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La marina de Teahupo’o, un autre chantier compliqué


Pour des raisons géotechniques, la longueur du ponton principal est passée de 80 à 40 mètres (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Pour des raisons géotechniques, la longueur du ponton principal est passée de 80 à 40 mètres (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 5 avril 2024 - Plus d’un an après le lancement des travaux, et à moins de quatre mois des épreuves de surf des Jeux olympiques de Paris 2024, où en sont les travaux de réhabilitation de la marina de Teahupo’o ? Les principaux freins actuels sont d’ordre géotechniques, nécessitant de revoir à la baisse la longueur du ponton principal. Pour le Pays, l’objectif affiché est toujours d’être “dans les temps pour les JO”.
 
Site stratégique pour les compétitions, mais aussi pour les pêcheurs, les prestataires nautiques et les résidents du Fenua ‘Aihere, la marina de Teahupo’o est en chantier depuis février 2023. Entre les monticules de sable, les engins et les ouvriers qui s’activent, la mise en service n’est visiblement pas pour demain.
 
Si la fin contractuelle des travaux est fixée au mois de mai, le temps presse avec deux échéances de taille : la Tahiti Pro de la World Surf League (WSL) en guise de test event, fin mai, et les épreuves de surf de Paris 2024, fin juillet.
 

“On espère être dans les temps pour les JO”

“On a pris un peu de retard, mais on espère être dans les temps pour les JO”, indique Matthieu Peretti, chef de l’arrondissement maritime de la Direction de l’Équipement (DEQ), interrogé en marge d’une réunion de chantier, vendredi matin. Concernant la Tahiti Pro, la réponse est plus tranchée : “Les besoins se réduisent à quelques bateaux, donc la marina pourra tout à fait être utilisée.”
 
Les principaux freins actuels sont d’ordre géotechnique. Outre le môle, côté quai, visant à protéger l’intérieur de la marina, la reconstruction du ponton principal donne du fil à retordre aux ingénieurs et aux ouvriers. En cause : “Un sol très hétérogène, des passages vaseux et des terrains qui manquent de cohésion, malgré des essais qui n’étaient pas si catastrophiques à l’origine.”
 

Un ponton plus court que prévu

Côté quai.
Côté quai.
Pour avancer, le Pays a dû revoir ses ambitions à la baisse : le nouveau ponton ne mesurera pas 80 mètres de long comme prévu dans le projet initial, mais 40 mètres. “Suite à la réalisation de la totalité des pieux, malgré les études géotechniques, on s’est aperçu qu’il y avait un défaut de portance lors des essais. Il a été fait le choix de rallonger, quasiment doubler les longueurs de pieux jusqu’à presque 20 mètres de fiche dans le sol, mais on a été contraint de réduire de moitié la longueur de l’appontement”, explique le référent.
 
Par conséquent, les emplacements pour les bateaux seront moins nombreux. Une quarantaine de places sont désormais annoncées, un chiffre malgré tout supérieur à ce qui était possible auparavant.
 

Les futurs usagers dans l’attente

Seuls admis sur site durant les travaux, les pêcheurs composent avec le chantier, dont ils attendent l’issue avec impatience. “On est contents que ces travaux soient faits. Je pense que sans les JO, ça n’aurait pas été le cas. Il faut voir le bon côté des choses”, confie Melvina Parker, présidente de la coopérative des pêcheurs de Teahupo’o.
 
Plusieurs questions restent toutefois en suspens. “On est un peu dans le flou concernant la date de fin des travaux et quand on pourra y retourner. Et on ne sait pas encore s’il y aura une augmentation des frais de stationnement des bateaux”, s’inquiète Maima Tehuritaua, en tant que prestataire nautique. Selon la commune de Taiarapu-Ouest, les modalités de gestion de la marina à l’issue des Jeux olympiques ne sont pas encore définies.
 

Côté remblai.
Côté remblai.

Des aménagements à 490 millions

Le montant total des travaux, hors maîtrise d’œuvre, s’élève à 490 millions de francs. En plus des aménagements déjà évoqués, un enrochement et un remblai de plus de 4 000 m2 ont été réalisés à l’entrée de la marina. Ce nouveau terre-plein pourra notamment servir de parking. Pour cet ouvrage, selon la Direction de l’Équipement (DEQ), 7 700 m3 de matériaux ont été dragués dans le lagon, de l’autre côté de la route. “Il y a eu une étude d’impact environnemental et tout a été fait en fonction”, précise Matthieu Peretti. Cette étape a d’ailleurs nécessité le déplacement de coraux.
 
Les enrobés sont en cours de réalisation. Les fondations pour l’implantation des deux cuves de gasoil et d’essence sont terminées. En attendant, une cuve provisoire a été installée face au quai. La rénovation des sanitaires a finalement été intégrée au projet. Suite à un appel d’offres infructueux, les travaux sont réalisés en régie par l’arrondissement bâtiment de la DEQ. Une fresque viendra ornementer le bloc en concertation avec la commune.
 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Samedi 6 Avril 2024 à 09:54 | Lu 4862 fois