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Le gouvernement à la relance



Tahiti, le 10 décembre 2020 - Trois mois après un premier plan de relance présenté début septembre en pleine campagne des sénatoriales, le gouvernement a présenté officiellement à l’assemblée une deuxième mouture. Revu quasiment de A à Z, ce nouveau plan, plus compact et limité dans le temps, doit encore être affiné avec les partenaires sociaux en vue d’une version finalisée et détaillée en janvier prochain. Son examen à l’APF a été bref.
 
Les crispations ressenties sur les temps de parole à l’assemblée se sont estompées. Lors d’un débat d’intérêt sur le plan de relance concocté par le gouvernement pour sauvegarder et réactiver la machine économique polynésienne, les échanges, cordiaux, ont tourné court. À peine trente minutes sur l’heure prévue ont ainsi été utilisées par les représentants de tout bord.
 
Moins de mesures mais plus ciblées
 
Début septembre, quelques jours avant de quitter le gouvernement, Teva Rohfristch avait présenté un plan regroupant près de 220 mesures à mettre en œuvre jusqu’en 2025. Arrivé aux affaires, son successeur a décidé de faire du passé table rase. Le nouveau ministre de l’Economie et des Finances, Yvonnick Raffin, a ainsi ciblé une cinquantaine de mesures à actionner d’ici 2023. Un plan qui peut apparaitre réduit dans sa portée et sa durée mais qui se veut "évolutif", en adaptation permanente. Raffin a ainsi évoqué de "nouvelles turbulences" à prévoir avec notamment les risques sur le surendettement mais également les restructurations possibles des entreprises générant des licenciements ou des fermetures. Et il faudra en tenir compte.
 
Les mesures, présentées en fiches et budgétées, comportent encore l’estampille "Provisoire". Ce plan "doit encore évoluer dans les semaines à venir" et faire l’objet de concertations avec les partenaires sociaux, très impatients sur le sujet, pour être finalisé "avant la fin du mois de janvier". Les grands axes sont cependant déjà matérialisés avec la volonté du gouvernement, déjà traduite dans le budget adoptée la semaine dernière, de sécuriser l’autonomie alimentaire de la Polynésie. Cette dernière doit notamment passer par d’importantes restructurations des filières agricoles, de la production à la commercialisation en passant par la transformation. Dans le secteur primaire encore, la perliculture, plus que moribonde, doit également voir la création d’une appellation d’origine contrôlée (AOC) ainsi que plusieurs actions environnementales en matière de gestion des déchets et de nettoyage des lagons. Le soutien au secteur de la pêche passe, quant à lui, notamment par un renforcement des aides et la réalisation souvent annoncée de la zone biomarine à Faratea. De nombreuses mesures sont ainsi des améliorations ou des extensions de dispositifs existants.
 
Un plan moins fantaisiste et "plus sincère"
 
Toujours en construction, ce document fait partie d’une stratégie de plus grande envergure, le ministre a ainsi indiqué qu’il devait être complété par un plan quinquennal de partenariat avec l’Etat, succédant au Contrat de projet 2014-2020 mais également un "plan de transformation économique à l’échelle de la décennie" sur lequel Raffin ne donnera aucun indice. Un plan 2021-2023 "ambitieux et nécessaire" selon Yvonnick Raffin qui a reçu un écho plutôt favorable de l’opposition. Nicole Sanquer a ainsi salué un plan "très réaliste et très pragmatique" et "plus sincère". Une façon de souligner indirectement le caractère fantaisiste du précédent. "Se projeter en 2025 serait malhonnête" selon la représentante de A here ia porinetia. Cette dernière a souhaité pouvoir être informée de l’état d’avancement de la mise en œuvre des mesures prévues.
 
Antony Geros, ministre de l’Economie et des Finances au moment de la crise économique de 2008-2009, a apprécié en quelque sorte en connaisseur. Surfant sur la problématique onusienne de la décolonisation et les propos de Raffin sur le tourisme, toujours moteur à redémarrer de l’économie polynésienne, le représentant Tavini a évoqué la possibilité de développer le tourisme mémoriel autour des essais nucléaires. Plus conciliant, il a aussi soutenu un plan de relance "qui a le mérite d’exister" et l’action annoncée du gouvernement dans la promotion du secteur primaire. Il s’est montré plus critique sur le soutien apporté aux entreprises. Pour Geros, "les moyens publics seront mobilisés en vain pour soutenir des entreprises dites zombies ou moribondes (…) et qui auraient de toute façon mis la clé sous la porte à notre grand désarroi". Pour illustrer son propos, l’élu polynésien basculera dans la mythologique grecque, citant un tonneau de Danaïdes "qui continuera à fuir autant qu’on le remplira".
 
PSG, qualifiée pour le prochain tour des réformes
 
Cette volonté de bien gérer les fonds publics devrait être utile dans les travaux à venir sur l’avenir de la PSG. Le plan de relance comprend en effet un axe visant à "garantir les équilibres des comptes sociaux". Une préoccupation majeure pour gouvernants et gouvernés, la crise économique et sanitaire mettant à mal les régimes de cotisation. Pour le ministre Yvonnick Raffin, "notre gestion actuelle de la Protection sociale généralisée, par régime et par branche, touche ses limites". La réforme de la PSG "s’impose naturellement et d’elle-même". Un constat partagé par Nicole Sanquer pour qui la crise actuelle contraint à cette réforme "absolument prioritaire". Un consensus qui va être utile au moment de matérialiser rapidement la remise à plat des régimes sociaux sur un sujet que le néo-ministre et ancien directeur de la CPS connait forcément sur le bout des ongles. Il est ainsi prévu une réforme "d'envergure" pour passer à une gestion par branche "en intégrant dans le financement une part de fiscalité pour assurer la pérennité des équilibres budgétaires et la reconstitution d'une réserve de l'assurance vieillesse, tout en allégeant le coût du travail". Un vaste chantier dont l’ouverture est prévue pour janvier 2021 avec les partenaires sociaux. La saison chaude au niveau climatique aura peut-être son pendant au niveau social.
 

Rédigé par Sébastien Petit le Jeudi 10 Décembre 2020 à 19:12 | Lu 1052 fois





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