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La nouvelle Agence pour la biodiversité: quelles missions? quels moyens?



PARIS, 26 mars 2014 (AFP) - Présentée ce mercredi en conseil des ministres, une nouvelle Agence française pour la biodiversité doit voir le jour l'an prochain pour mieux protéger les espèces animales et végétales. Avec quelles missions? Et surtout quels moyens?

QUESTION: Pourquoi une Agence pour la biodiversité?

REPONSE: Evoquée depuis 2007, la création de cette agence a été promise en septembre 2012 par François Hollande lors de la première conférence environnementale. Le chef de l'Etat avait décrit une agence pour "venir en appui des collectivités locales, des entreprises, comme des associations" dans le domaine de la protection de la nature sur le modèle de ce que fait l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) pour l'énergie et les déchets.

"L'enjeu n'est pas seulement de protéger la biodiversité remarquable, mais aussi la biodiversité dite ordinaire, au nom des services qu'elle rend", explique Christophe Aubel, directeur de l'association Humanité et Biodiversité. "Il faut une agence pour accompagner les acteurs, mais aussi financer des projets et sensibiliser le grand public", ajoute-t-il.

Le ministère de l'Ecologie fait valoir que des structures similaires existent en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. L'agence française, opérationnelle en 2015, aura pour missions principales: appui technique et financier, gestion des parcs naturels marins et police de l'eau, action internationale, recherche et communication.

Q: La biodiversité est-elle menacée en France?

R: La France n'est "pas épargnée" par l'érosion galopante des espèces que connaît la planète, souligne Sébastien Moncorps, directeur France de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Selon les espèces, entre 10 et 30% des effectifs sont classés en catégories d'espèces menacées.

En cause: la disparition à grande vitesse des milieux naturels, la propagation d'espèces exotiques envahissantes, notamment en outremer, les pollutions (nitrates notamment), mais aussi le changement climatique.

La France, dans le cadre d'engagements internationaux pris en 2010, vise la restauration de 15% de ses écosystèmes dégradés d'ici 2020.

Q: Comment sera composée la nouvelle agence?

R: Elle regroupera l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), l'Etablissement public des parcs nationaux, l'Agence des aires marines protégées et l'Atelier technique des espaces naturels. Elle réunira 1.200 agents et devrait être dotée d'un budget d'environ 220 millions d'euros.

"Le choix fait a été, plutôt que de recréer ex-nihilo, de regrouper des opérateurs existants. C'est assez logique sauf qu'il y a une grosse incongruité: c'est d'avoir laissé en dehors l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)", un organisme spécialisé sur l'étude de la faune sauvage mais aussi le contrôle de la chasse, regrette Christophe Aubel, qui voit dans cette absence une volonté de ne pas braquer les chasseurs.

"Théoriquement, cette agence doit recouvrir toute la biodiversité, aquatique, marine comme terrestre, mais il y a une impression de déséquilibre", ajoute-t-il.

Le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin justifie l'absence de l'ONCFS, comme celle de l'Office national des forêts (ONF), par le fait que ces opérateurs ont des missions qui "vont au-delà de ce qu'est la vocation de l'Agence pour la biodiversité". Pour autant, il juge "nécessaire" une "collaboration étroite" entre ces organismes et la nouvelle agence sur les sujets biodiversité.

Q: Avec quels moyens?

L'UICN ne cache pas "une vraie interrogation sur la valeur ajoutée" du nouvel organisme par rapport à ce que font déjà les différents opérateurs. "Cette valeur ajoutée sera évidemment fonction des financements", ajoute M. Moncorps. Même inquiétude du côté de Humanité et Biodiversité sur les "moyens humains et financiers" qui vont être mis sur la table pour assurer les "missions nouvelles" assignées à l'agence.

Le budget prévu - 220 M EUR - correspond à l'addition des budgets des opérateurs inclus. Mais le ministère de l'Ecologie compte aussi sur des crédits issus du programme d'investissements d'avenir. L'agence disposera d'un budget lui offrant une "capacité de conseil" mais aussi de "soutien à des projets", assure le ministre Philippe Martin.

Rédigé par Par Anthony LUCAS le Mercredi 26 Mars 2014 à 06:21 | Lu 315 fois





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