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L’homicide et le procès de réconciliation



Dans la salle des pas perdus, mardi matin à l’issue de l’audience correctionnelle.
Dans la salle des pas perdus, mardi matin à l’issue de l’audience correctionnelle.
Tahiti, le 6 avril 2021 - Jugé pour homicide involontaire, après un accident de la route qui avait coûté la vie à un scootériste de 24 ans en mars 2018, Heiva écope de trois ans de prison avec sursis. mardi, la famille de sa victime lui a exprimé son pardon à l’issue du procès.
 
Je ne sais pas quoi dire pour me faire pardonner”. A la barre mardi matin, un mouchoir en papier logé au creux de la main, la voix mal assurée, Heiva, prévenu de 31 ans, vient de passer les deux heures d’instruction à l’audience à tenter de dire au tribunal à quel point la culpabilité de cette nuit du vendredi 9 au samedi 10 mars 2018 pèse aujourd’hui sur sa conscience.
Après trois ans sous contrôle judiciaire, il comparaissait mardi pour homicide involontaire. Pour lui, il y a trois ans, cette soirée avait débuté dans la joie, au bar entre amis. Elle s’est achevée sur la route à 4 h 48 précisément, ce samedi matin-là, par un choc frontal avec un deux-roues, à Punaauia. Et par la mort du scootériste.

La victime, un jeune homme de 24 ans, venait de prendre un petit-déjeuner chez ses grands-parents. Il allait au travail. Avec sa concubine, ils avaient le projet de se fiancer sous peu. Un avenir brutalement volatilisé à l’aube de ce 10 mars 2018.
 
Peu de monde dans la salle d’audience du tribunal correctionnel mardi matin : la famille proche du prévenu, sa compagne, et les proches de sa victime. Une volonté forte aussi pour tous de tourner enfin la page et d’aller de l’avant. A l’issue du procès, on gardera l’image de la chaleureuse accolade entre le prévenu et le frère ainé de sa victime, puis les larmes et la longue discussion avec la mère de ce dernier, dans la salle des pas perdus. Très chrétienne, la famille a pardonné depuis quelques mois déjà. Mardi, c’était à la justice de parler.
 
S’il assure avoir arrêté de boire et de consommer des stupéfiants, le jour du drame, au volant de son pick-up, Heiva roulait sous l’emprise d’un état alcoolique, avait fumé du cannabis et était en déficit de sommeil après avoir consommé de l’ice, 72 heures auparavant.
 
"Circonstances aggravantes"
 
Il ne nie rien, mais ne se souvient plus bien. Outre l’état second qui était le sien, l’enquête établira qu’il roulait à 90 km/h et venait de doubler un véhicule en franchissant la ligne blanche au moment de l’accident. Autant de “circonstances aggravantes”, pour la représentante du ministère public. La procureure a requis 4 ans de prison dont deux avec sursis à l’encontre de ce prévenu, rappelant qu’il encourait jusqu’à 10 ans d’emprisonnement pour de tels faits. La magistrate a aussi demandé au tribunal, outre l’annulation du permis de conduire et l’interdiction de le repasser pendant un an, une inscription de la sanction pénale au bulletin n°2 du casier judiciaire de ce prévenu.
 
Son avocat, Me Vincent Dubois, a plaidé en faveur d’une peine aménageable assortie d’un sursis probatoire, pour son client “sans antécédent judiciaire”. Il a aussi demandé au tribunal la non-inscription au casier judiciaire de la peine. La mention serait en effet rédhibitoire pour l’agrément de cet agent de sécurité promis à un CDI en juin prochain, après cinq ans à enchainer les contrats à durée déterminée.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal a décidé de prononcer une peine de trois ans de prison avec sursis probatoire pendant cinq ans, l’annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant six mois et la non-inscription de ces peines au casier judiciaire du prévenu. “Une décision juste et équilibrée”, pour Me Vincent Dubois qui rappelle que depuis trois ans son client “a fait preuve de beaucoup d’efforts de réinsertion. Il avait surtout beaucoup de remords et de culpabilité. On a vu qu’après l’audience, il s’est retrouvé avec la famille de la victime pour échanger. Et je pense que la famille a pu faire part de son pardon. C’est une audience qui était très émouvante. Et je pense qu’elle a eu un effet bénéfique sur tout le monde, à la fois les parties civiles et le prévenu.” Reste l’audience pour statuer sur les intérêts civils. Elle aura lieu le 18 août prochain.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Mardi 6 Avril 2021 à 19:24 | Lu 10417 fois





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