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Le Raymi mal en point


Tahiti, le 11 août 2026 - Immobilisé à Fare Ute depuis son arraisonnement en décembre 2024 après la découverte de 524 kilos de cocaïne à bord, le chalutier Raymi a récemment eu une voie d’eau. Des traces d’hydrocarbures ont été aperçues tout autour du bateau. Le Port autonome ne cache pas son inquiétude. Cela fait près de deux ans que l’on demande à l’État ce qu’on fait de ce bateau.” “Le bateau a pris l'eau et il faut éviter qu'il coule.” La réponse apportée serait que le navire est “en vente”.
 
La semaine dernière, le chalutier Raymi a pris l’eau, non pas parce qu’il était rempli de drogue mais tout simplement parce qu’il y avait une voie d’eau. On est allé pour aspirer l'eau et colmater la brèche, c'est tout ce qu'on a fait”, nous dit-on chez les pompiers de Papeete.
 
Le haut-commissariat assure que “l’intervention a été menée de manière coordonnée avec le Port autonome, la Marine nationale, l’Action de l’État en mer, les Affaires maritimes, les sapeurs-pompiers de Papeete et une entreprise privée”. L’objectif étant de “pomper l’eau, colmater la brèche et rétablir l’étanchéité du bâtiment”.
 
Rappelons qu’en décembre 2024, la Marine nationale avait arraisonné ce chalutier dans la zone économique exclusive (ZEE) de la Polynésie avec, à son bord, 524 kilos de cocaïne. Les quatorze membres d’équipage avaient été interpellés. Le chalutier, lui, avait été conduit jusqu’à Papeete où il se trouve toujours. Il est stationné à Fare Ute.
 
 “Éviter que le bateau ne coule”
 
D’après les pompiers, “la voie d’eau n’était pas énorme mais l'eau rentrait petit à petit à l'intérieur”. Selon nos informations, les opérations ont duré trois heures et le principal était surtout d’“éviter que le bateau ne coule car il prenait l’eau”.
 
De son côté, le Port autonome explique s’être rendu sur place “juste pour constater” et rappelle qu’il n’est pas responsable de la gestion de ce chalutier : “C’est l’État qui est en charge de ce bateau”. Il ajoute également que “personne n’a le droit de monter à bord, même nous du Port autonome, nous n’avons pas le droit de monter sur ce bateau”.
 
“Pour le moment, le bateau flotte encore et l’État a fait le nécessaire pour ne pas qu’il coule”, indique le Port autonome, qui insiste sur le fait que la sécurité du navire relève bien de la responsabilité de l’État. “Si le chalutier coule, ce sera de la faute de l’État car il n’a rien fait pour empêcher que ce bateau coule.”
 
On nous indique également que “cela fait près de deux ans que l’on demande à l’État ce qu’on fait de ce bateau et ce que l’État attend. On nous répond simplement que c’est en vente. Et c’est pour cela que ce sont eux qui sont intervenus” au travers notamment de la Marine nationale.
 
Tout de suite après le colmatage de la brèche, des barrages flottants ont été mis en place par le Port autonome pour contenir à l’intérieur de ceux-ci des traces énormes d’hydrocarbures.
 
Selon les services de l’État, “celles-ci ont immédiatement été circonscrites et contenues grâce au dispositif préventif déployé autour du navire. La situation environnementale a néanmoins nécessité une surveillance renforcée”.
 
“La procédure de déchéance de propriété a bien été engagée”
 
Sur le plan juridique, les services du haut-commissariat soulignent que “la procédure de déchéance de propriété a bien été engagée par les autorités compétentes”.
 
Ils rappellent également qu’en 2025, le Raymi a fait l’objet de “premières opérations de dépollution. Les orientations initiales seront réévaluées : au vu des récents événements techniques, l'ensemble des acteurs publics étudie actuellement la solution la plus adaptée et la plus sécurisante”.
 
Le haut-commissariat ajoute que pour l’heure, le Port autonome, les services de l’État et la commune travaillent de concert pour éviter tout “suraccident et garantir la sécurité environnementale du port”.
 
Mais avec ce nouvel incident, la question reste posée : combien de temps encore ce navire pourra-t-il rester à quai dans ces conditions avant que cela ne devienne un problème environnemental mais aussi de sécurité ?
 
Vaite Urarii Pambrun

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 11 Août 2026 à 20:48 | Lu 210 fois