communément le rhinocéros du cocotier. Son nom laisse apercevoir à quel point il pourrait être redoutable. Pourtant, il n'est pas très gros puisque l’insecte adulte mesure 3 à 4 centimètres de long. Le mâle se distingue par sa corne, ce qui lui a valu son nom.

Le coléoptère Oryctes rhinoceros, de son nom latin, est originaire du Sud-Est de l’Asie. Il a été introduit à Samoa en 1909. Il s’est ensuite répandu depuis dans le Pacifique (les îles Cook sont pour le moment indemnes) où il est un ravageur majeur du cocotier, ainsi qu’aux Mascareignes (océan Indien). Ainsi, les bateaux mais aussi les avions qui viennent des zones infestées sont traités.

Le rhinocéros du cocotier : ennemi numéro 1
Pour les navires, les agents de la direction de la biosécurité traitent les containers et la zone vie. " On fait le traitement automatiquement à l'arrivée dès qu'il vient d'un pays infesté. On pulvérise à l'intérieur et on referme tout de suite", explique Rudolph Putoa, directeur adjoint du service biosécurité en charge de la cellule phytosanitaire. "Deux heures après, l'armateur peut ouvrir le container."

Les Oryctes rhinoceros adultes volent à la tombée de la nuit à la recherche d’un site d’alimentation, dans la couronne du palmier. Ils s’y enfoncent et attaquent une ébauche foliaire, qu’ils ne dévorent pas mais qu’ils mâchonnent pour en extraire le jus : des attaques répétées ou multiples peuvent ruiner l’arbre. L'insecte étant actif de nuit, les autorités du Pays demandent donc au bateau de quitter le port avant que la nuit tombe.

Une surveillance dans les airs et sur la mer
"C'est un insecte nocturne attiré par la lumière la nuit. On demande donc à ce que le bateau quitte le port à 16h30 car la journée l'insecte est en dormance et il reste dans son coin ", explique Rudolph Putoa. " Il est actif la nuit."
A l'aéroport, la vigilance reste de mise. Pas question que le rhinocéros des cocotiers arrive par les airs. Il n'y a que Hawaii, comme île infestée par cet insecte, qui est desservie en avion par une compagnie la reliant à Tahiti. "Hawaiian Airlines traite ses cabines avant son arrivée à Tahiti. On demande aussi un traitement rémanent au niveau des soutes ", explique Rudolph Putoa avant de préciser : "On traite les containers des bagages et les trains d'atterrissages de tous les avions quelle que soit la provenance."

Par ces mesures l'objectif est de protéger nos cocotiers et, par conséquent, la coprahculture. Le coprah représente 27 % de la production agricole polynésienne. La culture du coprah constitue une source importante de revenus pour les populations des archipels éloignés. Pas moins de 9 670 coprahculteurs ont été recensés en 2016). Les pouvoirs publics soutiennent la filière dans ses débouchés, afin d’en assurer la pérennité et de garantir un revenu minimum aux producteurs. La totalité de la récolte de coprah est acquise et transformée par l’Huilerie de Tahiti, à un prix d’achat fixé. En contrepartie, elle reçoit de la Caisse de soutien des prix du coprah (CSPC) une compensation financière équivalente à la différence entre le prix du coprah en Polynésie française et la vente au cours international, généralement bien inférieur. Ce soutien s’est élevé à 1,3 milliard de Fcfp en 2016. Par ailleurs, des programmes de régénération ont été mis en place en 2015, accompagnés d’une aide financière à la plantation accordée par le Pays à hauteur de 200 Fcfp par plant, afin d’augmenter les rendements des cocoteraies, peu fertilisées et vieillissantes. "Répartie sur plus de 29 000 hectares en 2012, dont 86 % aux Tuamotu-Gambier, la production de coprah représente à elle seule 27 % de la production agricole et génère près de 2 milliards de Fcfp en 2015 (14 455 tonnes)", indique l'Institut d'émission d'outre-mer dans son rapport annuel 2016 sur la Polynésie française. "En 2016, la production se replie à 11 290 tonnes (-22 %) ; cette baisse s’explique notamment par des conditions climatiques défavorables et par l’intérêt en faveur d’autres produits dérivés du coco (huile vierge, eau de coco)."

Les dégâts du rhinocéros du cocotier

En creusant des galeries dans les bourgeons terminaux des cocotiers ou des palmiers, les Oryctès adultes provoquent des déformations sur les feuilles en croissance. Une fois déployées, les palmes présentent des découpes caractéristiques, en « arêtes de poisson ». Lorsque les attaques sont répétées, le bourgeon terminal du cocotier peut être entièrement sectionné, entraînant la mort de l’arbre.

Que doivent faire les navires ?

A l'arrivée du navire au port d'entrée de Papeete, le commandant ou son représentant en Polynésie française doit :
- présenter un permis de sortie « clearance » délivré par les autorités administratives compétentes du dernier pays touché ;
- fournir la liste des ports touchés ;
- remplir un questionnaire relatif aux conditions de toucher du navire en pays infestés par les insectes de quarantaine du cocotier.
Le département de la protection des végétaux délivre, au vu de ces documents, un certificat d'arraisonnement indiquant les conditions de séjour du navire en Polynésie française.
Après inspection, ne sont autorisés à rester à quai ou à s'approcher à moins de 400 mètres des côtes des îles de la Polynésie française que :
- les navires n'ayant pas fait escale dans un pays infesté par les insectes de quarantaine du cocotier, ayant éventuellement transité par la zone internationale du canal de Panama ;
- les navires ayant fait escale en pays infesté par les insectes de quarantaine du cocotier, mais sans effectuer de manutention ;
- les navires ayant fait escale dans un pays infesté par les insectes de quarantaine du cocotier et ayant effectué des opérations de manutention, sous réserve d'un traitement insecticide du navire.
Dans ce cas, les navires doivent accoster impérativement dans le port de Papeete entre 6h30 et 16h30.


Rédigé par Mélanie Thomas le Lundi 26 Février 2018 à 19:00 | Lu 2635 fois




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