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La Ronde Tahitienne tire sa révérence


Tahiti, le 7 février 2021 – La Ronde Tahitienne ne retrouvera plus les routes polynésiennes. Pandémie oblige et faute de subvention du Pays, le président du Vélo club de Tahiti et organisateur de la cyclosportive la plus célèbre du fenua, Benoît Rivals, a annoncé dimanche mettre un terme à l'événement qui a rassemblé, au cumul sur ses huit éditions en dix ans, pas moins de 3 924 passionnés de la pédale.
 
Une bien triste fin pour l'un des événements sportifs les plus populaires du fenua. Mais pandémie de Covid-19 oblige et faute de subvention du Pays, la Ronde Tahitienne, qui devait fêter sa neuvième édition cette année, n'aura finalement pas lieu. Benoît Rivals, président du Vélo club de Tahiti (VCT) et organisateur de la cyclosportive, n'a pas souhaité s'épancher davantage sur les raisons de l'arrêt définitif de l'événement mais tient plutôt "à remercier l'ensemble des acteurs ayant apporté leur soutien à l'événement". L'intéressé annonce l'arrêt définitif de la cyclosportive et préfère se souvenir de huit éditions "extrêmement belles, chacune avec son lot d’émotions".
 

​Parmi les plus belles courses au monde

Il faut dire que depuis sa première édition en 2011, l'intérêt autour de la Ronde Tahitienne n'a cessé de grandir. En 2015, après à peine quatre éditions, le magazine Le Cycle, référence dans le monde cycliste, la classait dans son top 50 des plus belles épreuves cyclistes internationales. Au cumul sur les neuf éditions, ce sont 3 924 passionnés de la pédale qui ont roulé sur la Ronde, avec notamment un record de participations enregistrées en 2018, avec 761 coureurs inscrits.
 
Si les paysages du fenua ont contribué pour une grande partie au succès et à la renommée de l'épreuve, les parrains, tous aussi prestigieux les uns que les autres, ont également joué leur rôle dans la promotion de la Ronde Tahitienne, de Bernard Hinault, à Laurent Jalabert, en passant par Richard Virenque, Thomas Voeckler, Bernard Thévenet ou encore Jimmy Casper et Sylvain Chavanel (qui avait été désigné parrain de la 9ème édition)… Grâce à la Ronde, les amateurs de cyclisme ont pu croiser leurs pédales avec quelques belles références du cyclisme français. Mais la Ronde Tahitienne, c'est aussi et surtout le journaliste Henri Sannier, présent sur toutes les éditions de la cyclo. "Chaque parrain a tenu un rôle essentiel pour l’épreuve. D’une part, ils ont permis aux sportifs locaux d’être enthousiastes à participer à notre course, et d’autre part, ils ont permis à notre événement de rayonner à l’international", indique Benoît Rivals.
 
Cette renommée a évidemment eu un impact non négligeable sur l'économie et le secteur du tourisme, avec la mise en place –sur les dernières éditions– du package touristique avec, notamment, des croisières privatisées pour les Îles Sous-le-vent. "De toute l’histoire du sport, on a été la seule épreuve apportant une rentabilité directe et en étant capable de le faire chaque année", atteste le président du VCT.
 

​Manarii Laurent, à jamais le premier

Du côté sportif, la Ronde Tahitienne aura connu sept vainqueurs en huit éditions. Jimmy Casper a eu l'honneur d'ouvrir le palmarès en 2011. Le Néo-zélandais Samuel Layzell lui a ensuite succédé en 2013 et 2014, faisant de lui le recordman de victoires sur l'épreuve avec deux succès. En 2015, Manarii Laurent, pétri de crampes sur la ligne d'arrivée, est entré dans la petite histoire de la Ronde en devenant le premier –et le seul– Tahitien à se hisser sur la plus haute marche du podium.
 
Le Néo-zélandais Liam Aitcheson a succédé au Tahitien en 2016, avant les victoires de Nicolas Roux en 2017 et de Stéphane Poulhiès en 2018. Jérôme Coppel est venu clôturer le palmarès de la Ronde avec sa victoire en 2019. Hélas, plus aucun cycliste ne viendra lever les bras à l'arrivée de la Ronde Tahitienne. Une belle aventure qui s'achève.

 


Benoît Rivals, organisateur de la Ronde Tahitienne : "Des rencontres inoubliables "

Benoît Rivals (à droite) aux côtés d'une des légendes du cyclisme français et parrain de l'édition 2017, Bernard Hinault.
Benoît Rivals (à droite) aux côtés d'une des légendes du cyclisme français et parrain de l'édition 2017, Bernard Hinault.
À sa première édition, en 2011, la Ronde Tahitienne a rassemblé 253 participants, dont cinq étrangers. Et en 2019 pour sa dernière édition on comptait 629 inscrits dont 227 étrangers. Comment expliquez-vous ce succès et le rayonnement de votre cyclosportive ?

"On est monté même jusqu’à 369 participants étrangers avec deux croisières privatisées. Je pense que la communication que l’on a faite autour de l’événement, pour une discipline qui regorge de passionnés prêts à voyager, a permis de faire venir beaucoup de monde. La destination et le programme établi autour de l’épreuve ont fait le reste."
 
Au vu du nombre croissant d'étrangers, quel impact a eu l'événement sur l'industrie du tourisme au cours des dix dernières années ?

"L’impact pour le tourisme a été énorme pour une épreuve sportive. Les trois dernières années, on a fait une étude d’impact qui démontre les retombées économiques de notre épreuve. On a même calculé les retombées fiscales pour le Pays, démontrant que l’épreuve rapportait beaucoup plus que les subventions que l’on touchait. De toute l’histoire du sport, on a été la seule épreuve apportant une rentabilité directe et en étant capable de le faire chaque année. Tous les ans, des pensions nous demandaient d’aller chez eux, des restaurants voulaient qu’on fasse une soirée chez eux, des sponsors nous appelaient chaque année pour soutenir l’épreuve."
 
La Ronde Tahitienne c'était aussi des invités prestigieux sur les routes du fenua. Jimmy Casper, Bernard Thévenet, Laurent Jalabert, Bernard Hinault, Thomas Voeckler, Richard Virenque. Et Sylvain Chavanel devait parrainer l'événement en 2020. Quelle importance ont eu ces parrains pour l'événement ?

"Chaque parrain a tenu un rôle essentiel pour l’épreuve. D’une part, ils ont permis aux sportifs locaux d’être enthousiastes à participer à notre course et d’autre part, ils ont permis à notre événement de rayonner à l’international. La Ronde Tahitienne a par exemple été classée parmi les 50 plus belles épreuves cyclosportives du monde. Elle a été citée de nombreuses fois pendant le tour de France, ça a été une vitrine énorme pour notre destination."
 
Il y a eu neuf éditions de la Ronde Tahitienne. S'il y avait une édition à retenir, laquelle prendriez-vous ?

"Toutes ont été extrêmement belles, chacune avec son lot d’émotions. Les premières éditions, il y avait l’excitation de réunir autant de monde et de voir cette ferveur populaire pour ce type d’épreuve qui était une nouveauté à l’époque. Ensuite est apparu le package touristique et les rencontres avec les nombreux étrangers. Peut-être la plus belle à mes yeux a été 2018 et le record battu de 761 participants aux cotés de Thomas Voeckler sur l’avenue Pouvana a Oopa. Puis ce sont des rencontres inoubliables : Henri Sannier, un homme d’une générosité de cœur incroyable, retrouver Laurent Jalabert sur les routes de Moorea alors qu’on était ensemble au même lycée, Bernard Hinault qui, après deux maitai dans un restaurant de la place, ne s’arrêtait plus de nous narrer des tas d’anecdotes sur ses victoires."
 

Palmarès de la Ronde Tahitienne

  • 2011 : Jimmy Casper
  • 2013 : Samuel Layzell
  • 2014 : Samuel Layzell
  • 2015 : Manarii Laurent
  • 2016 : Liam Aitcheson
  • 2017 : Nicolas Roux
  • 2018 : Stéphane Poulhiès
  • 2019 : Jérôme Coppel

​Derrière la course, des retombées économiques et touristiques

Devenue un véritable événement touristique en Polynésie française ces dernières années avec ses packages à destination notamment des Américains, la Ronde Tahitienne affichait des retombées économiques particulièrement conséquentes pour le Pays ces dernières années. Selon le bilan effectué lors de l'édition 2018 par les organisateurs, la Ronde Tahitienne avait permis plus de 160 millions de Fcfp de gains directs pour le Pays sur une seule édition, dont 30,5 millions en lien avec l'organisation de la course et 129,6 millions en lien avec le tourisme. Pour un événement bénéficiant de 12,3 millions de Fcfp de subventions publiques, les retombées fiscales directes étaient de 15,5 millions de Fcfp lors des dernières éditions. Côté tourisme, la participation étrangère a atteint jusqu'à 369 coureurs en 2018 et 227 en 2019 !
 


Rédigé par Désiré Teivao le Dimanche 7 Février 2021 à 14:05 | Lu 3956 fois