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La mobilisation débute timidement


Tahiti, le 24 novembre 2021 – La grève générale annoncée par l'intersyndicale CSTP-FO, CSIP, O oe to oe Rima et Otahi a débuté mercredi matin dans les principaux “bastions” syndicaux à Tahiti et notamment à Raiatea dans les îles. Une mobilisation timide et des piquets de grève présents mais peu fournis, pour un mouvement social que les syndicats de salariés annoncent “progressif”.
 
La nuit a été courte entre l'échec des négociations mardi soir un peu après minuit et le début de la grève générale mercredi matin. L'intersyndicale CSTP-FO, CSIP, O oe to oe Rima et Otahi a mis sa menace à exécution et plusieurs piquets de grève ont été installés tout au long de la journée de mercredi. Des débrayages dans les principaux “bastions” syndicaux habituels. Un piquet installé devant le siège de l'OPT, à l'aéroport, au Port autonome, dans certaines sociétés privées comme EDT ou Gazpac… Mais globalement des mobilisations qui sont restées assez timides pour ce premier jour de grève.
 
Non signataire du préavis, l'éducation n'était quasiment pas touchée mercredi, pas plus que la plupart des services du Pays ou encore de l'hôtellerie peu touchée par la mobilisation. On dénombrait mercredi matin notamment 40 grévistes à la CPS, 30 chez Aéroport de Tahiti, et une mobilisation plus conséquente à l'OPT et dans ses filiales avec près de 40% de grévistes chez Vini Distribution, 30% chez Fare Rata, 19 bureaux de poste fermés ou encore un peu plus de 20% de grévistes chez Onati et 10% dans la maison mère OPT. Un mouvement de grève suivi également par les pompiers de l'aviation civile qui a provoqué l'annulation de tous les vols vers et depuis Raiatea dès mercredi…
 
“On ne l'a pas trompé, il s'est trompé”
 
Les principaux leaders syndicaux ont passé la journée à tourner auprès de leurs adhérents et délégués. Mercredi soir, la plupart d'entre eux se sont retrouvés au parc Paofai. L'occasion d'un premier bilan de cette journée. Une mobilisation qui sera “progressive” assurent les syndicats pour garder quelques cartouches en main, promettant de possibles “barrages filtrants” dès cette nuit. L'occasion également de revenir sur les déclarations du président Édouard Fritch, un peu plus tôt dans la journée, accusant les syndicats de l'avoir “trompé” en ayant eu en tête depuis le départ de partir en grève. “Arriver à une grève c'est toujours un échec. S'il pense qu'il a été trompé, ce n'est pas ce qu'on souhaitait”, s'est défendu le leader de la première confédération syndicale du fenua, Patrick Galenon. “Je pense qu'il n'a pas bien compris ce qu'on lui a dit. (…) On ne l'a pas trompé, il s'est trompé lui-même.”
 
Pour le secrétaire général de la CSTP-FO, Édouard Fritch a “manqué de perception” en ne comprenant pas que la réforme de la gouvernance de la CPS et l'obligation vaccinale étaient aussi importantes pour l'intersyndicale. “Nous avons achoppé sur la PSG. J'y tiens beaucoup. Il n'a pas compris que c'était un point bloquant pour nous. Il a pensé qu'il pouvait espérer nous satisfaire sur les autres points et pas sur ce point précis. (…) Ils n'ont pas perçu que la PSG était pour nous capitale. Et que la loi sur l'obligation vaccinale était pour nous importante.” Réfutant également avoir manqué de propositions, Patrick Galenon affirme au contraire ne pas avoir été “entendu”.
 
“J'espère être invité le plus rapidement possible”, a lancé le leader de la CSTP-FO, en réponse au président du Pays qui renvoyait aux syndicats la responsabilité de revenir à la table des négociations. “J'attends qu'ils me réinvitent.”
 
 


Rédigé par Vaite Urarii Pambrun et Antoine Samoyeau le Mercredi 24 Novembre 2021 à 22:55 | Lu 2208 fois