Tahiti, le 22 avril 2026 - Avant même le débat sur les textes de fond, la température devrait monter dès l’ouverture de la séance de jeudi à Tarahoi. Les questions orales serviront de mise en bouche politique, avec un sujet explosif en première ligne : la réforme du RNS, désormais visée par une proposition de loi commune portée par Ahip, le Tapura et des élus du Tavini “canal historique”, visant son abrogation. En parallèle, le président Moetai Brotherson a annoncé la tenue d’une réunion publique ce samedi pour tenter de convaincre sur sa réforme.
Ce jeudi à Tarahoi, les questions orales devraient prendre des allures de bras de fer politique dans le contexte d’un gouvernement fragilisé, privé de majorité et confronté à une contestation qui s’organise. Et parmi les sept questions orales inscrites à l’ordre du jour, la fameuse réforme du régime des non-salariés (RNS) s’invite à nouveau dans l’hémicycle.
C’est Pascale Haiti-Flosse (Tapura) qui portera l’offensive en dénonçant une réforme qui “devait être sociale” mais qui est “devenue brutale”, qui “devait protéger” mais qui “pénalise”. Sur le terrain, l’élue évoque une accumulation de dysfonctionnements : “des retraités convoqués à tort”, “des travailleurs modestes contraints de cotiser sans réels revenus” ou encore “une CPS débordée et une administration dépassée”, martelant que ce dispositif n’est qu’“un impôt déguisé, incompréhensible et injuste”. Des critiques loin d’être isolées, Pascale Haiti-Flosse rappelant que la CPME mais aussi les experts-comptables y sont “fortement opposés”.
L’élue du Tapura n’y va donc pas par quatre chemins et demande tout simplement au “gouvernement et sa désormais minorité” s’ils comptent “camper sur leur position” ou au contraire “se plier à la volonté de la majorité de notre assemblée”.
Car cette question intervient alors que les initiatives se multiplient pour tenter de stopper la réforme. Outre les recours déposés au Conseil d’État – qui n’a pas encore rendu de décision – Ahip et le Tapura ont, ces derniers jours, chacun déposé une proposition de loi visant à suspendre temporairement cette réforme. Mais ce mercredi, le Tapura a finalement annoncé le retrait de son texte pour “s’associer à une proposition de loi commune” qui va plus loin en visant cette fois à tout bonnement “abroger la réforme du RNS”, évoquant une “convergence large” entre plusieurs groupes, autrement dit avec les élus Ahip et Tavini “canal historique”.
Une pression politique majoritaire
La question qui sera posée ce jeudi en séance ne vise donc plus seulement à obtenir des explications, mais à contraindre l’exécutif à se positionner face à une pression devenue majoritaire. Dans ce contexte, maintenir le dispositif en l’état reviendrait à assumer un passage en force politiquement risqué. À l’inverse, accepter une suspension, ou plutôt une abrogation, serait reconnaître un recul majeur sur l’un des seuls textes structurants du début de mandature. Entre ces deux options, c’est bien la capacité du gouvernement à tenir sa ligne – ou à composer avec une nouvelle majorité de circonstance – qui sera observée.
D’autant que parallèlement, le Tavini tenait une conférence de presse ce mercredi pour annoncer la “radiation” du parti des 15 élus dissidents qui ont constitué leur propre groupe A Fano ti’a. Une première étape visant à afficher leur soutien au président du Pays avant de transformer l’essai en créant un nouveau parti.
En quelques semaines, le RNS a changé de statut. D’outil présenté comme technique et nécessaire à l’équilibre du système, il est devenu un marqueur politique. Parce qu’il touche directement les travailleurs indépendants et les plus modestes. Parce qu’il cristallise des oppositions bien au-delà des clivages traditionnels. Et surtout, parce qu’il intervient dans un moment de bascule institutionnelle, où chaque dossier devient un test de solidité pour l’exécutif.
La réponse apportée ce jeudi ne tranchera sans doute pas à elle seule le sort de la réforme. Mais elle donnera une indication claire sur la stratégie choisie par l’exécutif face à une contestation qui, désormais, s’organise et se structure. Dans le même temps, le président Moetai Brotherson a annoncé sur les réseaux la tenue d’une réunion publique ce samedi à la présidence, ouverte aux citoyens et retransmise en ligne, afin de répondre directement aux interrogations et critiques autour de la réforme. Une manière pour l’exécutif de reprendre la main alors même que le rapport de force politique, lui, semble de plus en plus lui échapper.
Ce jeudi à Tarahoi, les questions orales devraient prendre des allures de bras de fer politique dans le contexte d’un gouvernement fragilisé, privé de majorité et confronté à une contestation qui s’organise. Et parmi les sept questions orales inscrites à l’ordre du jour, la fameuse réforme du régime des non-salariés (RNS) s’invite à nouveau dans l’hémicycle.
C’est Pascale Haiti-Flosse (Tapura) qui portera l’offensive en dénonçant une réforme qui “devait être sociale” mais qui est “devenue brutale”, qui “devait protéger” mais qui “pénalise”. Sur le terrain, l’élue évoque une accumulation de dysfonctionnements : “des retraités convoqués à tort”, “des travailleurs modestes contraints de cotiser sans réels revenus” ou encore “une CPS débordée et une administration dépassée”, martelant que ce dispositif n’est qu’“un impôt déguisé, incompréhensible et injuste”. Des critiques loin d’être isolées, Pascale Haiti-Flosse rappelant que la CPME mais aussi les experts-comptables y sont “fortement opposés”.
L’élue du Tapura n’y va donc pas par quatre chemins et demande tout simplement au “gouvernement et sa désormais minorité” s’ils comptent “camper sur leur position” ou au contraire “se plier à la volonté de la majorité de notre assemblée”.
Car cette question intervient alors que les initiatives se multiplient pour tenter de stopper la réforme. Outre les recours déposés au Conseil d’État – qui n’a pas encore rendu de décision – Ahip et le Tapura ont, ces derniers jours, chacun déposé une proposition de loi visant à suspendre temporairement cette réforme. Mais ce mercredi, le Tapura a finalement annoncé le retrait de son texte pour “s’associer à une proposition de loi commune” qui va plus loin en visant cette fois à tout bonnement “abroger la réforme du RNS”, évoquant une “convergence large” entre plusieurs groupes, autrement dit avec les élus Ahip et Tavini “canal historique”.
Une pression politique majoritaire
La question qui sera posée ce jeudi en séance ne vise donc plus seulement à obtenir des explications, mais à contraindre l’exécutif à se positionner face à une pression devenue majoritaire. Dans ce contexte, maintenir le dispositif en l’état reviendrait à assumer un passage en force politiquement risqué. À l’inverse, accepter une suspension, ou plutôt une abrogation, serait reconnaître un recul majeur sur l’un des seuls textes structurants du début de mandature. Entre ces deux options, c’est bien la capacité du gouvernement à tenir sa ligne – ou à composer avec une nouvelle majorité de circonstance – qui sera observée.
D’autant que parallèlement, le Tavini tenait une conférence de presse ce mercredi pour annoncer la “radiation” du parti des 15 élus dissidents qui ont constitué leur propre groupe A Fano ti’a. Une première étape visant à afficher leur soutien au président du Pays avant de transformer l’essai en créant un nouveau parti.
En quelques semaines, le RNS a changé de statut. D’outil présenté comme technique et nécessaire à l’équilibre du système, il est devenu un marqueur politique. Parce qu’il touche directement les travailleurs indépendants et les plus modestes. Parce qu’il cristallise des oppositions bien au-delà des clivages traditionnels. Et surtout, parce qu’il intervient dans un moment de bascule institutionnelle, où chaque dossier devient un test de solidité pour l’exécutif.
La réponse apportée ce jeudi ne tranchera sans doute pas à elle seule le sort de la réforme. Mais elle donnera une indication claire sur la stratégie choisie par l’exécutif face à une contestation qui, désormais, s’organise et se structure. Dans le même temps, le président Moetai Brotherson a annoncé sur les réseaux la tenue d’une réunion publique ce samedi à la présidence, ouverte aux citoyens et retransmise en ligne, afin de répondre directement aux interrogations et critiques autour de la réforme. Une manière pour l’exécutif de reprendre la main alors même que le rapport de force politique, lui, semble de plus en plus lui échapper.
Au-delà du RNS, des réalités très concrètes
Si la réforme du RNS devrait concentrer l’attention, les autres questions inscrites à l’ordre du jour ramènent aussi le débat à des préoccupations très concrètes, au cœur du quotidien des Polynésiens.
Eau aux Tuamotu : une urgence silencieuse
Dans les atolls, “l’eau ne coule pas du robinet”. Odette Homai rappellera cette réalité implacable, où les familles vivent encore au rythme des pluies et des capacités de stockage. Derrière l’image, une attente forte : celle de la mise en œuvre effective du dispositif d’aide aux citernes, annoncé mais toujours très attendu sur le terrain.
Port de Papeete : des limites atteintes
Face à la croissance du trafic maritime, la question des infrastructures portuaires revient sur la table. Teave Boudouani-Chaumette interrogera la stratégie du Pays, entre contraintes physiques, saturation progressive et réflexion sur des extensions ou alternatives à plus long terme.
Jeux du Pacifique 2027 : qui en bénéficiera vraiment ?
À dix-huit mois de l’événement, Teremuura Kohumoetini Rurua posera une question sensible : celle de la place réelle des compétences locales. Derrière l’organisation des Jeux, c’est l’enjeu des retombées économiques et de la valorisation des savoir-faire polynésiens qui est posé.
Passe de Papeete : développement contre environnement ?
Le projet de creusement de la passe soulève des inquiétudes croissantes. L’élue Tavini Teremuura Kohumoetini Rurua pointera également les limites de l’étude d’impact et interrogera la capacité réelle à compenser les atteintes à un écosystème marin fragile.
Gratuité de la cantine scolaire : “affichage ou réalité sociale” ?
Lana Tetuanui interrogera le gouvernement sur la gratuité de la cantine scolaire : “affichage ou réalité sociale” ?
Australes : l’égalité territoriale en question
Enfin, Bruno Flores mettra en lumière les écarts persistants dans la desserte aérienne des Australes : tarifs, fréquences, bagages… Autant de disparités qui alimentent un sentiment d’injustice entre îles d’un même archipel, à l’approche du renouvellement de la délégation de service public.
Si la réforme du RNS devrait concentrer l’attention, les autres questions inscrites à l’ordre du jour ramènent aussi le débat à des préoccupations très concrètes, au cœur du quotidien des Polynésiens.
Eau aux Tuamotu : une urgence silencieuse
Dans les atolls, “l’eau ne coule pas du robinet”. Odette Homai rappellera cette réalité implacable, où les familles vivent encore au rythme des pluies et des capacités de stockage. Derrière l’image, une attente forte : celle de la mise en œuvre effective du dispositif d’aide aux citernes, annoncé mais toujours très attendu sur le terrain.
Port de Papeete : des limites atteintes
Face à la croissance du trafic maritime, la question des infrastructures portuaires revient sur la table. Teave Boudouani-Chaumette interrogera la stratégie du Pays, entre contraintes physiques, saturation progressive et réflexion sur des extensions ou alternatives à plus long terme.
Jeux du Pacifique 2027 : qui en bénéficiera vraiment ?
À dix-huit mois de l’événement, Teremuura Kohumoetini Rurua posera une question sensible : celle de la place réelle des compétences locales. Derrière l’organisation des Jeux, c’est l’enjeu des retombées économiques et de la valorisation des savoir-faire polynésiens qui est posé.
Passe de Papeete : développement contre environnement ?
Le projet de creusement de la passe soulève des inquiétudes croissantes. L’élue Tavini Teremuura Kohumoetini Rurua pointera également les limites de l’étude d’impact et interrogera la capacité réelle à compenser les atteintes à un écosystème marin fragile.
Gratuité de la cantine scolaire : “affichage ou réalité sociale” ?
Lana Tetuanui interrogera le gouvernement sur la gratuité de la cantine scolaire : “affichage ou réalité sociale” ?
Australes : l’égalité territoriale en question
Enfin, Bruno Flores mettra en lumière les écarts persistants dans la desserte aérienne des Australes : tarifs, fréquences, bagages… Autant de disparités qui alimentent un sentiment d’injustice entre îles d’un même archipel, à l’approche du renouvellement de la délégation de service public.




























