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Le marginal de la RDO à Nuutania pour avoir menacé les gendarmes avec un sabre


Une peine d'1 mois de prison ferme avec mandat de dépôt a été prononcée par le tribunal ce jeudi contre le SDF bien connu des usagers de la RDO.
Une peine d'1 mois de prison ferme avec mandat de dépôt a été prononcée par le tribunal ce jeudi contre le SDF bien connu des usagers de la RDO.
PAPEETE, le 5 janvier 2017 - Interpellé non sans difficulté par les gendarmes le 13 novembre dernier, sur le triangle de pelouse qu'il squatte depuis des années en bas de la RDO à Punaauia, le SDF a écopé d'un mois de prison ferme pour outrage et rébellion, avec mandat de dépôt, ce jeudi en comparution immédiate.

Placé en unité psychiatrique après son interpellation, ce marginal de 53 ans bien connu des usagers de la RDO pour squatter depuis des années un triangle de pelouse en bas de la voie rapide à Punaauia, avait énergiquement menacé, un sabre katana dans les mains, trois policiers municipaux puis trois gendarmes répondant à l'appel de témoins inquiets de le voir ainsi armé sur la voie publique. L'homme est connu pour ses délires la plupart du temps pacifiques, il se dit roi de toute la Polynésie, mais aussi pour son irritabilité et ses sautes d'humeur parfois schizophréniques.

Le SDF avait d'abord copieusement insulté les policiers municipaux, gesticulant avec son arme dans son fourreau. Il avait ensuite mis en danger sa propre vie et celle des automobilistes, manquant de provoquer un accident en traversant à plusieurs reprises la voie rapide. Il avait réservé le même accueil aux gendarmes, appelés en renfort, sortant cette fois l'arme tranchante de son étui selon des militaires qui ont bien cru qu'il allait mettre ses menaces de les blesser à exécution. L'un d'eux devra le menacer et le mettre en joue avec son pistolet à impulsion électrique Tazer pour qu'il finisse par déposer son arme au sol et accepter de coopérer. Personne n'a été blessé. Placé en garde à vue pour ces faits d'outrage et de rébellion, le quinquagénaire allait être hospitalisé d'office en psychiatrie jusqu'à hier en raison de ses troubles psychologiques manifestes.

"Ce n'est pas mon arme, c'est quelqu'un qui me l'a confiée", a-t-il assuré ce jeudi à l'audience, quand la présidente du tribunal lui a rappelé que la possession d'une telle arme était de toute manière malvenue sur la voie publique. Il a aussi contesté avoir menacé les forces de l'ordre.
Déjà condamné à de nombreuses reprises, 16 fois en tout, pour des outrages, dégradations et la dernière en date pour possession de stupéfiants, l'intéressé pourrait souffrir selon certains experts de troubles psychologiques suffisants pour avoir altéré significativement ses capacités d'analyses de la situation au moment des faits. Il semble néanmoins sous contrôle dès lors qu'il est suivi par des médecins et prend son traitement.

"C’est un marginal qui vit en marge de la société, mais c'est un marginal qui souffre de schizophrénie, et qui prend des toxiques, avec le comportement agressif qui en découle quand les forces de l'ordre viennent à lui", a constaté le parquet. "C'est un homme qui prétend lors de ses auditions n'avoir aucune velléités contre les gendarmes, mais c'est un homme qui est malade, instable. Et cette instabilité c'est une bombe, une menace pour la population. Là, c'était un sabre, mais faut-il attendre qu'il mette ses menaces à exécution et tue quelqu'un ? Cet homme est dangereux", a conclu le représentant du ministère public avant de requérir 1 an de prison dont 6 mois avec sursis et obligation de soins à sa sortie pendant 2 ans.

"Il dit qu'il grattait le sol pensant avoir vu de l'or avec ce sabre que quelqu'un venait de lui remettre, comme un enfant, quand les policiers municipaux sont intervenus. Il ne les a pas menacés", a tempéré son avocate, Me Ayoun. "Le sabre est resté dans son fourreau et il s'est assis et a lâché l'arme quand les gendarmes l'ont mis en joue".

"Il vit dans son propre monde, parallèle, qu'il a construit autour de ses propres croyances et illuminations", a insisté le conseil, faisant allusion au discours parfois mystique de son client qui se dit roi de Polynésie, plante sur la parcelle qu'il occupe des panneaux aux revendications incompréhensibles qui font sourire les automobilistes. "Il était dans un délire, il n'y avait pas d’intentionnalité. Vous allez condamner et envoyer en prison quelqu'un dont les médecins disent qu'il est incurable".

Le tribunal a finalement opté pour une peine de 6 mois de prison dont 5 mois avec sursis, avec mandat de dépôt pour la partie ferme de la condamnation, l'interdiction de détenir une arme et l'obligation de suivre des soins à la sortie. Les trois policiers municipaux et les trois gendarmes avaient chacun réclamé 50 000 francs de dommages et intérêts, le tribunal leur en a finalement accordé 10 000.

Rédigé par Raphaël Pierre le Jeudi 5 Janvier 2017 à 15:34 | Lu 7125 fois