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La jeunesse de Moorea au cœur de l'Europe


Moorea, le 16 octobre 2022 - Une vingtaine d’acteurs européens dans la jeunesse participent jusqu’à mardi à Pihaena, sur l'île de Moorea, à la formation Map Mo’real Youth financée par Erasmus+. L’idée, pour l’association organisatrice Resopa, est d’augmenter les compétences de ces acteurs dans le domaine de l’inclusion notamment, de créer des échanges entre les acteurs européens et locaux ainsi que de faire connaître la culture et les spécificités polynésiennes.

L’association Resopa, en partenariat avec l’association Pun Reo Piha’e’ina, organise du 13 au 18 octobre la formation Map Mo’real Youth, financée par Erasmus+, sur le site Pererau à Pihaena. Une formation à laquelle participent 24 chargés de projet dans le domaine de la jeunesse dans différents pays d'Europe qui travaillent sur la participation des citoyens dans le développement local.
 
Ce projet vise “à former des chefs de projet des territoires isolés sur la manière d’inclure et encourager leurs jeunes à agir dans le développement communautaire et finalement, de contribuer à la résilience territoriale par le biais d’initiatives menées par des jeunes et centrées sur la protection écologique, le développement communautaire ainsi que le bien-être socio-économique du territoire”, explique le chargé de projet de l’association Resopa, Gilles Essuman.
 
Le but est également de promouvoir les opportunités qu'offre le programme Erasmus+, sous-exploité au fenua. “C’est une formation pour travailler avec les animateurs de jeunesse et les responsables associatifs sur comment développer des projets dans les territoires comme la Polynésie française, qui n'utilise pas assez les opportunités mises à disposition par le programme Erasmus+ jeunes de la Commission européenne. On va essayer de les former et de les accompagner, travailler avec les jeunes et leur donner l’opportunité de partir en Europe sur des échanges socioculturels, développer des compétences pour revenir par la suite et contribuer à la redynamisation du territoire à travers des activités, des événements..."

Placer Moorea sur la carte européenne

L’objectif de cette formation à Moorea est aussi de permettre à ces Européens d’apporter leurs compétences aux acteurs locaux de la jeunesse et vice-versa. “Les représentants des autres pays sont là pour comprendre comment les associations travaillent avec les jeunes d’ici et nous aussi, on partage notre façon de travailler chez nous. On va pouvoir développer des projets ensemble”, précise Gilles Essuman.
 
Au-delà des échanges entre les différentes cultures européennes, la formation à Moorea doit aussi, selon lui, permettre aux participants de contribuer à la promotion de la culture polynésienne sur le continent européen. “On pourra développer des projets similaires pour découvrir la culture polynésienne ici, mais aussi pour que cette culture soit propagée en Europe par les jeunes locaux. Le terme Map Mo’real Youth signifie qu’on place Moorea sur la carte européenne et que cet endroit fait aussi partie de l’Europe. Il y a du potentiel pour développer des projets ici”, conclut-il. À noter que les différents programmes existants pour les jeunes dans le dispositif Erasmus+ ont été présentés vendredi aux différents représentants des institutions et associations locales de la jeunesse polynésienne par l’agence Erasmus+ France Jeunesse et sports locaux par visioconférence sur le site Pererau.


Ioana Tatarciuc, représentante du Group of the European Youth for Change et vice-présidente de Hope 4 Humanity, en Roumanie
“Travailler avec des jeunes dans des régions géographiques isolées”

“Je participe à cette formation afin de devenir une meilleure actrice dans le domaine de la jeunesse. Un des principaux objectifs de ce projet est de travailler avec des jeunes gens situés dans des régions géographiques isolées. En général, on fait des échanges sur les bonnes pratiques de notre pays et celles d’ici. J’ai voulu voir comment travailler avec des jeunes qui n’ont pas beaucoup d’opportunités et comment les intégrer dans mes activités professionnelles quotidiennes. Pour moi, Tahiti est un des points les plus éloignés de la carte du monde. Même si on travaille en général sur l’Europe, on a toujours beaucoup à apprendre sur la manière dont vous vous impliquez avec la France par exemple. Je pense que les informations qu’on peut échanger entre nous ont beaucoup de valeur pour mon travail. On ne vient pas uniquement pour voyager car on est vraiment intéressés par la manière dont vous faites les choses ici. J’ai appris par exemple sur votre culture, vos fruits qui sont meilleurs que les nôtres, la danse… Je serais vraiment intéressée de travailler avec des partenaires de la Polynésie sur des sujets comme le changement climatique.”

Rui Magro, du Portugal, invité par l’association Resopa
“Je me sens très connecté avec la culture d'ici”

“Je suis venu participer à cette formation car je voulais connaître la culture tahitienne. Vu que c’est la culture d'une île, on savait qu’il y aurait sûrement des choses très caractéristiques et très uniques. Je voulais comprendre cela. Je voulais aussi voir de quelle façon on pourrait jouer et travailler avec cette culture-là. Je me suis beaucoup engagé au niveau associatif en France, pas forcément dans la jeunesse, depuis sept ans. Je travaille plutôt sur tout ce qui est lié au mouvement écologique. L’association Resopa m’a invité pour cette formation. J’aime les échanges avec la culture tahitienne, les outils qu’on nous donne comme faire connaître tous les programmes de mobilité européenne et de quelle manière ces programmes peuvent aider des structures à pouvoir atteindre leurs objectifs. Je me sens très connecté avec la culture d’ici, votre manière d’être ainsi que votre manière de faire, car vous êtes très liés à la nature, au cosmos, aux esprits ou aux êtres d’une certaine manière.”

Meho Sulemanski, représentant de l’association Agrado (en collaboration avec Librazione), d'Italie
“Porter la voix des habitants”

“C’est important de comprendre que l’Union européenne a des territoires aussi loin. On peut voir comment on peut se connecter avec eux et comment on peut porter la voix des habitants de Tahiti. C’est ce que je voudrais rapporter avec moi en Europe. Je voudrais ainsi comprendre les besoins de l’île et de ses habitants afin de la partager en Europe et dans le monde grâce à cette formation. J’aimerais mener des projets avec Tahiti et Moorea. Je pense faire des partenariats par exemple pour amener des personnes de ma ville comme les professeurs, les animateurs ou les éducateurs en Polynésie. On pourrait aussi emmener des Polynésiens en Italie.”

Rédigé par Toatane Rurua le Dimanche 16 Octobre 2022 à 15:27 | Lu 978 fois