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La grande plaisance, une niche touristique à développer d'urgence



La grande plaisance, une niche touristique à développer d'urgence
La grande plaisance est un secteur qui prend lentement de l'ampleur en Polynésie. Si cela ne concerne en 2017 que 60 yachts et entre 300 et 400 touristes par an, ils rapportent gros à l'économie. Cependant pour les acteurs locaux, le manque d'infrastructures et de service adaptés à cette niche freine sérieusement son développement.

La niche des superyachts ne représente pour l’instant que 300 à 400 visiteurs par an, mais son impact économique est déjà loin d'être négligeable. Tahiti Tourisme estime que ce tourisme génère environ 1 milliard de francs pour l'économie locale à raison de 3 millions de francs de retombées économiques par visiteur. Rodolphe Holler, gérant de Tahiti private expeditions, traite exclusivement avec la grande plaisance. Pour lui, cette économie "est bien plus importante que ce que les gens croient. On a déjà fait des calculs et on voit qu'une personne qui a un yacht en Polynésie va dépenser l'équivalent d'une centaine de touristes". Il regrette cependant que les moyens ne soient pas à la hauteur de cette niche.

Avec seulement 60 superyachts par an, à quai le manque de place se fait déjà sentir en Polynésie. Or Tahiti Tourisme prévoit une nette augmentation de la fréquentation avec une estimation de 100 bateaux par an à partir de 2021. Et dans ce contexte, "nous manquons déjà d'infrastructures" souliugne Vaihere Lissant, directrice marketing et communication de Tahiti Tourisme, "avec les acteurs du secteur et le Pays, nous devons mettre en place les moyens pour répondre à cette demande et aux besoins de ce secteur de niche", insiste-t-elle.



Grande plaisance : des navires commerciaux ou prives, de plus de 24 mètres de longueur de coque transportant jusqu'à 12 passagers.


La grande plaisance, une niche touristique à développer d'urgence
Rodolphe Holler ajoute, "l'éloignement de la Polynésie est un frein pour les touristes de la grande plaisance. Tout le reste on l'a. La destination est idéale, mais nous sommes loin de tout. Nous devons jouer sur tout le reste et sur les infrastructures pour attirer ces gens-là. […] C'est une niche de marché qui est très peu connue et c'est bien que Tahiti Tourisme travaille à la développer. En Polynésie, nous manquons clairement d'infrastructures. Nous n'avons pas assez de places dans les marinas et, par exemple, nous n'avons aucun service de gestion des déchets pour les superyachts quand ils sont dans les îles. Il y a pleins de chose qui ont été développées pour les bateaux de croisières ou pour la petite plaisance, parce que ça tout le monde connait ; mais peu de choses sont faites pour la niche superyacht."

En plus des infrastructures, l'autre difficulté que rencontrent les professionnels de la niche est un problème de recrutement. Les acteurs du secteur indiquent avoir du mal à embaucher localement faute de formation. Tehani Fiedler-Valenta que son "problème principal est de trouver des personnes qualifiées et qui parlent anglais. Certes il y a la formation de la CCISM (Chambre de commerce, ndlr) mais elle a lieu tous les quatre ans et ne forme pas assez de monde. Ce n'est pas évident et à chaque fois qu'un jeune motivé me demande ce qu'il doit faire, je suis obligée de lui dire qu'il faut aller en France ou en Nouvelle-Zélande pour se former." La gérante de la société Tahiti Crew explique me lui manque de la main-d'œuvre : "Là j'ai besoin d'un ingénieur pour un bateau, mais je n'ai personne à proposer ici, par exemple. L'autre problématique est que les jeunes ne sont pas forcément au courant que cette niche existe et qu'elle est pourvoyeuse d'emploi."

De son côté, le ministère du Tourisme dit entendre les doléances des acteurs et explique que le gouvernement a beaucoup investi et continue d'investir dans cette niche. Comme le souligne Hironui Jonhston, "dans les aménagements du Village tahitien, une marina est prévue. Nous prenons en compte ces besoins. Les ministères du Tourisme et de l'Équipement se coordonnent continuer à mettre en place les recommandations de développement des infrastructures du tourisme. Nous devons prioriser les investissements. Le développement de la grande plaisance fait partie de nos priorités tout comme le tourisme de croisière", explique le représentant du ministère du Tourisme. Côté formation, le ministère indique que "les formations représentent un investissement conséquent pour le Pays. Or pour ces formations spécifiques, la demande n'est pas assez forte. Cela fait désormais quatre ans que nous sensibilisons les jeunes à ces métiers au travers de divers forums."

Toujours est-il que, peu à peu, les mécanismes s'enclenchent et le secteur se développe. Les professionnels s'accordent à dire que s'il reste beaucoup à faire, la niche des superyachts est sur la bonne voie en Polynésie.

Michael Gooding, capitaine du Silent World " Le manque de place dans les marinas n'est pas un obstacle "

La grande plaisance, une niche touristique à développer d'urgence
En tant que capitaine, que pensez-vous de la destination?
En tant que destination, Tahiti et la Polynésie française sont un endroit où j'aime revenir. Je suis venu une première fois en 2008. Depuis il y a des gens avec qui je suis toujours en contact. En dehors de la destination, je reviens pour les gens. J'aime la culture accueillante de la Polynésie française nous en profitons autant que nos clients.

Le manque d'espaces pour les yachts en Polynésie française est-il un problème?
Je vous ai entendu parler des marinas et du manque de postes d'amarrage disponibles. C'est partout pareil. Personne n'a assez de places. Les professionnels du secteur essayent d’améliorer cela, mais le manque de place dans les marinas n'est pas un obstacle. Même s'il n'y avait pas de places dans les marinas, je continuerais à venir en Polynésie française. Il y a beaucoup de sites sur place où je pourrais aller au mouillage. Si je devais être à l'ancrage, je m'arrangerais pour avoir un bateau en plus pour le ravitaillement. S'il n'y avait plus de place à Tahiti, j'irais poster mon bateau à Moorea et là je m'arrangerais pour faire venir le ravitaillement de Tahiti. Il y a des endroits dans le monde comme Saint Barth, où il y a de la place pour 70 bateaux. Pendant la haute saison, il y a environ 500 bateaux qui s'y rendent. Aucun d'eux n'a de place. Ils vont là-bas, ils utilisent des bateaux d'appoint pour le ravitaillement.
Je vous encourage à continuer d'œuvrer pour faire venir des gens. Plus de places dans les marinas et des pontons flottants supplémentaires, ce serait formidable. Ne pas avoir assez de place dans les marinas ne devrait pas vous empêcher de continuer à promouvoir la destination pour la grande plaisance. Je suis heureuse que nous ayons pu créer cette destination.

La Polynésie française est-elle une bonne destination pour les superyachts?
De toutes les destinations de yacht dans le Pacifique, il y a deux destinations qui nous sont faciles au niveau de la réglementation Tahiti et Fidji. Cependant, au moment d'affréter le bateau, la Polynésie française est plus facile à vendre. En effet, il y a les paysages, les gens, la culture. Indépendamment de ce que veulent nos hôtes, je sais qu'en Polynésie française, je pourrais tout trouver. Il y a tout. Quand les gens me disent qu’ils veulent un voyage en bateau, je leur dis d’aller à Tahiti.

Combien d'équipiers avez-vous à bord?
Huit. Nous fonctionnons généralement avec six personnes pour l'équipe de base. Nous employons en plus du personnel local dans chacune de nos destinations, surtout pour Tahiti. Nous partageons leur culture de l'accueil et leur connaissance des îles. Nous avons trois Polynésiens à bord en ce moment. Pour nous, c'est une partie importante de l'expérience que vivront nos clients.

Quelles sont les préoccupations principales de vos clients?
Ils se préoccupent beaucoup de la sécurité. C'est un facteur important pour nos clients.

Combien de temps restez-vous en Polynésie française?
Généralement, nous restons en Polynésie française trois mois. Nous séjournons 6 mois de l'année en Australie et passons 6 mois à parcourir le Pacifique, dont trois à Tahiti. Le séjour moyen de nos clients est d'une semaine.

Le cluster superyacht de Tahiti Tourisme voit le jour

La grande plaisance, une niche touristique à développer d'urgence
Tahiti Tourisme a annoncé la création de son cluster Superyacht afin de travailler au développement de ce secteur de niche en partenariat avec les professionnels du secteur.

Pour développer la promotion du tourisme de grande plaisance, Tahiti Tourisme a décidé de créer son cluster Superyacht. Avec cette nouvelle entité, le groupement d'intérêts économiques mise sur un travail relationnel et promotionnel qui reposerait sur une synergie avec les professionnels locaux de la niche de la Grande Plaisance.
Tahiti Tourisme s’est inspiré du modèle adopté par le groupement d'intérêt économique ATOUT France, en charge du développement touristique de la France. L’idée est de monter un groupe de travail composé des professionnels locaux comme les agents maritimes spécialisés dans la Grande Plaisance ou toute autre société travaillant exclusivement pour cette clientèle. Tahiti Tourisme s’appuiera sur ce groupe de travail afin de définir et adapter son plan d’actions de promotion annuel dédié à cette niche.

Pour l'instant, trois agents maritimes du secteur se sont joints au cluster ainsi que les sociétés Tahiti private expeditions et Tahiti crew. Les membres doivent tirer 100% de leur chiffre d'affaires de la grande plaisance.

Ce nouveau cluster se veut, avant tout, un lieu d’échanges avec les professionnels locaux de la Grande Plaisance. C'est ainsi un moyen de définir concrètement quels sont les besoins du secteur notamment en terme d'infrastructures, de services et de formations. Les professionnels et Tahiti Tourisme constatent un manque de places pour les yachts. « On peut s’attendre à voir plusieurs superyachts traverser le Pacifique pour se rendre en Nouvelle-Zélande, avec un passage en Polynésie française, porte d’entrée du Pacifique Sud. Un impact positif à anticiper pour Tahiti et ses Îles, mais qui souligne en même temps un défi important pour la destination, celui des infrastructures qui ne sont à l’heure pas adaptées pour recevoir autant de navire de grande plaisance. C’est la problématique principale sur laquelle il faut désormais travailler » explique Vaihere Lissant, la directrice Marketing et Communication de Tahiti Tourisme. En effet, lors de la dernière réunion, il a été estimé que le nombre de superyachts devrait considérablement augmenter sur les deux prochaines années passant de soixante à une centaine de bateaux. Cette évolution s’explique essentiellement par l’organisation de l’America’s cup en Nouvelle-Zélande prévue en mars 2021.

Quelques chiffres :

- 60 superyachts par année ;
- 300 à 400 visiteurs ;
- 90 jours : durée moyenne de séjour
- 1 milliard Fcfp à l’économie locale ;
- 3 millions Fcfp de retombées économiques moyennes par visiteur.


Rédigé par Marie Caroline Carrère le Jeudi 2 Août 2018 à 11:50 | Lu 1918 fois





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