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La banque de tissus, fournisseur méconnu des chirurgiens en os, peau ou cornée



La banque de tissus, fournisseur méconnu des chirurgiens en os, peau ou cornée
LYON, 6 avr 2012 (AFP) - Os, peau, cornées ou valves cardiaques... A l'hôpital Edouard Herriot de Lyon, comme dans les autres hôpitaux ou cliniques de France, les tissus prélevés sur des donneurs décédés sont fournis aux chirurgiens par une "banque de tissus", rouage clef du monde hospitalier.

Au rez-de-chaussée du pavillon I de ce CHU, elle tient à disposition ces tissus et cellules conservés à l'intérieur de cuves d'azote ou de congélateurs, dans une salle sous atmosphère contrôlée où l'on pénètre après avoir franchi un sas de sécurité équipé d'un voyant vert, comme dans une banque classique.

Seules les cornées, conservées dans un incubateur à 31°C, échappent à la congélation, réduisant leur durée de conservation à un mois, tandis que la peau, les valves ou les artères peuvent être délivrées jusqu'à un an après leur prélèvement.

"Les cornées servent en ophtalmologie, la peau pour le traitement des grands brûlés, les os en orthopédie, les artères en chirurgie vasculaire", détaille le professeur Odile Damour, chef de ce service qui fournit la région Rhône-Alpes.

Dans les congélateurs de la banque attendent aussi des tissus prélevés sur des donneurs vivants (ayant donné leur consentement). Parmi ces résidus opératoires, des têtes fémorales prises sur des opérés de la hanche seront transformées en "matériel de comblement" pour des opérations de hanches ou de mâchoires.

Plus rares, des os longs, comme des tibias, prélevés sur des donneurs décédés, seront greffés sur des patients atteints par exemple d'un cancer des os.

Un peu plus loin, dans une des "salles blanches" où les précieux tissus sont conditionnés, une technicienne en combinaison bleue vérifie au microscope la qualité d'une cornée prélevée.

En 2011, plus d'un millier de cornées ont été reçues ici, dont plus de la moitié a été greffée, le reste ayant été éliminé pour "non-conformité", malgré la sélection des donneurs réalisée par la "coordination hospitalière", qui a aussi la délicate mission de vérifier si le défunt était ou non favorable au don.

Les tissus une fois prélevés au funérarium dans une salle dédiée à cette opération, ils sont acheminés vers la banque, où ils subissent un "contrôle qualité" drastique.

A l'arrivée des tissus, "les dossiers de chaque donneur sont contrôlés", afin de vérifier qu'ils n'étaient pas atteints d'infections ou de troubles neurologiques. Les personnes décédées de cancers ne peuvent quant à elles donner que leurs cornées.

Une fois conditionné, le tissu devient anonyme, mais reste tracé par un numéro. A l'autre bout de la chaîne, les chirurgiens font appel à la banque.

"Les vraies cornées humaines, il n'y a vraiment que ça. C'est encore irremplaçable", explique le professeur Carole Burillon, chef du service d'ophtalmologie de l'hôpital Edouard Herriot.

"On a essayé les cornées artificielles, mais ça ne marche pas pour les greffes totales", ajoute-t-elle à la sortie du bloc opératoire, où elle vient de greffer une cornée sur une patiente souffrant d'une opacité cornéenne.

Le professeur Burillon se procure aussi auprès de la banque des membranes amniotiques issues du placenta de jeunes accouchées par césarienne, formidables aides à la cicatrisation des cornées.

Si les cornées sont en nombre tout juste suffisant, la peau fait partie des tissus dont manquent les banques, mettent en garde les responsables hospitaliers.

"On en importe des Pays-Bas. On pourrait en utiliser plus, mais on en manque", déplore le professeur Fabienne Braye, chef du service de chirurgie réparatrice de l'hôpital, soulignant que, malgré les progrès techniques, les dermes artificiels "ne remplacent pas la vraie peau".

Dans son service des grands brûlés, elle réserve ces précieuses greffes d'épiderme humain aux patients les plus atteints, pour des recouvrements temporaires, dans l'attente que puisse leur être greffée leur propre peau.

dth/jfr/jmg

Rédigé par Par Delphine THOUVENOT le Jeudi 5 Avril 2012 à 22:19 | Lu 868 fois





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