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La violence pour “faire comprendre”


Tahiti, le 16 janvier 2024 - Un homme de 34 ans a été jugé par le tribunal correctionnel lundi pour répondre de violences commises sur ses trois enfants mineurs. L'individu, qui a expliqué à la barre qu'il frappait ses enfants pour les “corriger”, a été condamné à 36 mois de prison dont 18 avec sursis. 
 
Le tribunal correctionnel s'est penché lundi sur le cas d'un père de famille qui était poursuivi pour avoir frappé ses trois enfants mineurs durant un peu moins de deux ans. C'est à la suite d'un signalement émis par l'établissement scolaire dans lequel étaient scolarisés les jumeaux âgés de 14 ans et leur sœur aînée de 15 ans que les gendarmes s'étaient rendus au domicile familial en octobre dernier. Les forces de l'ordre avaient alors constaté que l'un des deux garçons avait le visage enflé. Il était ressorti de l'enquête que l'adolescent avait été frappé par son père qui lui avait donné des gifles puis un coup de poing sur la joue droite. Depuis qu'il avait récupéré ses enfants l'année dernière, l'homme avait pour habitude de les frapper. Lors de leur audition devant les gendarmes, les deux jumeaux avaient d'ailleurs expliqué qu'ils avaient déjà songé à se suicider pour échapper à la violence paternelle. 
 
Lors de sa comparution devant le tribunal correctionnel lundi, le prévenu e exprimé des regrets en expliquant cependant qu'il frappait ces enfants car ces derniers n'écoutaient pas toujours et qu'il fallait donc bien leur “faire comprendre”. Sa compagne est ensuite venue expliquer à la barre que son conjoint était certes violent avec leurs enfants mais aussi avec elle. La jeune femme a toutefois assuré qu'elle l'aimait et qu'elle souhaitait retirer sa plainte. 
 
Exercice de l'autorité
 
Au regard des explications du prévenu, l'avocat des mineurs, Me Teremoana Hellec, s'est dit très “inquiet” quant à la “mise en danger perpétuelle” de ses clients mineurs dont le père présente une “personnalité extrêmement angoissante”. Même constat pour le procureur de la République qui a rappelé lors de ses réquisitions que dans “certaines familles”, la violence est un “mode de communication et d'éducation”. “Il exerce cette violence de manière tyrannique sans aucune empathie”, a conclu le représentant du ministère public avant de requérir deux ans de prison dont un avec sursis. 
 
Pour tenter d'expliquer la violence du trentenaire, Me Sylvain Fromaigeat a quant à lui rappelé que son client avait été lui-même élevé dans la violence. “Il vit dans l'erreur en pensant que cette violence, un mode d'exercice de l'autorité pour lui, est efficace et utile. De manière singulière, il pense les protéger en agissant ainsi.” Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le père de famille à 36 mois de prison dont 18 avec sursis et au retrait de l'exercice de l'autorité parentale. 

 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 16 Janvier 2024 à 08:27 | Lu 2777 fois