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Le CHPF organise le tout premier colloque éthique


Simone Grand, Docteure en biologie et en anthropologie, est l'une des intervenantes de ce colloque éthique organisé pendant quatre jours au CHPF de Taaone. crédit photo SD
Simone Grand, Docteure en biologie et en anthropologie, est l'une des intervenantes de ce colloque éthique organisé pendant quatre jours au CHPF de Taaone. crédit photo SD
Tahiti, le 27 novembre 2023 – Le colloque éthique en Polynésie française a débuté ce lundi après-midi dans l'amphithéâtre du CHPF avec comme thème central, “l'interculturalité”. C'est le tout premier du genre et il rassemblera, pendant quatre jours, une dizaine d'intervenants, dont Simone Grand qui salue la démarche qui vise à vulgariser ce concept parfois un peu obscur.
 
 
C'est la toute première édition de ce colloque organisé par le comité éthique du Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF). Un comité assez jeune puisqu'il a été créé en 2018 seulement, et qui propose un espace de réflexion neutre, indépendante et respectueux au sein de l'établissement hospitalier.

“Le CHPF a initié la création de ce comité afin de traiter toutes les questions sur des notions d'éthique et de bientraitance envers les patients, et de rendre des avis sur lesquels on peut être sollicités”, explique Marc Pugibet, membre du comité d'éthique et responsable du service de l'action sociale et éducative au CHPF.

La crise Covid a évidemment été une “période charnière” en la matière, et ce sont principalement les services de soins qui font appel au comité : “La question éthique n'est pas un sujet qui est encore vraiment rentré dans les discussions, dans les mœurs de la société, d'où l'objet de ce colloque qui est d'informer et de sensibiliser les populations sur cette question.”
La question qui revient le plus souvent concerne “le consentement aux soins”, explique Marc Pugibet, sachant que ce sujet est délicat car le “patient est en droit de refuser ou d'accepter le traitement qui peut lui être proposé”. C'est toute une pédagogie à avoir et la riche et complexe rencontre entre la médecine traditionnelle et la médecine conventionnelle en est un exemple.
 
Une démarche qui “pose les bonnes questions”
 
C'est d'ailleurs l'un des thèmes qui sera abordé pendant ces quatre jours de colloque qui place “la multiculturalité sur tout échange éthique” au cœur des réflexions, des ateliers, café-philo, et autres tables rondes. Une dizaine d'intervenants, qu'ils soient docteurs en médecine, en anthropologie ou en psychologie, politologues, enseignants ou professeurs, infirmiers... un large panel de participants pour que l'éthique soit un outil de dialogue interculturel.

Une démarche qui “pose les bonnes questions” et qui, en ce sens, plaît beaucoup à Simone Grand, docteure en biologie et en anthropologie que l'on ne présente plus : “Aujourd'hui, je trouve que la démarche est raisonnable et elle peut aboutir à quelque chose. L'éthique c'est exiger de soi et essayer de comprendre le plus clairement possible la parole de l'autre. C'est une exigence mutuelle. À ce moment-là, on peut dialoguer. C'est une médiation, c'est-à-dire essayer de créer cet arc de compréhension entre des personnes qui ont du mal à se comprendre. Je ne suis pas sûre que ça marche, mais c'est la seule manière pour que ça marche”, a-t-elle confié à Tahiti Infos.

Ce colloque, gratuit et ouvert à tous, se tient jusqu'au jeudi 30 novembre au centre hospitalier du Taaone.
 

Rédigé par Stéphanie Delorme le Lundi 27 Novembre 2023 à 17:04 | Lu 1504 fois