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Le maçon jugé pour viol condamné à 13 ans ferme


Le couteau avec lequel l'accusé avait menacé la jeune femme.
Le couteau avec lequel l'accusé avait menacé la jeune femme.
Tahiti, le 14 novembre 2023 - Les jurés de la cour d'assises ont condamné mardi un maçon de 41 ans, qui était jugé pour le viol aggravé d'une jeune femme commis sous la menace d'un couteau. L'accusé, contre lequel l'avocat général avait requis 16 ans de prison, a finalement écopé de 13 ans de réclusion criminelle.
 
La cour d'assises a condamné mardi l'homme de 41 ans qui était jugé depuis deux jours pour avoir violé une jeune femme de 29 ans sous la menace d'un couteau et ce, après s'être introduit chez elle par effraction en août 2021 à Punaauia. Cet ancien maçon, père de deux enfants, a écopé de 13 ans de prison ferme.  
 
Plus tôt dans la journée, le conseil de la victime, Me Édouard Varrod, avait qualifié cette affaire d'un “peu particulière” alors même que la quasi-totalité des viols jugés en Polynésie sont commis dans le cadre intrafamilial. Alors que la justice a souvent affaire à des “viols d'opportunisme”, l'avocat a dénoncé une agression “réfléchie” et “préméditée” par un homme “attiré” par la victime qu'il avait “repérée”. Il est également revenu sur les sentiments de “terreur” et d'“effroi” ressentis par sa cliente lorsque cette dernière s'est réveillée seule dans sa chambre en présence d'un individu qui la menaçait avec une arme. 
 
Un “acte criminel circonstanciel”
 
Lors de ses réquisitions, l'avocat général a, lui aussi, insisté sur le fait que les actes commis par l'accusé étaient “prémédités”, une préméditation facilitée par le fait que le maçon avait bu et fumé du paka. “Quand on entre dans la chambre d'une femme de 29 ans en pleine nuit avec un couteau et qu'on la viole, cela revient à la considérer comme une chose dépourvue d'humanité, comme un objet”, a-t-il asséné avant de requérir la peine de 16 ans de prison ferme assortie d'une période de 12 ans de sûreté. 
 
Des réquisitions “incompréhensibles” et “disproportionnées” pour l'avocat de l'accusé, Me Leny Sinquin, qui a rappelé aux jurés que le droit pénal n'inclut pas la notion de préméditation en matière de viol. S'inscrivant dans une analyse strictement différente de celle de l'avocat général, Me Sinquin a essayé de démontrer lors de sa plaidoirie qu'il s'agissait au contraire d'un “acte criminel purement circonstanciel lié à une conjonction d'événements défavorables”. Il a ainsi rappelé qu'à l'époque des faits, la compagne de l'accusé venait de le quitter en emmenant leurs deux enfants et qu'il vivait quasiment dans la rue. L'avocat a surtout expliqué qu'il ressortait des éléments du dossier que son client avait eu une enfance marquée par l'extrême violence et l'alcoolisme de son père, pas une justification des faits mais une “pièce du puzzle” de la personnalité du quadragénaire que l'on ne peut pas “balayer d'un revers de manche”. 
 
Après en avoir délibéré durant trois heures, les jurés ont donc condamné l'accusé à 13 ans de prison ferme qui ont notamment été assortis d'une injonction de soins. 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 14 Novembre 2023 à 19:33 | Lu 1715 fois