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La FRAAP “entre en grève vendredi”


Tahiti, le 4 décembre 2024 – Le secrétaire général de la FRAAP (Fédération des agents de l'administration de Polynésie) a confirmé être tombé d’accord, mardi soir, sur 17 des 18 points de revendication. En revanche, face à la fin de non-recevoir du président du Pays concernant le point principal, à savoir la revalorisation de leur point d’indice à hauteur de 40%, Jean-Paul Urima annonce que son syndicat entrera en grève dès vendredi matin, et que “les 43 aérodromes seront bloqués”, sauf si Moetai Brotherson assouplit sa position.  
 
 
 
La FRAAP a enchaîné les rendez-vous et les réunions toute l’après-midi de mardi au niveau de Direction de l’équipement (son antenne de la Presqu’île ainsi qu’au parc à matériel de Tipaerui) car “c’est dans ce service qu’il y a le plus d’agents de catégorie D”, nous a expliqué ce mercredi, Jean-Paul Urima qui sortait d’une ultime réunion avec eux au siège situé à Papeete. Il nous a confirmé avoir été longuement reçu mardi soir, avec une vingtaine de représentants de la FRAAP issus d'une “douzaine de services” par le président du Pays entouré de la vice-présidente Chantal Galenon et des ministres des Finances, Warren Dexter, de l’Equipement, Jordy Chan, de la Santé, Cédric Mercadal, et de leur ministre de tutelle, Vannina Crolas pour la Fonction publique.
 
À la demande de Jean-Paul Urima, ils ont écarté d’emblée le sujet qui fâche et ont d’abord évoqué les 17 autres points de revendication sur lesquels ils sont finalement “tombés d’accord” avec Vannina Crolas. Jusque là tout va bien. Sauf que selon le secrétaire général de la FRAAP, le président du Pays leur propose alors de rédiger un projet de protocole d’accord qu’il les invite à venir signer ce mercredi soir... sans avoir abordé la question de la revalorisation du point d’indice. “Et quand je lui ai posé la question, il a été catégorique et condescendant, donc ça ne sert à rien. Il n’y a pas de négociation et on ne vient pas ce soir. On entre en grève vendredi matin”, nous a-t-il annoncé.

Une revendication à 11 milliards de francs

À quoi faut-il s’attendre ? “Les 43 aérodromes seront bloqués et il y aura un rassemblement à 7h devant la présidence”, a-t-il ajouté, sauf si d’ici là, Moetai Brotherson enclenche la marche arrière en leur faisant une contre-proposition “pour proposer mieux”.

Cela semble mal engagé compte tenu de la position très ferme du président du Pays ce mercredi matin, pour qui cette augmentation de 40% n’est tout simplement “pas possible” car elle coûterait “11 milliards de francs” par an à la Polynésie. “Je ne pense pas que notre administration y gagne quoi que ce soit”, estime Moetai Brotherson qui laisse néanmoins entrevoir une éventuelle porte de sortie si le curseur était revu à la baisse en disant qu’il ne faut pas que ce point d’indice “évolue dans les proportions demandées par la FRAAP”, sans rejeter pour autant la possibilité qu’il soit tout de même revu à la hausse à une échelle plus raisonnable.

Et de préciser que “si mes prédécesseurs ne l’ont pas fait, c’est qu’ils avaient des raisons de ne pas le faire, et ça m’amuserait beaucoup de les voir nous critiquer sur ça dans les jours qui viennent à l’assemblée”.  

Rédigé par Stéphanie Delorme le Mercredi 4 Décembre 2024 à 14:30 | Lu 4713 fois