Tahiti Infos
Tahiti Infos Tahiti Infos

TAHITI INFOS, les informations de Tahiti
Facebook
Twitter
RSS
I phone App
Androïd
Newsletter
FENUACOMMUNICATION - immeuble Tutuapare - Shell RDO Faa'a - BP 40160 98 713 Papeete Polynésie française. Tel: 40 43 49 49



La MPCF, une "structure de référence pour la prise en charge des violences intrafamiliales"



Tahiti, le 11 mars 2021 - Créée dans le cadre d’une réforme initiée sur le plan national, la Maison de Confiance et de Protection des Familles (MCPF) a ouvert ses portes le 1er janvier dernier en Polynésie au sein du commandement de la gendarmerie. Destinée à prévenir toutes les formes de violences intrafamiliales (VIF) et à appuyer les autres unités dans ce domaine, cette structure va également piloter un processus novateur de suivi dans la durée des 1 200 victimes de VIF que le COMGEND accueille chaque année.
 
Prévenir toutes les formes de violences intrafamiliales, appuyer les différentes unités du territoire dans les affaires les plus sensibles et accompagner les victimes afin de s'assurer de leur bonne évolution : Depuis le 1er janvier dernier, la Maison de Confiance et de Protection des Familles (MCPF) a succédé, en Polynésie comme sur le territoire national, à la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile (BPDJ) dont la mission était principalement axée sur la délinquance des mineurs.
 
Créées dans le cadre du Grenelle des violences conjugales afin de lutter contre tous les types de violences intrafamiliales, les MCPF se comptent désormais au nombre de 53 structures réparties sur tout le territoire de la République. En Polynésie, et tel que l'explique le commandant en second de la gendarmerie en Polynésie française, le colonel Benoît Taponat, la gendarmerie a souhaité innover : “Nous avons saisi l'opportunité de cette réforme pour aller au-delà d'une simple transformation de mission, nous avons complètement repensé l'offre que nous voulons apporter aux victimes de violences intrafamiliales. Nous sommes tout d'abord passés de cinq militaires à une équipe pluridisciplinaire de 12 personnes qui comprend six militaires d’active, deux intervenantes sociales, trois réservistes fidélisés et formés pour la prévention, ainsi que Laetitia, une jeune étudiante de l’UPF que nous avons spécialement recrutée en service civique.” Afin d'accueillir cette équipe, une aile de 200 m2 de l'état-major du COMGENDPF a été entièrement rénovée et aménagée. Elle intègre la salle “Mélanie” qui a vocation à recevoir les victimes et à les mettre en confiance afin qu'elles puissent témoigner de faits parfois très douloureux.
 

Transversalité entre tous les acteurs

La salle “Mélanie” a vocation à recevoir les victimes mineures et à les mettre en confiance.
La salle “Mélanie” a vocation à recevoir les victimes mineures et à les mettre en confiance.
L'action menée par cette MCPF se décline en trois volets. Un premier volet consacré à la poursuite d’une mission de l’ex-BPDJ, c’est-à-dire à la prévention de la délinquance auprès des mineurs dans les établissements scolaires. Dans ce domaine, la MCPF de Polynésie va également se tourner vers tous les publics vulnérables tels que les mineurs déscolarisés ou les personnes âgées. Un second volet sera dédié aux investigations, notamment au recueil de la parole des personnes les plus fragiles, telles que les victimes d'agressions à caractère sexuel. Une permanence, ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, permettra à la MCPF de venir appuyer les unités confrontées à des affaires délicates sur tout le territoire.
 
Au regard du taux de violences intrafamiliales en Polynésie, qui est deux fois plus élevé que sur le territoire national, le troisième volet de l'action menée par la MCPF sera orienté vers un suivi et un accompagnement des victimes sur un temps long. Pour le colonel Benoît Taponat, cette initiative innovante permettra de répondre à un vrai besoin présent en Polynésie du fait de la configuration multi-insulaire du territoire et de son organisation particulière : “Il y a un besoin de transversalité et le fait que l'on rappelle systématiquement les victimes a posteriori pour s’assurer qu’elles ne sont pas confrontées à une nouvelle difficulté et que tous les services se sont bien mobilisés permettra d’améliorer le suivi. Jusqu'à présent, nous venions surtout éteindre la crise. Nous procédions aux gardes à vue des auteurs, aux auditions des victimes et après, ces personnes étaient confiées à une multitude d'acteurs, qui ont chacun leur rôle, mais il y avait d’une part une possibilité de réitération non-décelée, et d’autre part un risque de rupture dans le suivi. C'est pour cela que nous avons mis en place un dispositif dit de "call back" dans lequel toutes les victimes de violences intrafamiliales seront recontactées dans la durée”. D’abord par l'une des deux intervenantes sociales de la MCPF, qui les orientent vers les structures compétentes (APAJ, DSFE etc.), pour qu'il y ait une prise en charge globale. Puis sur la base de ce premier travail d’orientation, il y aura ensuite un dispositif de plusieurs rappels par les militaires de la MCPF dans les six mois qui suivront, afin de réévaluer la situation. Des déplacements seront également organisés sur le terrain au besoin, pour rencontrer certaines victimes. Au cas où une difficulté serait révélée lors des échanges avec la MCPF, une nouvelle procédure pourra être déclenchée, ou un service partenaire saisi.

"Il s'agit de prévention précoce de la réitération"

Adjudant-chef Lorillon, commandant de la MCPF : “L'idée de ce suivi est que toute personne qui a déposé plainte et qui fait l'objet d'une procédure est appelée par l'une des intervenantes sociales de la gendarmerie dans les heures, voire les jours qui suivent. A partir de ce premier appel, cette intervenante nous transmettra certains éléments et nous rappellerons les victimes en fonction du degré d'urgence., en leur demandant comment ça se passe, si elles ont été victimes de nouvelles violences, si les dispositifs d’accompagnement sont bien intervenus. L'idée est vraiment d'être en complément des autres acteurs. Il s'agit en fait de prévention précoce de la réitération. Ce métier requiert une absence de jugement et une écoute. Dans ce type de structures, nous avons notamment la chance d'avoir le temps d'entendre ces personnes, adultes et enfants, parfois fragiles. C'est ce qui est important à nos yeux.”
 

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 11 Mars 2021 à 18:25 | Lu 1605 fois





Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 4 Août 2021 - 20:31 Sophie Baptendier booste la lecture jeunesse

Actualité de Tahiti et ses îles | Actualité de France | Actualité du Pacifique | Actualité du Monde | Actualité du Sport | Insolite | Magazine | Assistance | Appels d'offre et communiqués | Concours d'écriture - Salon du Livre 2019 | Concours d'écriture - Salon du Livre 2020 | Coronavirus