Tahiti Infos

Le SNU ou la culture de l'engagement


Cette année, 56 jeunes participeront au programme du Service national  universel.
Cette année, 56 jeunes participeront au programme du Service national universel.
Tahiti, le 9 juillet 2024 - Ce mardi marquait l'ouverture de la 3e session du Service national universel (SNU) au lycée hôtelier de Tahiti. L'occasion pour 56 jeunes de 15 à 17 ans de découvrir les valeurs de la République française et de développer une culture de l'engagement afin de renforcer la cohésion sociale au sein de la société.
 
Promesse de campagne du président de la République, Emmanuel Macron, en 2017, le Service national universel répond à un constat indéniable sur l'ensemble du territoire français : la cohésion sociale et nationale se perd. Une rupture de confiance entre la population française et le modèle républicain consommée, notamment chez les jeunes citoyens. En cause, les distractions d'une société du divertissement en plein essor, matérialisées notamment par les “écrans”, mais aussi un contexte social irrité à l'exemple des récentes manifestations des gilets jaunes. Un problème qui devait être pris à bras-le-corps selon l'État et surtout, traité dans le fondement de la République, à savoir la jeunesse. D'où la création du SNU en 2019 par le Premier ministre de l'époque, Édouard Philippe. Sur le Fenua, il a fallu attendre 2022 pour voir ce dispositif mis en place.
 
Concrètement, le SNU, c'est quoi ? C'est un programme qui s'adresse à tous les jeunes de 15 à 17 ans dans le but de favoriser l'engagement dans la société. C'est un projet qui vise à faire vivre les valeurs de la République, renforcer la cohésion nationale et accompagner l'insertion sociale et professionnelle. À terme, l'objectif du dispositif sera de remplacer la Journée défense et citoyenneté (JDC). “Le rôle de ce dispositif est de permettre une meilleure appréhension de nos jeunes polynésiens quant à la société dans laquelle ils vivent et où ils auront un rôle à jouer”, déclare Christian Morhain, inspecteur au vice-rectorat et coordinateur du SNU pour l'État. “Ce programme se décompose en plusieurs phases dont la première correspond au séjour de cohésion, qui aura lieu ici même au lycée hôtelier durant deux semaines. Ils vivront ensemble, en cohésion, de jour comme de nuit. Puis ils auront des interventions ou des déplacements auprès des associations, des forces armées, de la sécurité civile, etc. Un planning très fourni. La session pour cette année compte 56 jeunes, scolarisés ou non. On essaie également de respecter au maximum la parité et la mixité sociale.”
 
Mission d’intérêt général
 
Suite à ce séjour de cohésion, les jeunes citoyens en herbe devront, durant l'année scolaire qui suit, effectuer une mission d'intérêt général de 84 heures auprès d'un service, d'une administration ou d'une association. Suite à quoi un certificat leur sera délivré. Puis, ces personnes pourront s'engager, si elles le désirent, dans les programmes d'engagement existants tels que le service civique ou les réserves. Ces engagements volontaires durent entre 3 mois et un an et concernent les jeunes ayant entre 16 et 25 ans.
 
Et ce mardi, à l'occasion de l'ouverture de la 3e session du SNU en Polynésie française, l'enthousiasme était au beau fixe du côté des familles de ces jeunes engagés : “Mon frère est un gentil garçon mais il est déconnecté de la réalité”, a confié Adrien, grand frère d'un jeune engagé et présent pour l'occasion. “Il est toujours sur son téléphone et ne veut rien faire. Là, durant le programme, ils n'auront pas droit au téléphone, ou très peu, ça va beaucoup le changer. Et puis surtout, ça va le faire sortir de la maison, le faire rencontrer des professionnels et pourquoi pas susciter une nouvelle vocation.”

Réactions :
Joshua Tchan, 16 ans
“L’envie de tenter l'aventure”
 
“Pour ma part, je connaissais déjà le SNU grâce à mon lycée de La Mennais. Nous avons déjà fait une petite visite pour voir ce qui nous attend durant ce programme. Je suis venu car j'ai vu des vidéos qui m'ont beaucoup plu où on voyait des jeunes venir ici, qui ne se connaissaient pas et qui au final sont repartis bons copains. Ça m'a donné envie de tenter l'aventure et de me faire de nouveaux amis. Il y a également le côté militaire qui est intéressant car cela va nous pousser à être autonomes.”
 
 
Teraiahimata Teipoarii, 15 ans
Ça va m'apprendre la discipline et le respect”
 
“Je suis ici pour apprendre et prendre du plaisir. J'aime le contact humain, social, c'est ce qui m'a poussé à venir ici. Et puis j'ai un papa pompier. C'est lui qui m'a conseillé de venir car ça va m'apprendre la discipline et le respect. Mon père n'est pas militaire mais chez les pompiers, il y a aussi ces notions de discipline et de droiture. C'est important et je pense que le SNU peut m'apprendre à développer ces qualités.”

Rédigé par Wendy Cowan le Mardi 9 Juillet 2024 à 15:45 | Lu 1379 fois