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La loi qui interdit les photos de baleines, vini, tiare...



Photo : Mata Tohora
Photo : Mata Tohora
Papeete, le 20 septembre 2019 - Vous ne le saviez sûrement pas, mais prendre une photo d'une baleine, d'une raie manta, d'un pétrel de Tahiti ou encore d'un tiare ʻapetahi est interdit et peut se révéler dangereux. Le code de l'environnement polynésien prévoit deux ans d'emprisonnement et une amende de 17,8 millions de Fcfp pour les auteurs.

Envie d'un selfie avec un baleineau, un requin ou un crabe de cocotier pour booster vos nombres de "like" sur votre compte Instagram ou Facebook ? L'idée est clairement très mauvaise et pourrait même vous coûter très, très cher. En effet, selon le nouveau code de l'environnement polynésien, rentré en vigueur en 2018, les prises de vues des espèces menacées et protégées des catégories A et B et leurs diffusions sont passibles de deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 17,8 millions francs.

Et parmi les espèces répertoriées dans la liste des espèces protégées ou menacées par le code de l'environnement polynésien, on compte toutes les espèces de baleines, de requins, de dauphins, de nombreuses variétés de pétrels, de tiare et même la raie manta...

Ces mesures sont prises dans le but de protéger la faune et la flore comme le précise Fanny Martre, de la Direction de l'environnement : "Par principe, le statut des espèces animales ou végétales protégées par le code de l’environnement de la Polynésie française prévoit l’interdiction en tout temps et en tout lieu", indique Fanny Martre, de la Direction de l'environnement.

Pour éviter "les abus"

Quid donc des photos d'une baleine et de son baleineau nageant dans le port de Papeete ? Pas tout à fait en réalité. Pour le selfie, assurément ! Pour la photo lambda, prise par un touriste ou un habitant, il peut en être autrement.

Si cette nouvelle législation prévoit bien une sanction, qui peut paraître de prime abord très lourde, avec un maximum de deux ans d'emprisonnement et près de 18 millions de Fcpf, elle a surtout été faite, selon Fanny Martre, pour "éviter les abus". "Ce code a été mis en place pour donner un cadre stricte et pour protéger les espèces. Après, dans les faits, on va intervenir lorsque les personnes ne respectent pas la faune ou la flore, quand elles ont une attitude non respectueuse. Si une personne va cueillir un tiare ʻapetahi pour la prendre en photo, alors que c'est une espèce en voie de disparition, on ne va pas laisser faire. Pareil pour une personne qui va se prendre en photo en ne respectant pas un dauphin par exemple (…). Les abus sont systématiquement poursuivis devant les tribunaux", insiste-t-elle. Les selfies postés sur les réseaux sociaux ou ailleurs avec un tiare ʻapetahi, posé sur l'oreille risquent donc bien d'attirer les foudres de la Direction de l'environnement.

" Par contre, si une personne prend une photo dans le respect de la faune et de la flore, de son environnement…, et ne les perturbe pas, alors c'est possible", modère Fanny Martre, pour qui tout est donc question de mesure, de respect et de bon sens.

Des dérogations possibles

Du côté des professionnels ou amateurs, photographes, botanistes, moniteurs de plongée ou sociétaires de whale watching, ce nouveau code de l'environnement est loin de faire l'unanimité et suscite pas mal de malentendus, voire de tensions. Pour pallier cela, des dérogations peuvent être demandées.

"Des dérogations à ce principe général de protection des espèces protégées sont possibles, sous réserve d’obtenir une autorisation délivrée par le président de la Polynésie française. Pour les photographes appelés à commercialiser leurs photographies, il est fortement conseillé de solliciter une autorisation. Pour les 'personnes lambdas', qui ont la chance de rencontrer des espèces protégées en Polynésie française, sans objectif commercial, il est recommandé d’apprécier cette rencontre et de respecter les espèces protégées en cas de prise de photos, c’est à dire ne pas les perturber", insiste l'agent de la Diren.

Beaucoup de paperasses administratives

"C'est très compliqué, on ne sait pas ce que l'on a le droit de faire ou pas, si on est dans l'inégalité", indique un employé d'un club de plongée qui préfère rester anonyme. "J'ai obtenu l'autorisation, mais c'est très vraiment contraignant, il faut tout noter, les heures de prises de vues, l'endroit… et cela à chaque sortie. C'est très mal adapté à la réalité locale et très difficile à appliquer. Cela fait vraiment beaucoup de paperasses administratives", se plaint un bénévole d'une association de faune locale. "Moi, je n'ai pas demandé l'autorisation, je ne sais pas ce que je risque", avoue un photographe qui se trouve ainsi dans l'illégalité.

Tous ces professionnels ou bénévoles d'association devront continuer à prendre leur mal en patience, car la Diren ne compte pas alléger ou simplifier le code de l'environnement et les obligations administratives inhérentes aux dérogations.

"Tous les pays touristiques sont en train de prendre des mesures d’encadrement des interactions avec les animaux pour empêcher leur perturbation. La Nouvelle-Zélande vient dernièrement d’interdire la nage avec les dauphins, cela risque d’inspirer la Polynésie", précise Fanny Martre.

Rédigé par Pauline Stasi le Vendredi 20 Septembre 2019 à 17:21 | Lu 19360 fois

Tags : DIREN





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