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Le couvre-feu fait débat



Tahiti, le 19 octobre 2020 – Journée de consultation lundi à la résidence du haut-commissariat, avec le défilé des tāvana, des confessions religieuses et des partenaires sociaux autour des mesures sanitaires et notamment de l'éventualité de la mise en place d'un couvre-feu. Même si la réflexion sur cette dernière question ne semble pas beaucoup avoir évolué…
 
Comme annoncé la semaine dernière, le haut-commissaire Dominique Sorain, le président du Pays Édouard Fritch, le vice-président Tearii Alpha et le ministre de la Santé, Jacques Raynal, ont reçu lundi à la résidence du haussariat les tāvana des îles du Vent, les confessions religieuses, ainsi que les syndicats, officiellement pour décliner avec eux les adaptations des modalités d’application du dernier décret du Président de la République relatif aux mesures sanitaires. Mais également pour aborder le sujet épineux du couvre-feu, avec toute la difficulté pour les autorités de mesurer les conséquences économiques de cette décision sanitaire. Et le moins que l'on puisse dire est que cette mesure fait encore très largement débat. "Le président a fini par dire que pour l'instant, on n'en parlait pas", affirmait lundi soir un des participants de la dernière réunion de la journée avec les partenaires sociaux…
 
Les élus des communes dans l'attente
 
Ce sont les tāvana qui ont ouvert le bal et la majorité d'entre eux est plutôt favorable à la mise en place d'un couvre-feu au fenua. Le tāvana de Taiarapu Est, Anthony Jamet, affirme vouloir préserver la population : "On attend la réunion pour voir les différentes orientations en matière de précaution à prendre pour limiter la propagation de ce virus. Je pense qu'il n'y en a jamais assez. Il faut progresser et il faut à tout prix enrayer cette propagation qui semble exponentielle".
 
Peu d'élus des communes avaient pourtant un avis bien tranché sur la question de la mise en place d'un couvre-feu. La plupart était plus dans une position d'attente. Le tāvana de Papeete, Michel Buillard, est resté évasif : "On verra, on va discuter entre nous. On n'a rien décidé encore". Ceci alors même que la semaine dernière, Papeete était la seconde commune, après Faa'a, à avoir le nombre de cas Covid le plus élevé du fenua. Plus prolixe, le directeur général des services de la commune de Papeete, Rémi Brillant, ne voit pas d'inconvénient à la mise en place d'un couvre-feu, même s'il est conscient qu'économiquement cela ne va pas être facile pour certains et qu'il faut respecter "la liberté des personnes d'aller et venir".
 
Seul le tāvana de Punaauia, Simplicio Lissan, a très clairement affirmé son adhésion à la mise en place d'un couvre-feu : "je ne vois pas trop d'inconvénients (...). C'est pour éviter cette montée fulgurante et si on ne veut pas avoir des difficultés avec la gestion de l'hôpital, il va falloir prendre des mesures". Le premier magistrat de Punaauia explique que la tâche n'est pas facile pour ses services, notamment lorsqu'il y a des regroupements. Mais il souhaiterait lui aussi que cette mesure ne pénalise pas l'activité économique, notamment pour les restaurants et les roulottes. Il propose donc de "trouver la juste mesure". "Je serais tenté de dire 22 heures, cela permet au moins à l'activité économique de se tenir. Par contre le matin tenir compte de nos étudiants, de ceux qui descendent de la presqu'île et 4 heures du matin me semble une heure convenable".
 
Patronat et syndicats pas opposés
 
En début d'après-midi, ce sont les autorités religieuses qui ont été conviées à la résidence du haut-commissariat. Mais selon le président de l'Église protestante mā'ohi, François Pihaatae, le sujet du couvre-feu n'était pas vraiment au cœur des débats. "Nous n'avons pas tellement parlé de ce sujet là. Parce que ce n'est pas vraiment en cours". Le président de l'église évangélique explique que les autorités ont "évoqué un rappel des gestes barrières renforcés au niveau des obsèques ou des fêtes" et que le dispositif restait "tel quel pour les lieux de culte". Pour ce qui concerne l'éventualité d'un couvre-feu, François Pihaatae se dit plutôt opposé "à titre personnel" à une telle extrémité au fenua. "A moins que l'on ne parle que de certains districts, mais on ne peut pas faire un couvre-feu général pour l'ensemble de la Polynésie", explique-t-il, "ceux qui travaillent dans la restauration et dans les roulottes ont besoin de continuer à travailler".
 
Ce dernier argument était évidemment également partagé par les représentants du patronat, lors de la dernière rencontre de la journée avec les partenaires sociaux. Pour autant, le Medef comme la CPME ne sont visiblement pas braqués contre l'idée du couvre-feu. Ils estiment néanmoins qu'il est impératif de le fixer à partir de 22 heures et non 21 heures, pour permettre au secteur de l'hôtellerie-restauration d'avoir une chance de conserver un semblant d'activité. Côté syndicats de salariés, on est resté très frileux à l'issue de la réunion. Autant Mireille Duval, de la CSTP-FO, saluait "des échanges très riches", autant Lucie Tiffenat de Otahi disait ne rien attendre de cette rencontre.
 
Bref, une journée de consultations. Sans vraiment savoir si les choses ont avancées, ni dans quel sens…
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun et Antoine Samoyeau le Lundi 19 Octobre 2020 à 21:17 | Lu 3829 fois





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