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Le personnel de l’hôpital de Raiatea est prêt à débrayer


Tahiti, le 8 avril 2024 - En février 2023, le personnel de santé et le personnel administratif de l’hôpital de Uturoa entrait dans une grève dure. La demande était à l’époque la création rapide de 20 postes de soignants et de 38 postes à terme, mais aussi le paiement des heures supplémentaires en temps et en heure.
 

Un an après le débrayage, et malgré la signature d’un protocole d’accord de sortie de grève le 16 février qui prévoyait la création de 17 postes au total (huit postes dans les services les plus tendus, deux postes de techniciens de laboratoire et d'infirmiers anesthésiste, trois postes d’Agents de services hospitaliers (ASH) et deux postes d'aide-soignant), voilà que la grogne syndicale refait surface. Un appel lancé le lendemain de la Journée mondiale de la santé.
 
En cause à nouveau : le paiement des heures supplémentaires que ne sont toujours pas réglées dans les temps. “À Taravao, ils ont été payés récemment de leurs mois de janvier à mars”, explique Philippe Dubois, secrétaire général du syndicat du personnel soignant des îles Sous-le-vent, affilié CSTP-FO. “Ici, celles qui nous ont été payées en février, ce sont celles de novembre. On est à quatre voire cinq mois de délai de paiement des heures supplémentaires, et non deux comme le stipulait l’accord de fin de grève de février 2023.”
 
Nécessairement, un préavis de grève est déjà dans les têtes des salariés de l’hôpital. “Nous ne sommes pas écoutés”, poursuit Philippe Dubois. “On a envoyé des courriers à la subdivision, à la Direction de la santé, à la direction de l’hôpital. Nous n’avons eu aucune réponse.”
 
Sur place, le personnel semble en avoir assez. Le recrutement d’un agent administratif est aussi vivement demandé afin de venir en soutien à une autre personne, seule, en charge de trop nombreuses tâches. “Si rien n’est fait, on ira peut-être même jusqu’au recours devant le tribunal administratif puisque le protocole d’accord de 2023 n’est pas respecté”, poursuit Philippe Dubois. “Ici, c’est juste plus possible. On va devoir redéposer un préavis. Nous ne sommes pas du personnel de seconde zone.”
En septembre 2023, six mois après la grève, le personnel de l’hôpital de Uturoa faisait déjà part de son désarroi et de l’absence d’avancée. En cause, déjà, les heures supplémentaires. “Les 120 personnes de santé qui effectuent des heures supplémentaires sans rechigner ne sont toujours pas payées”, déplorait le syndicat, dans “l’attente des 15 postes supplémentaires qui doivent permettre aux habitants des Raromatai de suivre des soins de manière optimale et sécuritaire”.
 
“Le mur du silence auquel nous nous heurtons depuis trois mois a tué la bonne volonté et le dévouement de dix personnels soignants qui quittent leurs fonctions ou qui ne les renouvellent pas aux conditions proposées”, concluait le communiqué. “Continuons sur cette lancée et nous aurons un hôpital fantôme dans une île qui sera l’exemple d’un désert médical polynésien.”
Manifestement, les problèmes perdurent.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Lundi 8 Avril 2024 à 15:46 | Lu 2307 fois