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La course de scooters mortelle finit au tribunal


La course de scooters mortelle finit au tribunal
Tahiti, le 10 août 2021 – Une affaire de 2018, à propos d’une course de scooters entre deux amis lors d’une soirée alcoolisée à Papeete a été jugée hier. L’un des deux conducteurs était décédé parce qu’il avait perdu le contrôle de son deux-roues. Le tribunal devait statuer sur la responsabilité de son ami, poursuivi pour homicide involontaire et délit de fuite, qui avait freiné brutalement devant lui et s’était échappé.
 
En novembre 2018, un week-end, aux alentours de 3 heures du matin à Papeete, un groupe de jeunes adultes s’était réuni pour boire bière et alcool fort, plus que de raisons. Entre deux verres, certains d’entre eux décident de prendre le guidon, afin de faire la course. L’un d’eux ne se relèvera jamais de sa chute.

La victime avait 25 ans, et son ami en a 22 aujourd’hui. Deux jeunes hommes sans histoires, inconnus des services de police. Les faits sont tristement simples : une course entre deux scooters 50cc bridés. Le premier conducteur avait freiné pour attendre la victime, qui l’avait doublé par la droite. Du fait de ce freinage brutal et d’une chaussée glissante, il avait perdu le contrôle de son deux-roues, et percuté un lampadaire, avec un casque possiblement mal attaché. Il était décédé après l’intervention des secours, environ 50 minutes après le choc.
 
Trois ans dont un ferme requis
 
Le plus jeune, 22 ans, comparaissait hier à la barre du tribunal correctionnel de Papeete pour homicide involontaire avec deux circonstances aggravantes : alcool et délit de fuite. Celui-ci avait empêché, quelques instants auparavant, un de ses collègues de prendre la route, lui avait emprunté son scooter pour faire la course avec son ami, future victime de l'accident. Son taux d’alcool dans le sang, peu après son interpellation, a été mesuré à 1,85 gramme. Les gendarmes l’avaient d’ailleurs arrêté sur la scène d’une bagarre, car le mis en cause n’était pas resté sur les lieux de l’accident. Il lui est donc reproché un délit de fuite.

L’avocate de la partie civile, qui représente la mère de la victime, a demandé la saisie du fonds de garantie pour des dommages et intérêts qui peuvent paraître minimes pour le préjudice de la perte d’un être cher : de 2 à maximum 5 millions de Fcfp. Le problème, que soulève également la procureure, c’est la possible responsabilité partielle de la victime dans l’accident, elle aussi alcoolisée tout comme son ami : “Elle aurait pu, au vu des circonstances, décéder par faute d’inattention, les deux ayant commis des manquements à de nombreuses obligations de sécurité routière”.

Le mis en cause n’a pas de casier judiciaire. Trois ans de prison dont un an ferme a été requis, avec obligation de travail et d’indemniser la famille de la victime. Le tribunal l'a condamné à six mois de prison avec sursis. Il n'a pas retenu la circonstance aggravante de délit de fuite. Retenu partiellement responsable de l'accident, il devra indemniser la partie civile à hauteur de 400 000 Fcfp.

 

Rédigé par Valentin Guelet le Mardi 10 Août 2021 à 20:10 | Lu 3530 fois